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26/01/2009

L'édition se porte mal mon bon monsieur



Il y a parfois dans la presse écrite, de plus en plus rarement hélas, des articles qui, sans ne strictement rien révolutionner, que ce soit de l'art de l'enquête ou de celui d'écrire, délivrent des informations tout de même assez intéressantes. Il est vrai que n'importe quel papier, fût-il signé par quelque insignifiant Florian Zeller du journalisme (suis-je bête : celui-ci existe et s'appelle Jean-Louis Ezine !), aurait peu de difficultés à nous sembler un texte de cyclopéenne qualité en comparaison des torchons que signe hebdomadairement Yann Moix pour Le Figaro Littéraire. Le Figaro Magazine publie ainsi une enquête tout au plus honnête, mais qui n'évite point les plus consternantes lapalissades, signée par Raphaël Stainville sur le petit monde péréclitant, à ce qu'il paraît, de l'édition française.


La vérité venant toujours de la bouche des simples, je note ainsi avec beaucoup d'amusement que c'est le patron de Plon, Olivier Orban, qui évoque la seule raison valable expliquant à mes yeux la crise de l'édition française ou plutôt de la littérature française. Selon ce grand expert du livre qui a été incapable, probablement parce qu'il ne savait même pas de qui il s'agissait («Bernanosse dites-vous ? Connais pas...!»), de conserver dans sa cage en fer blanc le fauve Georges Bernanos, «l'édition est malade [à cause] de l'inflation des titres». Bien évidemment ! C'est d'ailleurs la raison très probable pour laquelle nous trouvons, au menu si peu ragoûtant des nouveautés récentes ou des futures publications de Plon, les livres d'une assurément très haute tenue littéraire de Jean-Pierre Koffe (Le plaisir à petit prix; il s'agit bien sûr de cuisines, pas d'une enquête sur les meilleurs godemichets disponibles sur le marché du plaisir), Jacques Séguéla (Autobiographie non autorisée), Jacques Attali (Dictionnaire amoureux du judaïsme), Alain Juppé (Ah ! les belles années...), Philippe Gaudin, auteur de la somme très attendue intitulée Ce que nous devons savoir sur les conserves, la très érudite Mimie Mathy (Mimie, raconte-moi) et enfin (cette liste est toutefois non exhaustive, hélas), du très rimbaldien Cali secondé par Didier Varrod, avec une très utile biographie sobrement intitulée Rage !
J'apprends aussi dans cet article, voyez comme je ne considère pas les choses par un autre bout que celui de la lorgnette, la raison pour laquelle Fayard, l'éditeur le plus radin de France, ne m'a jamais envoyé un seul de ses livres : pardi, il s'agissait donc d'éviter un probable dépôt de bilan de cette société, qui n'a tout de même pas pu se permettre, comme je comprends ses dirigeants, d'envoyer gratuitement deux livres de Renaud Camus à un pauvre critique littéraire, et cela en près de cinq années de bons et loyaux services ! Éh oui, que voulez-vous, les temps sont rudes. C'est la crise !
Redevenons sérieux. Pourquoi cet article n'a-t-il absolument pas mentionné le fait que ce n'est pas seulement l'édition qui est en crise profonde (crise qui est pour le moins ancienne et profonde, oui, parce que qualitative; le reste, tout le reste, y compris les milliers de livres inutiles, en découle) mais tous les maillons du monde de l'édition, hormis, apparemment, l'industrie du pilon, à savoir, dans le désordre : la critique journalistique dite littéraire, la diffusion, la distribution et bien sûr la librairie, de plus en plus incapable de faire correctement son métier, non point seulement vendre des livres mais les défendre ?
Comment encore peut-on affirmer une pareille ineptie, qui serait à mourir de rire si elle n'était parfaitement stupide, ineptie provenant pourtant de la bouche experte de Denis Mollat, «responsable de la plus importante librairie de France, à Bordeaux», déclarant, apparemment sans l'ombre d'une ironie, qu'en «1929, le livre avait bien résisté à la chute des Bourses et à la crise mondiale. Pourquoi pas en 2009 ?». Pourquoi pas, oui... Faut-il donc rappeler à cette très savante personne, non seulement que les temps ont quelque peu changé depuis le siècle passé (et que les crises de 1929 et de 2009 ne sont comparables que sous la plume facile et imagée des plus mauvais commentateurs), mais encore quels étaient les noms des écrivains dont la France des années 30 pouvait à juste titre s'enorgueillir ? Faut-il donc lui mettre sous le regard, que l'on devine d'une acuité extrême, une liste composée d'une vingtaine des noms d'écrivains qui sont considérés, disons par les gens du métier dont il semble faire partie, comme intéressants, voire doués ? Faut-il enfin que nous nous amusions à comparer les deux listes pour constater celle qui a toutes les chances d'être couverte d'un ridicule qu'elle aura du reste amplement mérité ?
Lise-Marie Jaillant, qui est aux éditeurs ce que Jean-Claude Dusse est aux femmes, à savoir : un sympathique personnage qui est toujours-sur-le-point-de... mais n'y parvient bien évidemment jamais sans avoir, de plus, la moindre once de clairvoyance sur son pathétique cas (une version beaucoup plus poétique et donc extraordinairement exagérée de cette comparaison peu flatteuse serait d'écrire que l'encrier virtuel de Lise-Marie Jaillant est un vrai temple de Janus (1) : lorsqu’il est fermé règne la paix universelle), ne se trompe pourtant point en affirmant que c'est la lamentable qualité de la presque totalité de la littérature contemporaine qui est, comme je l'ai dit, la raison principale de cette crise (à relativiser tout de même puisque les mouches à merde continuent à copuler copieusement).
Mais je tairai en revanche, par stricte politesse due à une jeune femme et peut-être même futur grand auteur de supérette, ce que je pense de l'inepte solution (je ne sais, une fois de plus, si notre amie est consciente du ridicule de ses propos) que Lise-Marie propose pour sortir la littérature française de sa bauge.
Je l'ai mille fois écrit sur ce blog mais, apparemment, comme il n'est jamais inutile de claironner certaines évidences, je le répète : ce dont nous avons besoin, alors même que je pense pis que pendre de ces domaines (et de quelques autres à eux liés), ce n'est pas d'une réorganisation des filières de production du livre, ni même d'un utile dégraissage des secteurs de la presse spécialisée et de son plus fervent parasite, l'attachée de presse (en voie d'être concurrencée, voire dévorée par la blogueuse parfaitement inutile) mais d'une critique féroce, imparable, implacable, politique, sainte, truande, passionnée, baudelairienne donc, absolument partiale, à quelques univers de distance prophylactique de tous les maquerellages insignifiants des expériences communautaires, qu'elles soient d'écriture ou de jugement. Ce dont nous avons plus que jamais besoin, c'est d'une critique tout simplement vivante qui assassine et exalte et bannisse définitivement les petits népotismes, les grandes coucheries entre journalistes et auteurs, attachées de presse et journalistes, attachées de presse et auteurs, éditeurs et attachées de presse, éditeurs et journalistes, éditeurs et financiers, financiers et..., les sympathiques orgies, les minables raouts, l'incompressible pornographie des prix littéraires décernés par quelques vieilles charognes édentées qui ont une place réservée dans les caveaux du Flore ou de Lipp. Une telle critique existe et je ne suis certainement pas le seul à la pratiquer même si, affreusement immodeste que je suis, j'ai quelque difficulté à trouver l'équivalent de mon travail sur la Toile... Bref, passons. Une telle critique, «Critica gladiatorio-offensiva» (2), est celle que je pratique depuis bientôt cinq années sur Stalker et dans mes ouvrages dont cette même Lise-Marie Jaillant pointe les maigres ventes, sans doute dans l'honorable intention de les redresser.
Une littérature enfin qui accepte le risque de sonder un horizon métaphysique qui est naturellement le sien, sauf dans l'esprit des cochons qui en France sont les habitués des premiers prix décernés aux cochons lorsqu'ils sont en compétition dans une foire aux bestiaux.
Une littérature qui soit une soif dévorante, une passion meurtrière, une exigence absolue, une quête éperdue, de Dieu ou du diable, de Dieu toujours parce que le diable est l'ami qui ne reste jamais jusqu'à la fin du banquet, le peu fiable sur lequel vous ne pouvez absolument pas compter.
Une littérature qui redevienne sacrée, gonflée de «verte primitivité» et éperdument individuelle, au sens que Kierkegaard donnait au terme d'Individu, c'est-à-dire d'être unique (il l'appelait même l'Unique), alors que l'immense cadavre de la baleine est enfoui sous plusieurs nuages de charognards qui prospèrent en dévorant ce qui les dépasse de plusieurs règnes.
Une littérature mais aussi une critique qui ne craignent plus de se précipiter, en toute connaissance de cause, comme j'ai tenté de le montrer dans mon dernier livre, dans l'inconnu pour trouver du nouveau !

Notes
(1) Je rappelle, pour les lecteurs qui seraient peu au fait de culture antique, que le Temple de Janus était fermé en temps de paix, ouvert, donc, lorsque Rome était en guerre.
(2) Georg C. Lichtenberg, Pensées (traduit de l’allemand et préfacé par Charles Le Blanc, Rivages Poches, coll. Petite Bibliothèque, 1999), B 147, p. 49.

Commentaires

Oui, moi j'suis d'accord, faut pirater tout ça.

Écrit par : Pirate | 26/01/2009

Je pose une question sincère et sérieuse: côté auteur, comment vouloir être publié dans un bordel pareil ? Bordel au sens littéral. Être auteur, être lu, soumis à la critique, quoi de plus normal. Mais se déculotter à ce point ? Peut-on encore être publié avec dignité ?

Écrit par : M-T | 26/01/2009

En 1929 les livres qui se vendaient étaient écrits par des auteurs aujourd'hui oubliés, qui n'avaient strictement pas plus d'interet que ceux qui publient aujourd'hui. Les "grands" auteurs du début du siècle qu'on continue de lire et de respecter étaient aimés de quatre critiques et avaient trente lecteurs. Les choses n'ont pas changé, et les lecteurs d'aujourd'hui ne sont pas moins clairvoyants que les lecteurs du début du siècle.

Écrit par : Isème | 26/01/2009

Finalement Wrath conspue le monde de l'édition, vous celui de la Toile et sa vacuité, et je me demande pourquoi toujours ces oppositions radicales, ces frontières bien tracées, quand pourtant autour de moi je vois plein de gens pas si crétins liseurs que tout ça pourrait le laisser croire. Question d'optimisme aléatoire ?

Écrit par : caroline | 26/01/2009

Ô Stalker, jeune capitaine appareillons ! Il est grand temps ! Cette terre gaste et ces pantins creux nous ennuient ! Oui à l'inconnu, au grand large pour trouver du nouveau puisqu'à Saint-Germain tout est mort et heureux de sa condition spectrale !
Mais depuis votre navire amiral continuez de tirer sur le quartier général des bien-pensants !! Vous leur faites une peur bleue en osant énoncer certaines vérités violentes à leurs épidermes si sensibles ! Vous leur mettez le nez dans leur production : cela les incommode au bout d'un moment ces spécialistes de l'événementiel excrémentiel ! Ce ne sont pas des écrivains mais des commerçants, pas des critiques mais des journalistes-propagandistes se rêvant Jdanov !
Internet est furieusement artiste, saviez-vous ? Si rien n'est fait pour stopper cette dérive il y a un risque énorme que dans moins de dix ans la petite-bourgoisie périsse étouffée par l'art ! Que fait le ministère de l'inculture ?
Qu'ils rejoignent Sollers dans son caveau !!!

Écrit par : Samuel Gourio | 26/01/2009

J’ai glané cette phrase au détour d’un de vos liens, « Quand je vois ces chiffres, je ne peux m'empêcher de m'interroger sur l'utilité de ces petites maisons d'édition, grassement dotées par le contribuable. Pourquoi ne pas publier ces textes "difficiles" sur Internet? Il me semble qu'une publication online permettrait de toucher un public bien plus large, avec des coûts beaucoup moins élevés... », c’est écrit par une comptable à l’âme putride, je connais des banquiers véreux, des industriels abscons et des politicard baveux parfaitement dotés, je pourrai à vrai dire en faire une liste mais Madame trouve que ces maisons et d’édition en plus coûtent les yeux de la tête, une petite monade invisible sur la toile devrait donc suppléer de tels parasitages, la bêtise à front de taureau comme disait l’autre

Écrit par : Docteur John Wayne | 26/01/2009

Pirate : faites un effort, ici vous n'êtes pas sur le blog de LS, je ne vous le répéterai pas.
M-T : oui, en effet, c'est un véritable parcours du combattant, je vous dis cela alors que, à la différence d'une Wrath, je ne passe pas mon temps à mpe plaindre en disant que nul ne veut de mes livres. Je ferme ma grande gueule et j'envoie (par la poste) mes manuscrits...
Isème : parfaitement idiot, ce que vous racontez. Voulez-vous donc que je vous cite quelques auteurs des années 30 qui ne sont absolument pas oubliés de nos jours, vraiment ? Ouvrez n'importe quel bouquin consacré aux écrivains français du 20e siècle, même vous je crois parviendrez à comprendre deux-trois choses. Certes, les best-sellers de l'époque, si je puis dire, sont aujourd'hui oubliés, si c'est ce que vous vouliez dire; reste que des Malraux, Camus, Bernanos, Mauriac, Claudel, Artaud et tant d'autres étaient tout de même reconnus à leur juste valeur : Sous le soleil de Satan, paru en 1926, a même été un succès de librairie.
La question de la réception critique d'une oeuvre est un autre point, qu'il ne faut absolument pas confondre avec notre problématique.
Caroline : mes propos sont légèrement moins réducteurs que ceux de Wrath. Si vous n'avez pas remarqué cela, je ne puis rien pour vous...
Samuel : j'aimerais assez croire, oui, comme vous le pensez, que je leur fait peur mais le plus probable est de penser que, dans le meilleur des cas ils m'ignorent, dans le pire ils ne me lisent même pas.
DJW : en effet, je connais moi aussi ce type d'âme, ayant travaillé près de 8 années dans la Bourse... Et encore, c'est un milieu dans lequel, quoi qu'on en disent, les personnes prennent, en une seconde, des risques inouïs que ces mêmes Assis que vous dénoncez n'oseraient pas prendre après deux siècles de réflexion laborieuse, à mettre en balance, sans fin, le pour et le contre...

Écrit par : Stalker | 26/01/2009

"une critique féroce, imparable, implacable, politique, sainte, truande, passionnée, baudelairienne donc"

Et pourquoi pas une revue dirigée par le Stalker ? Qui assassinerait et bénirait en toute liberté, et serait pour cela toujours suivie, toujours fiable ?

Sérieusement, y aurait-il un éditeur prêt à financer une telle revue ?

(Si non, on se contentera de remettre les prix Cochon-sur-Marne du pire roman et du pire critique, l'an prochain.)

Écrit par : Le Phage | 26/01/2009

Alors Monsieur Samuel Gourio, avez eu le temps de consulter votre Littré, concernant le petit mot que je vous ai écrit à propos de vos propos idiots sur Sollers?
Bien à vous...
Denis Lair

Écrit par : Denis Lair | 26/01/2009

Tiens, Herr Doktor John Wayn, je viens de passer un petit moment fort peu sympathique sur votre insipide blog pour débiles mentaux. Je m'afflige véritablement qu'une chose telle que vous vienne ici donner son avis. À vrai dire, je suis même étonné que vous puissiez seulement taper sur un clavier. Comme quoi publier sur internet est en effet une très mauvaise idée : les cancrelats y prolifèrent.

Écrit par : Le Phage | 26/01/2009

Au fait, pendant que j'y suis, est-ce que vous avez en rab un exemplaire de votre derner livre à m'envoyer (frais de port à votre charge, et en recommandé si possible) ?

Je parle sérieusement... je dépense trop en ce moment... la crise... vous savez ce que c'est... et puis au diable les radins !

Écrit par : Jean-Foutre | 26/01/2009

Juan, vous me répondez : "oui, en effet, c'est un véritable parcours du combattant, je vous dis cela alors que, à la différence d'une Wrath, je ne passe pas mon temps à me plaindre en disant que nul ne veut de mes livres. Je ferme ma grande gueule et j'envoie (par la poste) mes manuscrits..."

Parcours du combattant certes mais ensuite ? Dans un tel bordel ? On aborde toujours le point de vue de la difficulté de se faire éditer, même pour un vrai auteur. Mais quoi ? Personne ne peut se permettre le luxe de la dignité. Celui de choisir une maison d'édition pour une équipe de gens sérieux et fins connaisseurs. Sans parler de la respectabilité selon ses propres critères. A mon sens, cela donne la mesure de la démesure dans laquelle de vrais écrivains pataugent.

Écrit par : M-T | 26/01/2009

Le Phage, un pécore qui entend concilier Abellio et Deleuze ne peut être qu'une sorte de bouffon pontifiant

Écrit par : Docteur John Wayne | 27/01/2009

En tapant "La littérature à contre-nuit" sur Google Blog, j'ai trouvé 16 résultats (dont 2 proviennent de votre blog et 1 du mien). C'est un peu misérable, non? Finalement, votre blog est bien plus connu que vos écrits sur papier. Et c'est précisément ce que vous me reprochez: de donner dans le populisme en courtisant la blogosphère.
Mais vous êtes trop malin pour ne pas vous en rendre compte: c'est précisément parce que vous mourez d'envie d'avoir un public que vous entretenez votre blog. Et c'est en ce sens que ma critique de "La littérature à contre-nuit" vous a blessé (alors que vous auriez dû l'ignorer superbement...)

Écrit par : wrath | 27/01/2009

Pas d'accord avec l'équation récurrente : inflation de livres = cause du marasme. C'est un peu comme si vous disiez trop de blé tue la faim. C'est idiot. Même si bien sûr, la solution technique de fuite en avant qui consiste pour des éditeurs fébriles, à publier toujours davantage afin de compenser les pertes, ne fait à terme qu'aggraver davantage la situation.

Écrit par : Stubborn | 27/01/2009

Est-ce que tout cela est si important pour les vers grouillants que nous serons tous bientôt? La planète terre va refroidir, le soleil exploser, aucun livre ne restera. Alors sea, sex and sun, et puis c'est tout, et si Levy, Gavalda ou Nothomb apportent un peu de sourires, un peu de réchauffement aux coeurs des gens, pourquoi pas? Tout cela est si vain. Ces auteurs à succès offrent de la joie de vivre, de l'espoir. Les grands auteurs sont souvent en crise de lucidité intense, alors forcément ils vendent moins. Le chocolat, les cigarettes, les drogues, le sexe, et même l'amour, tout ce qui permet d'échapper à la réalité, tout ce qui donne un peu d'espoir se vend bien, tout ce qui permet d'oublier notre dure condition humaine. Et puis parfois, un petit miracle a lieu, un livre difficile, ardu, se vend très bien. Le monde de l'édition est tout de même un mystère, et les ventes de livres on peut prétendre que c'est uniquement commercial, un zeste de magie là dessous malgré tout. Personne ne peut prédire à l'avance un succès, la preuve; la plupart des auteurs à succès ont été refusés par beaucoup de maisons la plupart du temps. Allez Stalker, love, sexe, et un peu de douceur dans votre vie pour 2009, et oui c'est beau de se battre mais parfois il faut aussi avoir un peu de compassion pour les pauvres humains que nous sommes.

Écrit par : Sunnytime | 27/01/2009

Sunnytime : analyse un peu courte mais, si vous le dites, allez, hop !, sex, sex, sex, peace, Gavalda and love, quel magnifique programme. Vous êtes quoi, le résultat partiel d'un retrait de cerveau ?
Pkk et le Phage : soit nous évoquons notre sujet, soit je vous fout dehors tous les deux, vous aurez ainsi tout loisir de vous engueuler.
Stubborn : idiot, car trop de blé ne tue pas la faim mais, oui, beaucoup d'autres choses (d'autres cultures extensives plutôt qu'intensives, des emplois, des façons de vivre, etc.).
De plus, vous avez mal lu. Il me semble pourtant avoir écrit, en toutes lettres, que la cause véritable était la crise de la littérature française, non ?
Jean-Foutre : une adresse SVP.
Wrath, ou plutôt Lise-Marie Jaillant, en tapant votre nom sur Google, vous voulez que je vous dise sur quoi je suis tombé ? Sur rien du tout, ou presque, ce qui est franchement maigre...
Je ne conteste nullement les chiffres concernant mon livre. Je me moque à gorge déployée que vous osiez en revanche parler de "critique" à propos de votre petit papier, parfaitement con au demeurant.
Car enfin, d'un côté vous moquez les auteurs qui vendent peu (ce qui n'est évidemment pas en soi un gage de qualité du livre en question), de l'autre vous nous proposez, comble de tout ce que j'ai lu de plus stupide je crois, une Bookacademy pour jeunes auteurs, qui calibrera ceux-ci pour les ménagères de moins de cinquante ans.
Je vous réponds donc : je n'ai pas été blessé par votre bluette, insignifiante, approximative et ridicule quant à ses conséquences.
Mon livre, que vous n'avez évidemment pas lu (et, si vous l'aviez fait, je doute que vous auriez eu la moindre compétence pour l'évoquer sérieusement), est difficile et de qualité : je sais du moins ce qu'il m'a coûté de travail et, contrairement à bien d'autres livres de critique, celui-ci sera encore lu dans des années, probablement même lorsque, devenue vieille et encore plus acrimonieuse (pas en colère, nuance de taille) que vous ne l'êtes, vous sen serez toujours à courir derrière des éditeurs qui ne veulent apparemment point de vous.
La Poste, il n'y a que cela de vrai ma chère : allez, coller des timbres plutôt qu'écrire des notes, je suis certain que l'une de ces deux activités finira par vous réussir.
Car ce n'est pas la colère qui vous anime, mais, humaine trop humaine, l'envie de faire comme toutes celles et ceux que vous conchiez : signer des dédicaces, traîner dans les cocktails, être l'invitée des journalistes, bref, rien du tout.
Finalement je vous plains, vous êtes touchante dans votre misère.

Écrit par : Stalker | 27/01/2009

Moi ce que je n'aime pas chez des gens qui appellent à la critique féroce et baudelairienne, c'est que ça leur sert de prétexte à un infâme mépris sous couvert de privilégier la grandeur. Alors pour rester dans le même ordre d'idée, je vous dirai ceci - personnes de ce genre - la plus grande intelligence n'a jamais empêché la connerie quotidienne.
"mes propos sont légèrement moins réducteurs que ceux de Wrath. Si vous n'avez pas remarqué cela, je ne puis rien pour vous..." Je me doutais qu'en mettant Stalker dans la même phrase que Wrath vous y verriez une comparaison là où il n'y en avait pas. C'est révélateur. Je n'ai que faire que vous puissiez quelque chose pour moi, je ne demande rien, merci quand même. Et, en tant que fidèle lectrice de votre blog je me permets d'affirmer que vous êtes réducteur, peut-être ne voyez vous pas avez des yeux extérieurs ce que vous y écrivez : de fréquentes et majoritaires critiques et piques sur la vactuité de la Toile (à de rares exceptions comme Dominique Autié) et des blogueurs. Je ne dis pas que vous avez tort, je dis que les nuances sont dans votre tête et je n'y suis pas pour vérifier.
Vous avez ici beaucoup d'admirateurs, j'en fait partie pour ce qui concerne vos analyses littéraires. Pour le reste, vous êtes d'une condescendance pitoyable. Y'a peut-être la misère des gens d'en bas, mais finalement il en existe aussi une pour ceux d'en haut (je parle selon votre critère de remplissage du cerveau). Attention, un cerveau trop plein se construit parfois au détriment d'autrez zones.

Écrit par : caroline | 27/01/2009

Je sais que ce n'est pas l'objet de ce post, mais tout de même, ne s'agit-il pas avant tout d'un problème de lectorat, aujourd'hui que tout le monde lit, et que dans le même temps, presque plus personne ne sait lire ? La plupart des lecteurs lisent comme on bouffe du pop corn, devant le dernier blockbuster, la part des lecteurs qui continue de "se faire violence" est chaque jour plus infime, me semble-t-il. Sunnytime est très exactement "le coeur de cible" de la plupart des éditeurs français. Plus rien de "féroce, imparable, implacable, politique, sainte, truande, passionnée, baudelairienne " dans la critique, ni dans la littérature. Ta gueule en seconde de couv', des ficelles grosses comme des bouts, et tout ira bien dans notre gentil monde où probité, exigence et profondeur n'intéressent plus personne.

Écrit par : mickael | 27/01/2009

Caroline, je ne suis pas bien certain d'avoir compris votre charabia : veillez au moins à la correction orthographique de vos commentaires, cela nous permettra d'y voir plus clair.
Vous me dites que je suis réducteur : c'est tout de même comique, alors que vous pratiquez implicitement la réduction puisque vous me mettez dans le même sac que LMJ : nos démarches sont à l'opposé. LMJ se plaint, se plaint et se plaint encore et conspue sans jamais apporter la moindre critique à peu près intelligente à ses dires.
Alors que moi je gueule MAIS je critique des livres, en étant, contrairement à vos affirmations stupides, je l'espère tout sauf réducteur.
Dois-je vous renvoyer à certains de mes textes, je le crois tout en nuances ? Non, puisque apparemment vous me lisez.
Sur le mépris : non, vous ne comprenez décidément rien, c'est de la colère, de la méchanceté assurément, mais pas du mépris.
Condescendance ? Je dis ce que je pense, je l'argumente, que voulez-vous me demander de plus et qu'y puis-je après tout si cela vous paraît de la prétention ? Je m'en fous du reste : toute personne sachant à peu près écrire et disant d'une merde qu'elle est une merde, d'un beau livre qu'il est un beau livre, est aujourd'hui immédiatement taxé de condescendance et de prétention. Je les assume, si celles-ci me permettent encore de garder la tête haute et de regarder n'importe quel auteur, critique, journaliste, éditeur, dans les yeux.
Je ne suis pas dans votre tête, fort heureusement d'ailleurs puisque les choses m'y ont l'air d'être passablement confuses...

Écrit par : Stalker | 27/01/2009

Juan Asensio,

Vous êtes un phare, c'est vrai - à votre manière, et représentiez le point fixe dans la marée - Terre, astres, identité - délivrés pour certains...

Effectivement, la réalité d'un tirage est (sans jeu de mots) l'épreuve du feu pour un auteur, quoi que l'on veuille en laisser dire - sans jamais peut-être en penser...

C'est pourquoi je choisis - pour l'heure, de dire mon regret : celui d'un "débat" court - qui ne confondra pas le commerce intellectuel avec celui de l'argent. Je fais ici référence à votre MSAW! - qui m'inspira plus d'une question depuis la première lecture que j'en fis, ainsi qu'à votre saine ébauche d'un débat, à l'époque de sa parution.

Mon questionnement visant alors à obtenir une réponse, quant à la possibilité d'une fonction attribuable à chacun des médias qui est à mettre en cause suivant sa "spécificité" : une discussion pour le web, et l'écriture (telle que nous l'entendions) pour le papier ? Il y a des obstacles, parfois justes, mais certainement incontournables : le commerce serait à part...

Écrit par : Marie-Gabrielle Montant | 27/01/2009

Tout ceci me fait penser à ces poètes contemporains qui se plaignent de la désaffection du grand public pour la poésie, c'est-à-dire, à demi-mots, de leur manque de notoriété, cent ans après les Poètes Maudits morts dans l'anonymat, la maladie et le dénument, à une époque où la petite-bourgeoisie, celle du second Empire et de Joseph Prudhomme, était de loin la plus bête et la plus virulente qu'est jamais connue la France.

Incidemment, rappelons aussi, pour relativiser les choses, que Gide n'avait vendu qu'à peine 500 exemplaires des Nourritures terrestres en dix ans, comme il le souligne dans sa préface à la réédition de 1927 ; et les Nourritures n'est pas ce qu'il a écrit de mieux : c'est même ce qui apparaît, avec le recul, comme le plus daté dans son oeuvre.

P.S. J'oubliais. Dites-moi si vous plaisantez, au sujet de votre livre, sinon je vous envoie sans plus tarder mes nom et adresse par e-mail. Ma foi, si ça ne vous coûte pas trop, l'occasion est trop belle pour la laisser filer... " Au diable les scrupules ", comme dirait Méphisto.

Écrit par : Jean-Foutre | 27/01/2009

Après une deuxième lecture de cet article, il me vient une image qui provient d'une chanson de Jacques Higelin : "Il a la bave aux lèvres et la banane comme un canon." N'y voyez pas d'offense, c'est à mon avis un compliment. Votre "sauvagerie" m'enchante ce qui ne doit pas etre le cas de tout le monde, aussi je me suis abonné au blog. Par le plus grand des hasards, l'espace dans lequel je me dois de rédiger mon commentaire se trouve près de noms tels que Dick, Bradbury, Delany, Herbert et comme nous parlions de vraie littérature, je vais de ce pas aller lire vos pensées traitant de ces auteurs que je connais bien. Au plaisir. Thierry

Écrit par : Thierry Benquey | 27/01/2009

Monsieur Asensio, loin de moi l'idée de vous mettre dans le même sac que Wrath. J'ai effectivement mis vos deux noms dans la même phrase sans pour autant vous rapprocher, me semble-t-il. Enfin pour couper court à tout malentendu je le redis : vous avez le style, le contenu, la rigueur et les idées dont le blog de Wrath me semble dépourvu.
Ce n'est pas pour vos opinions littéraires que je parlais de condescendance - là encore visiblement vous avez raison, il faut que je consulte puisque je suis à ce point incompréhensible... - mais de vos débordements (inutiles) en considérations personnelles via les piques que vous envoyez aux individus, présumant par là-même de ce qu'ils sont. Je répète donc, je n'ai pas dit que vous ne critiquiez pas avec brio les livres, je dis que votre critique de la Toile et votre portrait du lecteur moyen et débile (aussi vide de sens qu'un sondage, celui-là) est de manière générale souvent réductrice. Va-t-on réussir à se comprendre ? Je veux bien n'être pas très claire, ô misère j'ai ripé à un moment sur mon clavier - pendez-moi - mais je ne suis pas sûre que vous y mettiez de la bonne volonté.
Bref, je n'épilogue pas plus nous allons finir par ergoter dans un dialogue de sourds et finir par nous croire chez Assouline (ne tirez pas, c'est une boutade).

Écrit par : caroline | 27/01/2009

@Stalker, si on réfléchit vraiment à tout cela, retrait de cerveau ou pas. Que restera-t-il? Bien sur certaines personnes sont plus intelligentes que d'autres, mais est-ce si grave après tout? Quels sont les enjeux humains? Car oui vous lisez de grands auteurs, de grands livres, mais que reste-t-il de tout cela? Si cela vous apporte certes du cerveau en plus mais du coeur en moins. Sea, sex and sun. Rester sur une plage, contempler la mer, se connecter au soi, cela parait simple mais pour certains c'est un Mont Everest. La simplicité n'est pas toujours simple, la compassion non plus, les qualités de coeur encore moins. Et pourtant si l'essentiel doit exister quelque part, quelle est la plus grande part à défendre? L'intelligence méprisante, élitiste ou le coeur? Le sexe? La douceur de vivre. Le soleil sur la peau. Les populations qui vivent au soleil, au bord de la mer sont souvent moins intellectuelles que les populations qui vivent dans des climats froids. Californie-New York par exemple. Qui a raison, qui a tort? La Vérité n'existe sans doute pas.

Écrit par : Sunnytime | 27/01/2009

Vous devez confonde, Sunny : ici, vous n'êtes pas sur le blog de Plus belle la vie...

Écrit par : Stalker | 27/01/2009

Jean Foutre : mais oui, vous avez mon courriel je suppose ?
Mickael : parfaitement, oui, je ne me fais aucune illusion quant au public, croyez-moi. Après tout, il est composé à 85% de gros beaufs qui achètent du Gavalda et autres nullités alors...
Seulement, il faut encore travailler pour l'infime minorité qui sait lire, c'est le sens de mon boulot et, je le suppose, d'autres patrons de blogs de critique littéraire...
Caroline : c'est bien pour cela que je répugne à ouvrir les commentaires. Il faut bien souvent 50 messages avant de dire quelque chose de sensé. A l'avenir, vous êtes prévenue : réfléchissez bien avant d'écrire, soyez précise, et relisez-vous, puisque nous ne sommes effectivement pas chez Assouline... (je vous dis cela amicalement, quoique très ironiquement bien sûr) !
Mes débordements ne sont pas inutiles puisqu'ils sont partie de mon style d'écriture je suppose. C'est un peu comme si vous demandiez à François Meyronnis d'écrire intelligemment ou à Philippe Sollers de ne point écrire de banalités.
Le style, c'est l'homme après tout et je ne vois nulle raison au monde qui me ferait dissocier certains mauvais livres de leurs auteurs.

Écrit par : Stalker | 27/01/2009

Stalker n'a pas tout à fait tort d'indiquer que ce qui plombe le ciel ô combien serein du monde bienheureux de l'édition française c'est l'effroyable néant de la production de nos gendelettres.

Si la France a décidé par l'intermédiaire de ses porte-plumes indigestes de rivaliser d'esprit avec la moindre de nos concierges la littérature française n'a plus raison d'être. Il n'y a pas que les civilisations qui soient mortelles, pour citer le mot d'un bel esprit du siècle dernier qui avait encore de la tenue dans son style, même s'il n'a jamais pu se défaire de ses démangeaisons mallarméennes, comme d'ailleurs nombre de ses illustres contemporains.

Je n'aurais pas l'impudence à l'instar de Stalker d'oser comparer même de très loin ce qui se produit dans le simili-français de nos écrivants du jour avec les écrivains de l'entre-deux-guerres. Pensons seulement à l'infâme Céline qui eut à vivre une des époques les plus apocalyptiques de notre histoire et qui n'est pas pourtant sans l'avoir aidé non pas être le collaborationniste que toutes nos belles âmes se complaisent à vomir afin de mieux faire oublier, pensent-ils, leur impuissance créatrice, mais tout simplement le grand écrivain qu'il EST dans les siècles des siècles.

Nos écrivants qui ont tout naturellement les lecteurs qu'ils méritent semblent prendre un réel plaisir d'eunuque pour ne plus être à la hauteur d'un monde qui, lui, n'a jamais écrit les pires choses comme les meilleures choses, soit dit entre nous, avec la plume de nos gentils écrivassiers.

Écrit par : Fenimore | 27/01/2009

Bon, je reviens à mes moutons - mes brebis galeuses...
Il y a un point qui me chiffonne dans votre analyse tout à fait juste du déclin de la littérature en France : les USA, qui possèdent parmi les meilleurs écrivains mondiaux (McCarthy, DeLillo, Ford...), ont par ailleurs un système éditorial en déclin. Les à-valoir accordés à des auteurs de supposés best sellers, la stratégie des gros tirages etc., ont ruiné un marché pourtant florissant. De bons auteurs ne suffisent donc pas, même s'ils sont le nerf de la guerre (je renvois au très larmoyant et néanmoins très juste livre de Schiffrin, L'Edition sans éditeur).

Autre chose : si la littérature française manque de très grands, elle traduit cependant beaucoup de très grands ; premier pays pour le nombre de traductions, la France a peut-être aujourd'hui un rôle de passeur plus que de créateur. Ce n'est pas une moindre grandeur que d'exalter la littérature mondiale, et si son propre sol produit peu, c'est peut-être que c'est le monde entier que la France doit publier. Vocation de universelle et plus seulement nationale ?

Sinon, partant pour une revue papier ?

Écrit par : Le Phage | 27/01/2009

Chers lecteurs et lectrices de ce blog:Amusez-vous et défiez Juan Asensio dans la colère si vous le voulez, mais allez vite sur France culture écouter Pierre Bayard et Philippe Sollers dans l'émission de ce jour, "Tout arrive"!
Denis Lair

Écrit par : Denis Lair | 27/01/2009

Pardon : vocation universelle et non plus seulement nationale ?

Écrit par : Le Phage | 27/01/2009

Jean-Baptiste, une revue, vous êtes fou ? Pour avoir dirigé deux revues, pour avoir participé à quelques autres, je puis vous dire que c'est un gouffre financier et d'énergies pour un lectorat absolument ridicule...

Oui, vous savez, ma petite note n'a jamais prétendu revêtir les dehors d'une analyse très profonde, du moins fouillée, de la crise de l'édition française ou plutôt, je l'ai dit, de la littérature... Je mantiens mon constat, qui est la racine je crois mais ensuite il faudrait bien évidemment entrer dans le détail mon cher...

Tiens, voici revenu Denis Lair, cette fois en chauffeur de salle... Décidément, rien n'est trop beau pour servir le numéro du clown Sollers...

Écrit par : Stalker | 27/01/2009

Je vous cite : «l'édition est malade [à cause] de l'inflation des titres». Et vous ajouter : «Bien évidemment !». Je lis mal, ah. Et depuis quand bien évidemment point d'exclamation ne vaut-il plus approbation ? Ceci étant, peut-être vouliez-vous dire que je vous lis mal en général, compte tenu de tout ce que vous écrivez au fil des pages, denses, de ce blog. Et bien détrompez-vous, je vous lis. Avec attention. Et je sais parfaitement que vous défendez avec intégrité une certaine idée de la littérature. Raison de plus j'aillais dire, pour ne pas céder au raccourci journalistique qui voudrait que Coffe&Co (avec un c) en moins, nous retrouvions comme par enchantement mathématique un rapport puissant au Verbe et à la vie.

Écrit par : Stubborn | 28/01/2009

Tiens, vous avez remis les commentaires, sympa :)

Ben oui, il faudrait plus de verve et d'autonomie aux critiques littéraires.

Magnifique billet, comme d'hab. Même si ça fait longtemps que je n'étais point venue.

Mais maintenant qu'y a des comms...

Écrit par : hortensia | 28/01/2009

Pourquoi modérer ? Passouline ne modère pas, lui.

A+

Écrit par : hortensia | 28/01/2009

Tu as raison Hortensia, d'ailleurs on peut se souvenir des dernières querelles des comms chez PA.
C'est au théâtre tous les soirs, sur "théâtroblog"*, amusant mais rien à voir avec Juan.
*PA aura créé le "théâtre-blog", pourquoi pas, ça peut même évoluer vers autre chose, mais surement pas dans le domaine de la littérature et là Juan à largement gagné.

Écrit par : idle | 28/01/2009

L'ouverture des commentaires me fournit l' occasion de vous souhaiter mes voeux pour 2009. D'abord beaucoup de courage-car il en faudra si vous modérez les remarques et pensées profondes des nuques raidies par l'engourdissement et des courts de vues- Et surtout beaucoup d'enthousiasme et de féroce vitalité! Merci de pouvoir vous lire.

Écrit par : Adamastor | 28/01/2009

Les éditeurs ?

Vous avez dit "éditeur" ?

Vraiment ! Rien ne vaut un lecteur !!!

Écrit par : Serge ULESKI | 29/01/2009

Cher Juan Asensio,

Trois mois : c'est, je crois, la durée de vie moyenne d'un "livre" aujourd'hui. Aussitôt lu, aussitôt oublié. Le "marché de l'édition" doit donc renouveler son offre très rapidement. Si je suis cette logique, un bon écrivain doit être prolixe et, ce qui est encore mieux, produire un "livre" qui donnera lieu à une adaptation audiovisuelle (part non négligeable des revenus d'une maison d'édition). Le "palmarès" (en terme de chiffres d'affaires) des "meilleurs auteurs" consacre des produits faciles à lire, propices à la distraction et adaptables à la télévision ou au cinéma.

J'en conclus que, pour le "marché", un "bon livre" ne doit pas faire sentir qu'il est écrit : l'histoire, le film doit faire oublier la matérialité du "livre" ; le langage ne doit exister que comme vecteur, comme "moyen de communication".

Que révèle, selon vous, cette conception du "livre" ? Pourquoi chercher à oublier sa propre vie ? Pour quelle raison cherche-t-on à asservir le langage à la seule tache de "communiquer" ? Je tente cette hypothèse : le langage est la dernière (?) part divine de l'homme, c'est-à-dire le dernier refuge du désir individuel et souverain qu'il s'agit d'étouffer pour qu'enfin l'homme soit une espèce animale comme les autres, un produit comme les autres.

Chaque époque a la littérature qu'elle mérite.

Bien amicalement,

Gilles Monplaisir

NB : veuillez excuser tous ces guillemets, mais en parlant de ces "livres" qu'aime le marché, je ne veux pas qu'on puisse les confondre avec ces livres qui ne répondent pas à la logique mercantile, et que j'aime tant.

Écrit par : Gilles Monplaisir | 29/01/2009

Cher Gilles, j'ai tenté la même hypothèse que vous, dans Stalker mais aussi dans certains de mes textes publiés...
Je vous conseille, si vous n'avez pas lu ce livre de Vladimir Weidlé, de vous procurer les Abeilles d'Aristée (voir lien).

Serge : les lecteurs lisent tout de même, en majorité, des livres publiés par des éditeurs et certains de ces derniers sont tout de même des lecteurs il me semble.

Stubborn, vous persistez : vous dites me lire avec attention et peut-être même plaisir et affirmez que je tombe dans le raccourci. Je ne puis tout de même pas faire autre chose que de résumer en quelques lignes, à l'occasion d'un article écrit en 10 minutes, ma conception de la littérature exposée dans mes livres et sur ce blog n'est-ce pas ?

Écrit par : Stalker | 29/01/2009

Cher Juan,

Nous partageons donc le même point de vue. Je suis votre travail depuis peu et le découvre avec plaisir. Je lirai l'ouvrage que vous m'avez conseillé.

Poursuivons. L'édition serait chargée d'étouffer sous des tonnes d'immondices toute possibilité de parole vivante (Céline reprochait à ses contemporains d'écrire dans une langue morte). Si, malgré toute cette dissuasion, une parole vivante parvient à être proférée, qui en rendra compte ? Un critique ? S'il occupe une fonction dans le marché de l'édition, il n'entendra pas cette parole ou, s'il l'entend, il se gardera bien d'en parler : la pérennité de son "business" en dépend. Je ne vois donc qu'une autre parole vivante capable de capter ce signal particulier. Il y aurait, en somme, deux "types" de livres : ceux pour les morts, et ceux pour les vivants.

Quelles sont les circonstances préalables à la naissance d'une parole vivante ? Les "notes pour une revue de jeunes" de Cristina Campo, que vous venez de mettre en ligne (le visage de cette femme, sublime, a beaucoup à dire) me semble être une piste.

Bien amicalement,

Gilles Monplaisir

Écrit par : Gilles Monplaisir | 29/01/2009

Juan , vous lire me remonte le moral!!! Derrière mon écran , je ris aux éclats...
pépère Denis , S. est un trouduc , même pas drôle ...et dont.... on a cure ;->>>

Écrit par : anne | 30/01/2009

Gilles : l'éclosion d'un grand écrivain, d'une vraie parole, comme la naissance de toute forme d'art, est purement et simplement un miracle, incoordonnable donc avec nos petits tracas quotidiens. Il s'en produira toujours et leur rareté sera leur prix, même si l'édition ne devait plus être dominée que par des milliards de clones d'Amélie Nothomb !

Je paraîtrai peut-être prétentieux et pourtant, je puis vous assurer que je ne le suis pas : la naissance d'un vrai critique littéraire est une chose peut-être encore plus fragile. Un par siècle (alors qu'il y a tout de même plus de très bons écrivains quand même qu'un seul par siècle, sauf peut-être en France...), je crois que c'est là une proportion raisonnable. Et, oui bien sûr, seule une parole vivante, obtenant sa vie d'une autre et échangeant avec elle (C. Campo parle de la critique comme de l'écho d'une oeuvre qui pourtant, mystérieusement, pré-informe le grand livre...) sera digne d'obtenir le nom de critique.

Écrit par : Stalker | 30/01/2009

Stalker, Je persiste non à cause de la vitesse d'écriture d'un billet par définition moins nuancé, mais à cause de ce que je lis comme une possible contradiction derrière, mettons-le entre guillemets, votre "raccourci". En effet, pourquoi incriminer avec autant de constance et de véhémence, cette histoire d'inflation si, comme je le crois, vous tenez pour miraculeux la survenance d'une oeuvre d'art ? Quelle importante que cet extérieur soit bon ou mauvais, favorable ou défavorable ? Pourquoi se fatiguer à dénoncer ce qui, loin de la nécessité intérieure, du mystère et de l'impériosité, ne joue pas ou si peu ? Autrement dit, mais je suis certaine que vous m'aurez déjà comprise : pourquoi tenir ardemment une position de critique ô combien frontale, alors même que votre essentiel se tient du côté de la transcendance ?

Écrit par : Stubborn | 30/01/2009

Tiens le coup, Juan.
La Vipère, elle, t'aime bien.
Elle te ferait envoyer tous les livres du monde, si elle y pouvait quelque chose.
Psssssssss...

Écrit par : La Vipère | 30/01/2009

Voyons, Stubborn, le fait qu'une transcendance soit postulée a-t-il jamais empêché un seul homme sur Terre de faire ce qu'il devait faire ?

Écrit par : Stalker | 30/01/2009

Cher Juan,

Ecrire, lire, cela ne relève-t-il pas de la même alchimie ? Je n'imagine pas un critique qui ne soit pas en même temps un grand écrivain (j'entends : l'auteur d'une parole vivante). Car comment pourrait-il reconnaître cette parole s'il n'en faisait lui-même l'expérience ?

Écrit par : Gilles Monplaisir | 31/01/2009

Certes. Pour autant, ma question s'obstine ; et s'obstine d'autant qui vous n'y répondez que par une conviction réaffirmée, qui évidemment, ne se discute pas. Je garderais donc si vous me permettez une réserve sur votre travail, ce sentiment agacé que vous naviguez entre deux principes dont le dépassement demeure infiniment compliqué. D'un côté votre critique du système littéraire (inflation, clanisme, etc.) ; système à la lisière duquel vous choisissez de vous tenir, sans réelle considération pour l'hypothèse subversive ; et de l'autre côté, vos critiques constructives — ce que j'appelle, suivant les préceptes de l'Ange, «Fortifier le sain» — sans pour autant jamais quitter la fascinante table de Ping-Pong où vous convient à intervalle régulier vos fidèles et assommants détracteurs.

Écrit par : Stubborn | 01/02/2009

Stubborn, sans vouloir répondre à la place de JA, je ne vois pas de contradiction entre la dénonciation d'un système éditorial inflationniste et la défense d'une littérature sous le sceau de la transcendance.
Depuis plusieurs semaines, je cherche "Les Impardonnables" de Cristina Campo: épuisé chez l'Arpenteur, épuisé à la FNAC, épuisé sur Amazone. Bref, ce livre publié en 2002 semble introuvable. J'ai lu "La noix d'or" du même auteur, avant que JA ait publié plusieurs notes sur C.Campo: en voilà un, de miracle! J'enrage de ne pouvoir trouver ce livre alors que les librairies regorgent d'ouvrages insignifiants, c'est aussi simple que cela!Le problème, c'est que l'inflation empêche de trouver le miracle, que les livres de valeur disparaissent des étalages pour être remplacés par des merdes.
La table de ping-pong, à mon sens,c'est un autre mystère. Pourquoi JA retourne-t-il sur des sites ( je pense à un site en particulier, que vous connaissez, je crois, Stubborn) où il sait pertinemment qu'il aura très peu de chances, voire aucune chance de mener un vrai dialogue avec des interlocuteurs intéressants, quel que soit le sujet, sites hantés par une faune bête et inculte, jalouse de son érudition et de son talent?
C'est pour moi un grand mystère, plus qu'une contradiction.

Écrit par : Entre deux mers | 01/02/2009

Entre deux mers : je crois avoir répondu plusieurs fois à Stubborn. Si elle ne me comprend pas, c'est après tout son affaire je crois.
Quant à la table de ping-pong : je ne suis dupe de rien, surtout pas d'y perdre prodigieusement mon temps (et ma peine), surtout pas du fait qu'il est inutile de tenter de convaincre des imbéciles de mauvaise foi qui sont bien décidés, quoi qu'on leur oppose, à retomber systématiquement sur leurs pattes, au prix des plus comiques contorsions. C'est ma complexion sans doute et, surtout, ma dose de détente entre deux notes, je m'y amuse, généralement, beaucoup.
Car, voyez-vous, sans préjuger de l'avenir d'internet, je crois que ces textes survivront alors que les petites batailles par blogs et commentaires interposés, elles...

Écrit par : Stalker | 02/02/2009

L'édition est en crise, comme elle l'est depuis toujours. L'inflation des titres ? Sans doute. Une course folle ? Peut-être. Mais de là à vouloir que la Critique ait un rôle primordial dans la filière du livre, c'est insensé. Le livre est une affaire d'argent d'abord, en tout cas pour ceux qui le publient, et je ne vois pas comment contraindre des gens à donner leur fic à des types qui écriraient quelque chose qui ne leur plairait pas. je ne plaide même pas pour moi, puisque je suis victime de ce système-là.
Ensuite, fustiger les copinages, les prix, les pince-fesses, les coteries et toutes les autres "turpitudes", ça me paraît futile. C'est de la démagogie simple. Vous avez envie d'en être de ces pince-fesses et autres joyeusetés ? Moi, non. L'essentiel ne se passe pas là.
Oh, j'ai lu votre note sur le livre de Gadenne "L'invitation chez les Stirl". Elle est intéressante jusqu'à la moitié ; ensuite, vous partez sur vos vieux chevaux, avouant même que ce qui n'est pas écrit l'est tout de même. Manque de respect vis-à-vis du texte. Dommage.

Écrit par : mon chien aussi | 11/05/2009

Foin des plaisantins de mauvaise foi : j'ai bien précisé que ma note n'était pas complète, seule la version publiée étant jugeable.
Que savez-vous de mon respect du texte, vous ne connaissez même pas Paul Gadenne !
C'était votre toute dernière intervention ici, faraud.

Écrit par : Stalker | 11/05/2009