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23/03/2009
La blogosphère littéraire n'est hélas pas une rapière

Anatole France dans un article du Temps cité par Jean-Thomas Nordmann, La Critique littéraire française au XIXe siècle (1800-1914) (Le Livre de poche, coll. Références, 2001), p. 264.
«Il y a des gens qui font la critique de l’Himalaya caillou par caillou. L’Etna flamboie et bave, jette dehors sa lueur, sa colère, sa lave et sa cendre; ils prennent un trébuchet, et pèsent cette cendre pincée par pincée […].»
Victor Hugo, William Shakespeare cité par Jean-Thomas Nordmann, ibid., p. 257.
«[…] après le génie, ce qu’il y a de plus semblable à lui, c’est la puissance de le connaître et de l’admirer.»
Mme de Staël, De l’Allemagne, ibid., p. 234.
Robert de Flers et Gaston de Caillavet prêtent au protagoniste de L’Habit vert, le comte de Latour-Latour, les propos suivants sur son successeur à l’Académie française en 1912 : «Jusqu’à l’âge de cinquante ans, messieurs, la vocation de Jarlet-Brézin est incertaine. Il avait échoué comme chroniqueur, il avait échoué comme romancier, il avait échoué comme auteur dramatique. Il avait échoué partout. En lui s’était accumulée une force peu commune d’amertume et de sévérité.
Il songea alors que de telles qualités ne pouvaient rester sans emploi, et il entra dans la critique.»
Ibid., pp. 221-2.
Voici, ci-dessous, un rappel des principales notes que j'ai consacrées à la question, si ardemment débattue par les journalistes, de la place de la critique littéraire sur la Toile. Inutile de dire que, puisque cette question fait débat, il y a toutes les chances qu'elle ait trouvé, et depuis longtemps, une ou des réponses que Stalker, tout comme d'autres blogs, a livrées par ses textes. La critique s'exerce en critiquant, pas en adoptant une hypothétique position méta-critique. Lorsqu'elle le fait, une fois sur deux elle devient un ridicule jargon de sorbonnard.
Quels que soient leurs défauts, je n'ai, sur ce point, pas l'ombre d'un doute : les articles de qualité, dans ce domaine, pullulent sur Internet, ils crèvent la Toile, comme on dit de certains films, assez rarement les plus réussis toutefois, qu'ils crèvent l'écran. Ils drainent aussi cette dernière. Je veux dire qu'ils l'assèchent, parce qu'ils exercent sur elle une sorte de mouvement d'aspiration qui m'a souvent fait penser aux subtils trous d'air que je pouvais observer lorsque, naguère, je me tenais devant un écran Bloomberg (sans avoir été, Dieu m'en a gardé et mon peu de goût pour les névroses, un trader), sur lequel la très pure et complexe mécanique de l'offre et de la demande était visualisée par deux couleurs, rouge et vert. La difficulté n'est donc pas tant de les trouver, de les lire, de les méditer voire les commenter ou les exécrer, ces excellentes notes critiques, que de comprendre, en dehors de toute considération sur leur qualité, leur relative surexposition et, corollaire logique, leur occultation.
En effet, là où la presse peut aligner quelques titres de plus ou moins grande qualité mais qui serviront de commode bannière sous laquelle des journalistes professionnels ou pas (eux aussi de plus ou moins grande qualité...) se rangeront, il n'existe pas, à ma connaissance, de site véritable (et non pas de revue électronique, ce n'est pas la même chose) de critique littéraire de réelle qualité sur la Toile.
Je parle, bien évidemment, de textes pensés, écrits, partiaux, féroces (et la férocité, de grâce, n'a rien à voir avec la prose d'eunuque constipé d'un Patrick Besson), violents dans leurs exaltations comme dans leurs détestations, d'une critique donc qui soit ou serait une réponse à un appel (vocatus), et pas un vague brouet insapide prêt à servir à des consommateurs dénués de goût, un de ces plats cuisinés sans saveur réelle, une bluette parfaitement artificielle de n'être composée que de décalques de telle ou telle présentation de livre faite par l'auteur ou l'éditeur agrémentés de quelques lignes évoquant la trame de l'histoire lue, cette meringue indigeste couronnée d'un avis du lecteur à l'idiotie sépulcrale.
Sur ce dernier point, le classement que Wikio réalise, tous les mois, en matière de littérature est édifiant, surtout dans ses toutes premières places, en général occupées par tout ce que l'on voudra, des sites insignifiants, stupides, gueulant la réclame de honteux navets, exposant les petites culottes sales de jeunes idiotes plus que trentenaires orgasmant mollement avec René Char ou Jules Renard (il s'agit d'une rime pauvre), par tout ce que l'on voudra sauf des blogs littéraires et/ou critiques dignes de ce nom.
J'avoue également avoir mis cette petite note en ligne, qui n'est rien d'autre qu'une malicieuse tentative de transversalité, horrible mot qui ne veut absolument rien dire, pour que François Monti et ses amis pour le moins bigarrés continuent de nourrir leur discussion, y compris lorsque cette dernière évoquera l'avenir du Fric Frac Club, un de ces machins participatifs à la mode heureusement composé de deux ou trois individus talentueux, comme il en va toujours, d'ailleurs, dans ces clubs qui ne sont que les transpositions électroniques plus ou moins masquées des feuilles de chou où nous avons presque tous réalisé nos premières armes.
Le FFC est censé, je le suppose, apporter à ses membres une visibilité plus grande sur la Toile. J'ai pourtant l'impression que l'inverse se vérifie : ce sont certains d'entre eux, comme par exemple Bartleby qui a été récemment distingué par Ariel Wizman dans une de ses chroniques pour Édition spéciale du 18 mars consacrée aux blogs littéraires, qui lui apportent des visiteurs. À ce titre, un fait m'a frappé : alors que quelques lignes dans la presse écrite évoquant ce blog, qu'elles soient intelligentes ou idiotes, ne m'ont jamais valu un nombre significatif de nouveaux visiteurs uniques, le fait que Wizman ait affirmé que Stalker était le meilleur blog de critique littéraire (ma foi, il a bien raison !) a entraîné, pour cette seule journée du 18 mars, une explosion de ces mêmes visites (voire de nouveaux visiteurs uniques) dans la Zone.
Un dernier mot enfin : je suis absolument ravi de constater que Stalker répond à chacun ou presque des souhaits (les points 3 et 4 n'en font qu'un) que François Monti exprime dans sa note, sans que ce dernier d'ailleurs ait paru s'en aviser, à savoir (je reprends ses termes et même... tournures, changeant seulement le sujet des verbes) :
1) Stalker cause littérature avant de causer livre (et c'est bien ce qu'on lui reproche).
2) Lorsqu’il cause d’un livre, il place clairement ce livre parmi d’autres livres.
3) Il tente d’aller au fond des spécificités des textes abordés.
4) Il débat littérature.
5) Il multiplie les papiers «transversaux».
6) Il crée, qui l'eut cru, une sorte de dialogue communautaire.
7) Il rebondit sur ce qui se fait ailleurs.
États d'âmes et réflexions très souvent littéraires, billevesées qui le sont en apparence beaucoup moins
Les limites de la littérature sont celles mêmes de la critique.
Robinson ou les limbes de la littérature.
Toile infra-verbale.
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Pourquoi ils ne m'ont pas mentionné ?
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Commentaires
Amusant. On ne semble donc pas s'aviser de ce qu'on ne mentionne pas en grand et en gras. Dois-je repréciser, une fois encore, que je ne désirais mentionner personne, en bien comme en mal. Que cela vous dérange, je peux le comprendre, mais ce n'est quand même pas mon principal souci. Je note aussi que si le mot transversal ne veut rien dire, vous pensez quand même qu'il s'applique à votre pratique, ce qui est bien curieux.
Enfin, une consultation des stats de cet infâme machin participatif auquel bartleby et moi nous nous adonnons, montre que le flux est, exception faite des périodes d'agitation médiatique, exactement inverse.
Mais tout ça est vraiment trivial, le principal étant que nous sommes bien d'accord sur l'essentiel, qui ne forme finalement qu'un dixième de votre texte, c'est-à-dire:
"de textes pensés, écrits, partiaux, féroces (et la férocité, de grâce, n'a rien à voir avec la prose d'eunuque constipé d'un Patrick Besson), violents dans leurs exaltations comme dans leurs détestations, d'une critique donc qui soit ou serait une réponse à un appel (vocatus), et pas un vague brouet insapide prêt à servir à des consommateurs dénués de goût, un de ces plats cuisinés sans saveur réelle, une bluette parfaitement artificielle de n'être composée que de décalques de telle ou telle présentation de livre faite par l'auteur ou l'éditeur agrémentés de quelques lignes évoquant la trame de l'histoire lue, cette meringue indigeste couronnée d'un avis du lecteur à l'idiotie sépulcrale."
Quant à wikio, mieux vaut ne pas en parler.
Écrit par : François Monti | 23/03/2009
Amusante (votre réponse).
Le mot transversal ne veut rien dire mais, oui, il s'applique à Stalker, comme le mot vertical.
J'avais bien compris, merci (je vous lis avec attention, ce qui ne me semble pas toujours être votre cas à l'endroit de mes textes, notamment de ceux indiqués en liens) que vous ne désiriez mentionner personne, en bien et/ou en mal, et c'est bien là que le bât blesse : les articles théoriques, c'est bien mais mes vieux souvenirs de cours de philo m'ont permis de retenir une chose, à savoir : les articles de philo, surtout lorsqu'ils sont très pointus, gagnent à être illustrés par des exemples, livres, choses vues, ce que vous voudrez, en l'occurrence, ici, ce qui existe chez les autres bicoques de la réputée blogosphère française.
Bien noté pour FFC, tant mieux.
Pardon de vous contredire sur le passage sur lequel, fort heureusement, nous sommes d'accord : c'est le coeur de mon article et, ma foi, même s'il n'avait représenté qu'un centième de celui-ci, c'eût été là justement le centième sans lequel il n'aurait pu se tenir debout.
J'ai plus de difficultés, je vous l'ai déjà dit en commentaire, à trouver le coeur du vôtre (article).
Ah oui, vous me dites être d'accord avec moi et pourtant, sauf erreur de ma part, je ne citerai pas vos critiques, souvent excellentes, comme la plus évidente illustration d'une critique à la rapière, même si, de temps à autre, vous prend la gentille folie d'égratigner...
Écrit par : Stalker | 23/03/2009
Juan,
Suivant votre propre surlignage, je me rends sur Wikio, et que vois-je? que lis-je? Vous - enfin le Stalker - cité!... Et, non seulement en 76e position mais avec une progression de 25 places!?...
Mais dites-moi, de quoi vous plaignez-vous? A ce rythme (de sauts de 25 places à la fois) - sans qu'il en soit cependant précisé la temporalité, votre prochain leadership est inscrit dans les chiffres, lesquels - chacun le sait désormais - ne mentent pas plus que la terre en son temps!...
Malgré ce, quel est le site de littérature - fut-il revendiqué de "critique" - où l'on peut lire ce superbe texte que vous nous avez proposé de Nunzio CASALASPRO sur "Paradis noirs" de Pierre JOURDE, dans lequel on peut quasiment mesurer en quoi - citations à l'appui - une oeuvre peut être simplement et logiquement nommée réactionnaire?...
Merci de poursuivre, restant vous-même.
Bien à vous
Écrit par : Bernard GRANDCHAMP | 24/03/2009
Bernard : Stalker, y compris dans Wikio Littérature, a eu des classements bien plus honorables que la place que vous indiquez, étant parvenu à la 11e position, ce qui ne veut strictement rien dire sinon qu'il y a 10 blogs devant lui et beaucoup plus derrière.
Voyez les gars du FFC : comme ils font beaucoup de liens entre leurs blogs respectifs, ils avancent automatiquement dans le classement, ce qui, en l'occurrence, est une bonne chose mais qui vous laisse penser de quoi il s'agit.
Plus des liens pointent vers un blog, plus celui-ci avance dans ledit classement.
Je m'amuse enfin de constater que les gars du FFC ont dû se passer la consigne pour ne pas venir commenter cette note.
Il est vrai qu'il est beaucoup plus intéressant de laisser une petite crotte sur telle ridicule et pitoyable note de Christophe Claro consacrée au Pape (en lien); en commentaire, je ne m'étais pas gêné pour dire à ce bonhomme (tout petit) croisé, sans qu'il me reconnaisse, au Salon du Livre. Allez savoir pourquoi, mais mon commentaire a disparu ! En plus de traduire à un rythme effréné, le bonhomme a donc le temps de lire ses commentaires, je m'en réjouis !
Revenons à cette note.
Dommage, il me semble que j'y évoque, une fois de plus, des préoccupations qui leurs sont communes (aux gars du FFC), y compris à François Monti dont j'ai indiqué en lien la note bizarre consacrée aux blogs littéraires.
On s'en fout, les commentaires sont décidément une grande perte de temps et, là, je suis en train de lire les Carnets noirs de Gabriel Matzneff.
Écrit par : Stalker | 24/03/2009
"Je m'amuse enfin de constater que les gars du FFC ont dû se passer la consigne pour ne pas venir commenter cette note."
Vous avez de drôles de plaisirs, nous aussi ! Au FFC, nous nous réunissons même toutes les nuits à minuit pile et plantons de fines épingles très pointues dans une poupée à votre effigie... n'avez-vous pas mal aux articulations au réveil ?
Bon, arrêtons là la plaisanterie.
Votre ton provocateur (oui, je commente un peu votre note, mais surtout les commentaires), cher Juan, doit en émoustiller plus d'un (et le fait certainement, comme on a pu le voir depuis que Stalker est Stalker), mais vous avez probablement à faire à des gentlemen, je suppose, qui doivent avoir d'autres chats à fouetter, et préfèrent l'indifférence à vos propositions de duels rhétoriques. Ou peut-être même qu'ils ne vous lisent pas, ça se pourrait bien !
Pour ma part, mais il est très probable que je ne sois pas le seul au FFC et très certainement ailleurs : je ne suis pas connecté vingt quatre-heures sur vingt-quatre et de plus, bien qu'il me plairait de laisser un commentaire à la moindre occasion, chez vous en particulier, je dois bien vous avouer que j'ai une tripoté de chats à fouetter... je suis donc dans l'obligation de laisser mon envie de réagir vite et bien au placard, assez régulièrement, ici ou ailleurs. Je déroge à cette règle aujourd'hui - comme je le fais de temps à autre -, pour m'expliquer de cette absence, ma foi, joli paradoxe. Ainsi vous saurez, ce que vous appréciez tant, que vous ne laissez pas totalement indifférent. Mais, bon, c'est un peu idiot, ça ne fait que flatter joyeusement votre égo, qui prône tellement la lenteur dans l'urgence et subit, à mes yeux, à tel point le règne de l'instantanéité du media internet.
Quant à Wikio, François à raison, laissez béton, quoi. Il est évident que le référencement sur internet est une pure concurrence de liens, de mots-clefs et de frénésie de publication.
D'ailleurs pourquoi vous vous cassez tant les dents sur ce ou ceux que vous ne pouvez piffer ?
Question sérieuse : pourquoi vous attachez-vous autant à la médiocrité, à la paresse, au commerce qui vous répugnent tant, même pour les dénoncer ? Des fois, j'ai l'impression que tout ce que vous tirer vers le haut se casse la binette d'un coup d'un seul dans la flaque de laquelle vous tentez de l'extraire (ça vous arrive, avec une toute malencontreuse phrase). Mais le pire, c'est que la mauvaise publicité que vous réalisez avec votre dynamite pleine de manières participe pleinement à la survie de cette médiocrité et de cette paresse. Vous vous tirez dans le pied, quoi ! Pourquoi diable (tic de langage, que je ne me vois d'ailleurs pas tant employer ailleurs qu'ici), vous ne viseriez pas UNIQUEMENT vers le haut, ça vous rendrait probablement plus humble et appréciable aux yeux de certains, qui font peut-être partie des indifférents.
Les ignorants, vous savez pertinemment que vous ne les toucherez jamais.
Veuillez m'excuser d'avance de ce qui pourrait être pris pour une minuscule leçon, mais à reporter l'occasion de discuter avec vous, je n'y serai jamais. Peut-être aurons-nous un jour l'occasion de causer de tout cela entre quatre yeux et alors, nous en viendrons à la littérature, ce qui nous intéresse, non ?
Écrit par : a.w. | 24/03/2009
La note de Claro et les commentaires: les réflexes pavloviens habituels,quand il s'agit de la position catholique sur la morale sexuelle, du niveau de Michel Onfray,pas de quoi fouetter une mule de pape.
Ce qui me gêne plus: une énorme stupidité sur "La connaissance de la douleur " de Gadda, livre qui m'est très cher. Il faudra que je me fende un jour d'une note sur ce livre pour Stalker.
Je ne lisais pas les membres du Fric-Frac, je ne vais pas commencer maintenant, la vie est trop courte, comme dit l'autre...
Écrit par : Elisabeth Bart | 24/03/2009
Eh bien, chère Elisabeth, permettez-moi de vous dire que vous avez absolument tort de ne pas lire certains des gars du FFC ! Je l'ai dit et le répète, il s'y trouve beaucoup de nullités et de merdailleries post-modernes (aïe, ce terme qui ne veut rien dire va encore faire rugir, je sais, je sais...) mais il y a aussi d'excellentes notes et j'ai toujours dit ce que je pensais des très bons articles de François Monti, Bartleby et Antonio Werli.
Cela ne veut absolument pas dire que je sois d'accord avec eux, vous l'aurez compris mais j'ai pour habitude de saluer la qualité, où qu'elle se trouve et même sur l'inepte blog de Léo Scheer qui, dans sa dernière note, le pauvre, semble décidément me vouer un amour incompris.
Passons.
AW : je n'y peux rien, je suis ainsi fait. Croyez bien que tous les matins je demande que soient accomplis mes prières de la veille : Seigneur, faites que, aujourd'hui, je n'aie pas envie de flanquer un coup de pied au gros cul d'un âne qui croiserait ma route mais c'est ainsi, rien à faire, il y a toujours un âne dans mon voisinage, alors même que je suis plutôt un ours social...
Soyons sérieux : j'ai entendu ou lu ce reproche un bon millier de fois et, ma foi, je n'ai rien à lui opposer que ce que j'ai toujours gueulé.
Dernièrement, un auteur qui a publié quelques belles notes sur Stalker m'a reproché mon "militantisme" (sic), alors que, lui, préférait les hautes sphères de la pensée pure, choisissant désormais, comme tribune, une fort belle revue toute bien mise en page avec des articles tout proprets.
De quoi se constituer un beau CV en somme, tant mieux, je ne juge pas...
Mais nous sommes embarqués Antonio, je vous le dis et vous le redis et, pour être tout à fait franc, à la différence de nombre des vos amis blogueurs, je ne m'amuse pas lorsque j'écris, et c'est bien cela qui dérange, puisque mes textes ne peuvent laisser indifférent que les plus sombres imbéciles (et encore, ces derniers, à l'abri des regards, confesseront qu'ils m'ont lu voire me lisent).
Pas de coupure, je ne triche pas avec ce que j'écris sur Stalker et, plutôt que de me faire la leçon, mon cher curé, vous feriez mieux de m'encourager : ils sont fort peu nombreux les blogs qui affirment ce que j'affirme, qui écrivent comme j'(y)écris, qui défendent à ce point une conception de la littérature !
Je comprends que j'en exaspère plus d'un !
Et m'en contrefous : je ne me cache pas derrière un pseudonyme, mon adresse électronique est visible de tous, j'ai rencontré tous les lecteurs qui avaient souhaité me rencontrer.
Bloy est un écrivain génial, qu'il blasphème, qu'il vocifère ou dégobille sur ses contemporains ou bien qu'il s'élève à de hauts sujets.
Céline est un écrivain (pas un penseur) pour le moins doué lorsqu'il hurle sa haine des Juifs et écrit le Voyage ou Mort à crédit.
Je ne me compare pas à ces deux-là mais je me demande bien quelle drôle d'envie de me castrer vous passe ainsi par la tête : oui, je prends plaisir à écrire une belle note sur Cormac McCarthy ou Conrad, sur le poids du silence dans la littérature et, oui, quels que soient les hurlements des bégueules dont vous me semblez faire quelque peu partie, je ris beaucoup et parfois (pas toujours) prends beaucoup de plaisir à distribuer quelques baffes.
Je ne le fais pas pour que l'on parle de moi parce que, je puis vous le certifier, si j'écrivais des notes parfois moins polémiques et ouvrais mes commentaires, j'aurais 30000 visites par jour, et vous le savez.
Je gueule et je gueule bien, cela me ferme nombre de portes sinon toutes dans le journalisme, l'édition ou le petit monde feutré des écrivains en vue et notez bien que je m'en contrefous.
Antonio, je suis encore plus sérieux maintenant : certaines de mes notes sont écrites, je veux dire, réellement écrites et cela, vous le savez peut-être si vous écrivez ailleurs que sur votre blog, demande beaucoup d'énergies et, littéralement, me vide.
J'ai été vidé après l'écriture d'Eloge de Mouchette, pour n'en citer qu'une, comme j'ai été vidé après avoir écrit certaines des notes les plus récemment parues.
Donc, entre pareilles notes, je m'offre quelques menus plaisirs.
Vous relativisez tout, comme souvent je vous ai vu le faire sur votre blog en ne prenant pas parti, du moins clairement, pour ou contre tel livre, car c'est bien de cela qu'il s'agit à la fin : je ne vois pas en quoi le fait de dénoncer certaine médiocrité ambiante pourrait immédiatement être retourné contre moi et boucler sa jolie petite boucle debordienne.
C'est trop facile à la fin de systématiquement rappeler à celui qui gueule que son cri sera de toute façon, sincère ou pas, avalé par le Spectacle.
A la limite, pareil pseudo-argument ne serait acceptable que s'il provenait d'un lecteur/auteur ayant infiniment plus gueulé que moi, et publiquement.
De vous mon cher, je crains que ledit argument ne soit irrecevable, et je vous le dis en toute amitié.
Écrit par : Stalker | 24/03/2009
Cher Juan,
Cela me désole que vous puissiez prendre mon silence pour du mépris. Vous savez que je n'aime guère laisser de commentaire, ayant à peu près le même avis que vous à ce propos, ce qui, il est vrai, ne m'empêche pourtant pas de les laisser ouverts chez moi.
Vous savez que le principe du classement de Wikio est la multiplication des liens. Il y a, comme vous le dénoncez (mais cela a-t-il de l'importance ?), de petites communautés d'amis qui se citent et se citent encore afin de progresser dans ce classement. Mais, contrairement à ce que vous énoncez, tel n'est pas le principe du FFC. Nous formons un petit groupe et il me paraît normal que nos articles publiés sur le FFC renvoient vers nos articles personnels traitant des mêmes sujets ou des mêmes auteurs. Lorsque nous nous sommes rencontrés à Paris, je vous disais que c'était justement à cause de cela qu'on ne pouvait pas réellement mesurer l'influence du FFC. Le classement Wikio n'a donc aucune valeur scientifique, statistique.
A ce propos, sachez que j'ai été critiqué (mais vous aussi, par conséquent) sur un blog à propos de mon apparition dans la sélection du Magazine des Livres. L'article, assez virulent (mais sans grand souffle épique), reprochait à ce classement : 1) de ne pas avoir cité Clarabelle et 2) de ne citer que des professionnels de la critique. J'ai tenté d'expliquer chez cette demoiselle que, quelle que soit la valeur de cette sélection, je n'étais pas un professionnel. On m'a répondu par deux arguments qui vont vous plaire : 1) Wikio, au moins, est le seul classement qui ait de la valeur et 2) Mon blog, comme le vôtre, est méprisant parce qu'il oublie que la littérature n'est pas affaire de critique, mais de plaisir... Je n'ai pas polémiqué : il n'y a rien à répondre à cela !
Bref, je crois qu'il est inutile de débattre de tous ces classements qui, quels que soient leurs critères, resteront toujours aussi contestables.
Quant à la surexposition médiatique dont j'ai pu jouir avec vous dans le Magazine des livres et sur Canal + (et sans vous sur la fameuse carte ; des nouvelles ?), elle m'a permis de constater une explosion de mon audience. Hélas, tout cela a été très éphémère.
Amicalement,
Bartleby
PS : Chère Elisabeth Bart, votre mépris est amusant.
Écrit par : Bartleby | 24/03/2009
Oh, mon cher, donnez-moi, même en privé si vous le voulez, l'adresse de ce blog de gazelle, que j'aille m'y tailler quelques quartiers de viande fine !
Mais... Mais je suis bien d'accord avec vous sur Wikio, je n'ai jamais prétendu que cela valait quoi que ce soit !
Oui, du nouveau concernant la carte blogosphérique du Motif : j'ai évoqué en addendum de ma cote consacrée à celle-ci la réponse du patron de cet organisme...
Il m'a répondu que c'était une erreur et non point un oubli et promis de corriger celle-ci sur la prochaine version de cette carte qui sera... participative !
Mon Dieu, je crains donc le pire...
PS : ça y est, j'ai laissé un oeuf dans le poulailler, j'ai fini par le découvrir tout seul, tant de bécasses dans un même endroit, cela ne pouvait que provoquer ma (gentile petite) faim !
Écrit par : Stalker | 24/03/2009
Je viens de voir. Terrible, n'est-ce pas ?
Écrit par : Bartleby | 24/03/2009
Pardon, Bartleby, c'est la note de Claro sur le pape qui a eu un sérieux effet de dissuasion...
Je ne vous lisais pas jusqu'alors, ni Antonio Werli, faute de temps. Juan m'a pourtant dit plusieurs fois du bien de votre blog. Je vais vous rendre visite, promis.
Écrit par : Elisabeth Bart | 24/03/2009
Chère Elisabeth, vous pouvez même aller voir ce que font mes autres amis du FFC et si ensuite vous n'appréciez pas le travail de l'un ou de l'autre, voire de tous, ce sera tout à fait légitime. C'est l'a priori qui me choquait un peu, mais me voilà rassuré. Personnellement, j'apprécie les articles que vous avez pu publier ici.
Écrit par : Bartleby | 24/03/2009
Un vrai rendez-vous de vieilles filles autour d'un thé , ces commentaires qui tournent en rond.
Un peu de littérature, que diable! Je vous annonce la parution du numéro 106 de la revue l'Infini, vous pouvez consulter le sommaire sur le site pileface.
Elisabeth, très beau votre texte sur Hölderlin, avez-vous pensé à vous faire éditer dans la revue que je mentionne ci-dessus?
Écrit par : Denis Lair | 24/03/2009
Bartleby, je suis allée chez vous. Site très intéressant, à suivre, en effet. Je n'ai pas laissé de commentaire parce qu'il faut un compte Google, que je n'en veux pas, que ce genre de filtrage me gonfle. (Ceci n'engage que moi, vous avez certainement de bonnes raisons)
Denis Lair, merci pour les vieilles filles, merci pour Hölderlin. Publier dans l'Infini? Ce texte, je l'ai donné à Juan et je ne reprends jamais ce que j'ai donné. C'était aussi ma façon de le soutenir dans son combat contre la prostitution de la littérature, commerce où a été franchie une ligne blanche qu'on croyait encore nette : je parle de Léo Scheer et de ses m@nuscrits, bien évidemment.
Écrit par : Elisabeth Bart | 25/03/2009
Elisabeth, j'ignorais moi-même cela... et vais tenter de régler ce point car le principe me dérange également.
Écrit par : Bartleby | 25/03/2009
Bonjour Monsieur,
J'aime beaucoup votre blog, je n'ai pas tout lu (pas encore!), mais je vois qu'il fait autorité parmi les blogs littéraires. Je me permets de vous envoyer le lien du mien, j'espère que la balade vous plaira.
bien à vous,
Nadja
Écrit par : Nadja | 26/03/2009

























