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18/10/2014

Où sont les tenailles ? Le Royaume d'Emmanuel Carrère, par Pierre Mari

Crédits photographiques : Kim Kyung-Hoon (Reuters).

1410660701.jpgPierre Mari dans la Zone.

Il y a trois ans, j’ai éreinté ici même le Limonov d’Emmanuel Carrère. Paul Otchakovsky-Laurens, le directeur des éditions P.O.L., avait répondu à l’envoi de ma critique en disant qu’il n’en avait jamais lu d’«aussi nulle», d’une «mauvaise foi aussi flagrante» et d’une telle «insensibilité à l’écriture». Sur ma nullité, je le laisse évidemment juge. La question n’a d’ailleurs pas d’intérêt général. Sur les deux autres points, je lui ferai une réponse indirecte, dont la publication de ce Royaume fort peu terrestre et encore moins céleste m’offre l’occasion.
Je vais commencer par être très franc, quitte à m’attirer une volée de bois vert : j’ai été tenté de dire tout le mal possible de ce livre sans l’avoir lu. D’abord parce qu’Emmanuel Carrère n’est pas un écrivain (1), et que j’aimerais, s’il se tenait un jour devant moi, lui infliger l’équivalent de la réplique de Diderot au poète venu le solliciter : «Non seulement vos vers sont mauvais, mais il m’est démontré que vous n’en ferez jamais de bons» (2). Il faut en effet tout l’aveuglement de la clique médiatico-culturelle pour encenser un auteur dont l’absence de style et la pauvreté de pensée trahissent une si fâcheuse connivence avec l’air du temps. L’autre raison, c’est que j’avais lu ici et là – louées soient les critiques assassines qui n’ont plus droit de cité que sur Internet – de courts extraits du livre assortis de commentaires goguenards. Il y a des citations qui désarment les velléités de lecture comme il y a des signes vestimentaires impitoyablement tue-l’amour. Quand un livre qui traite des premiers temps du christianisme puise à ce point dans la réserve des poncifs contemporains («Barnabé fera équipe avec Paul», «publicain, je le rappelle, cela veut dire percepteur, cela veut dire collabo, cela veut dire pauvre type et même sale type», «une pécheresse, c’est-à-dire une pute»), avouons que le désir n’est pas au rendez-vous. On me dira qu’une poignée de phrases ne fait pas un livre, et que, sur 630 pages, un auteur a plus d’une occasion de racheter des facilités ou des dérapages ponctuels. Admettons – même si je reste convaincu qu’être un écrivain, c’est être viscéralement et intellectuellement incapable d’écrire certaines phrases.
Je me suis donc résolu à entrer dans ce Royaume. En lui accordant le crédit qu’un lecteur doit à n’importe quel livre, et en tablant aussi honnêtement que possible sur ses capacités de surprise.
Disons tout de suite qu’Emmanuel Carrère ne m’a pas facilité la tâche. Et que les phrases «tue-l’amour», même si elles ne sont pas légion, reviennent assez fréquemment pour égratigner la rétine et les bonnes dispositions. Ainsi lit-on que «Sénèque dit quelque chose de mignon à propos du travail manuel» (en l’occurrence, que s’il lui arrivait, par malheur, d’avoir à gagner sa vie en travaillant de ses mains, il n’en ferait pas un drame, et choisirait tout simplement de se suicider : qu’on m’explique en quoi ce cynisme aristocratique fort réjouissant relève de la catégorie du «mignon»), que Paul, devant les Thessaloniciens, «se lance dans un long flash-back», qu’il subit «une semaine de bizutage» en Syrie, que «là où règne le Christ, c’est moins sexy que là où règne Calypso», que Jacques et les siens «espéraient, en posant des exigences inacceptables, un clash avec Paul», que Pierre a «misé sur le bon cheval» en suivant Jésus, que «bien sûr, Luc ne sait pas ce que ça veut dire, le karma», etc. On est heureux d’apprendre, chemin faisant, qu’en 51 et 52, «personne ne se doutait qu’il vivait après Jésus-Christ». Emmanuel Carrère, lui, n’oublie pas un instant à quelle époque il vit : faisant voile vers les premières communautés chrétiennes, il embarque dans sa cambuse tous les tics de la désinvolture et de la décontraction contemporaines. Jamais il ne lui vient à l’idée que la conjoncture à laquelle il s’attaque – et dont il répète qu’elle «coupe en deux l’histoire de l’humanité» – relève d’un autre langage que l’esperanto cool dont deux millénaires ont fini par accoucher.
On m’objectera, une fois de plus, que l’essentiel d’un livre aux visées si ambitieuses n’est pas là, et que je me focalise sur des vétilles. Rien n’est moins sûr, justement. Car toutes ces formulations ridiculement anachroniques renvoient, à leur manière négligée et paresseuse, au projet explicite du livre : confronter présent et passé – enchâsser une enquête historique («ce qui s’est passé au cours des trente années suivant la mort de Jésus, c’est-à-dire la naissance du christianisme») dans une investigation personnelle (comment j’ai été chrétien pendant trois années de ma vie, puis cessé de l’être). Là où le bât blesse – là où il tue, faudrait-il dire –, c’est qu’à aucun moment le livre ne se donne les moyens de la double confrontation qu’il prétend orchestrer. Ni le face à face avec soi-même, ni les allers-retours entre troisième millénaire commençant et débuts du christianisme ne s’élèvent au-dessus du bavardage faussement frémissant. Ce Royaume, c’est d’abord le règne de la platitude, du poncif, du commentaire trivial. Et vu qu’il suscite autant de béatitudes chez les incroyants que chez les chrétiens, il ne me semble pas inutile de mettre en regard les ambitions affichées et l’indigence globale du résultat.
«Quand j’aborde un sujet, écrit Carrère dans le prologue, j’aime bien le prendre en tenailles». Déclaration imprudente, qui mérite doublement qu’on s’y arrête. D’abord à cause du vocabulaire choisi : on me permettra de penser qu’entre «aimer bien» et «tenailles», il y a quelque chose qui sent l’oxymore, en tout cas l’incompatibilité des régimes d’énergie ; l’emploi des tenailles s’accommode mal, que je sache, des tropismes en demi-teinte. Ensuite parce que la phrase illustre cette loi ironique, trop méconnue à mon goût, qui veut que tout mauvais artiste ou piètre artisan bénéficie d’une sorte de lucidité à l’envers, et qu’il se targue très précisément de ce dont il est le plus incapable. Où sont en effet les «tenailles» qui enserrent le «sujet» du Royaume ? Et – question indissociable de la précédente, en littérature – dans quelles «tenailles», c’est-à-dire dans quelle nécessité irrécusable, le sujet du livre prend-il à son tour l’écrivain ? Bien malin, ou bien complaisant, qui trouvera dans ces 630 pages l’amorce d’une réponse. Qu’on les entreprenne par n’importe quel côté, l’impression dominante est celle d’une insupportable mollesse et d’une contingence flasque : rien n’y est serré de près, étreint, embrassé ou empoigné – rien, à défaut d’être tenaillé, n’y est tout simplement tenu. Beaucoup d’épisodes a priori intéressants sont ainsi gâchés, faute de la rigueur qui les aurait dotés d’un relief minimal. Je pense, par exemple, à l’histoire plutôt drôle et émouvante de la nounou désastreuse (pp. 78-97), où s’affrontent pragmatisme «mondain» et «logique évangélique» – l’affrontement tournant très vite court, pour la plus grande frustration du lecteur –, ou au récit des pieds lavés (pp. 619-629), à peine sauvé, in extremis, par l’évocation de la joie de la jeune trisomique («je suis bien forcé d’admettre que ce jour-là, un instant, j’ai entrevu ce que c’est que le Royaume»).
Les «tenailles» ne manquaient pas, pourtant. Elles étaient même à portée de main, dans la très volumineuse caisse à outils religieuse, philosophique et littéraire que Carrère transporte d’un bout à l’autre du livre : citations de Pascal, Simone Weil, Dostoïevski, Tolstoï, saint Augustin, saint François de Sales, Ruysbroeck, Fénelon, Husserl, Catherine Pozzi, Lanza del Vasto, Elisabeth de la Trinité – et j’en passe. Beaucoup de phrases ou de paragraphes cités sont admirables, mais le seul fait de leur entassement les réduit le plus souvent à un bric-à-brac sans prise réelle sur le récit personnel ou l’enquête historique. Il aurait été passionnant de «tenailler» sa propre vie en se montrant un peu moins prodigue de citations, et en faisant de quelques-unes d’entre elles un outil d’intensification de soi. On dirait presque que Carrère s’ingénie à procéder à l’inverse : les grands textes, chez lui, sont tutoyés par les petites névroses douillettement nichées dans la nullité contemporaine. Un exemple ? Cette belle maxime de vie, qu’il tire d’un apocryphe copte du IIe siècle : «Si tu fais advenir ce qui est en toi, ce que tu feras advenir te sauvera. Si tu ne fais pas advenir ce qui est en toi, ce que tu ne fais pas advenir te tuera.» Le tour de passe-passe carrérien, en l’occurrence, consiste à ne rien en faire : d’abord en pratiquant la fuite en avant citationnelle, et en lui adjoignant, sans nécessité, les formules archi-galvaudées de Nietzsche et Hölderlin («Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts» et «Là où croît le danger, croît aussi ce qui sauve»); ensuite en l’assimilant aux formes post-modernes du marketing de soi (on croit rêver quand Carrère déclare qu’une telle phrase «mériterait de figurer dans les livres de développement personnel un peu haut de gamme»); enfin en lui offrant, comme seul prolongement introspectif, un auto-contentement d’assez courte portée («D’une façon générale, chaque fois que je m’arrête pour faire le point depuis maintenant sept ans, c’est pour me féliciter d’être contre toute attente devenu un homme heureux. C’est pour m’émerveiller de ce que j’ai déjà accompli, me figurer ce que je vais accomplir encore, me répéter que je suis sur la bonne voie»).
Là où la défaillance des tenailles s’avère la plus flagrante et la plus calamiteuse, c’est lorsque Carrère réfléchit ou fait mine de réfléchir au statut de son texte, et donc à son statut de narrateur-enquêteur. « Texte inclassable », ont répété les critiques béats et abusés. Je veux bien, mais encore faut-il qu’on sente l’écrivain se débattre avec la difficulté ou l’incapacité de «classer» son propre texte. Et il faut avouer que le résultat est maigre chaque fois que Carrère s’y essaie.
«Je n’écris plus de fiction depuis longtemps», écrit-il dans le prologue. On a envie de lui répondre qu’il en a parfaitement le droit. Mais qu’il a aussi le devoir de ne pas lancer imprudemment ce genre de déclaration, sous peine de s’exposer à un cruel retour de flamme. On ne renonce pas à la fiction, en effet, comme on ôte une chemise ou une paire de chaussures. Il y a des renonciations dont on se doit d’explorer les méandres, les ambiguïtés, et peut-être l’impossibilité fondamentale. Ne plus vouloir écrire de fiction en fait partie. Car la «fiction», en littérature – disons les choses à grands traits – est moins affaire de nature du matériau que de manière de s’y colleter : c’est d’abord une «action de façonner», comme l’indique l’étymologie du mot – une exigence ordonnatrice qui récuse l’informe autant que les formes trop hâtivement cristallisées. Si j’invente une suite à Blanche-Neige et les sept nains, je forge évidemment une fiction. Si je raconte comment j’occupe mes soirées à regarder des sites pornos, dans une quête frénétique de masturbation féminine (pp. 390-395 du Royaume), je suis voué à une autre forme de «fiction», au sens où je devrai trouver le langage qui réinvente, à mes yeux et aux yeux du lecteur, une compulsion vespérale menacée par la triste répétition; j’aurai le devoir de creuser, entre la «réalité» et elle-même, cet écart fécond qui permet à l’épisode le plus morne ou le plus insignifiant de se charger de mystère. Si je ne le fais pas, si j’esquive l’obligation, je ravale mon verbe et mon obsession de la chair au rang de la pornographie dont je suis captif et que je méprise. Le refus de la fiction, dans ce cas, ne sera que le prête-nom de la paresse et de l’impuissance littéraire.
Quand Carrère, romancier en rupture de ban, s’efforce de définir positivement sa démarche, la récolte est aussi dérisoire. Considérons le point nodal du livre, cité à juste titre en quatrième de couverture – le passage du récit de la «crise» personnelle à la longue enquête sur les commencements du christianisme : «Je suis devenu celui que j’avais si peur de devenir. Un sceptique. Un agnostique – même pas assez croyant pour être athée. […] Affaire classée, alors ? Il faut qu’elle ne le soit pas tout à fait pour que, quinze ans après avoir rangé dans un carton mes cahiers de commentaire évangélique, le désir me soit venu de rôder autour de ce point central et mystérieux de notre histoire à tous, de mon histoire à moi. De revenir aux textes, c’est-à-dire au Nouveau Testament. Ce chemin que j’ai suivi autrefois en croyant, vais-je le suivre aujourd’hui en romancier ? En historien ? Je ne sais pas encore, je ne veux pas trancher, je ne pense pas que la casquette ait tellement d’importance. Disons en enquêteur.» J’avoue, quitte à empoigner une fois de plus Carrère au collet de son vocabulaire, que je trouve cette histoire de «casquette» très pénible. Elle ruine en un mot le crédit de sincérité ou d’authenticité qu’on pouvait accorder aux lignes qui précèdent. Car un écrivain digne de ce nom, parvenu en ce point décisif de son livre, ne raisonnerait pas en termes superficiels de «casquette» à endosser. Soit il examinerait avec tout le sérieux et l’exigence requis chacune des voies d’écriture qui s’offrent à lui (être un «romancier» qui raconte les Actes des Apôtres, qu’est-ce que cela signifie ? et qu’est-ce que cela implique ?). Soit il se lancerait tête baissée dans l’étreinte de son énorme matériau, et laisserait au mouvement même du texte le soin de poser, en filigrane ou en creux, la question difficile de son appartenance générique. La première voie suppose de savoir penser, la seconde de se laisser charrier par la véhémence de sa propre écriture – les deux n’étant évidemment pas incompatibles. Carrère n’est capable ni de l’une ni de l’autre : il feint de se poser des questions, et il fait passer le gonflement indigeste de son propos pour une force d’étreinte.
Il y a tout de même un moment où vient, dans l’éreintage en règle d’un livre, l’envie de le sauver par un certain côté. Ne serait-ce que pour éviter de s’avouer qu’on a perdu plusieurs soirées à arpenter ses 630 pages, et qu’on aurait été bien plus inspiré de relire Nietzsche, Dostoïevski, saint Augustin ou les Actes des Apôtres. Mais aussi pour se garder d’abonder dans son propre sens, comme le dit Carrère dans une des quelques déclarations émouvantes que compte son livre (3).
Un ami m’avait fait remarquer, à propos de L’Adversaire : «C’est une belle performance dans la manière d’éluder toutes les questions passionnantes.» J’ai été tenté d’appliquer la formule au Royaume. Car toutes les questions que le livre suscite – comment expliquer que des «gens normaux, intelligents, puissent croire à un truc aussi insensé que la religion chrétienne» ? comment se fait-il que j’aie été « touché par la grâce à l’automne 1990 avant de connaître la «désaffection de la foi» ? dans quelle mesure l’agnostique que je suis devenu reste-t-il habité par son «épisode chrétien» ? – sont moins posées que déposées à la surface du texte. Elles ne trouvent pas, en effet, l’expression littéraire qui communiquerait au lecteur l’envie de les reprendre passionnément à son compte. Et pourtant, il se peut que l’énigme fondamentale qui a donné son impulsion au livre – «À un moment de ma vie, j’ai été chrétien. Cela a duré trois ans. C’est passé» – reçoive une réponse, que Carrère formule à son corps défendant ou ignorant. À cet égard, Le Royaume constitue peut-être une merveilleuse fable involontaire sur l’homme occidental du troisième millénaire commençant. Un homme qui peut bien éprouver le besoin sincère de se confronter à cette coupure de l’histoire de l’humanité appelée christianisme, mais dont la sincérité reste clouée au sol, incapable d’enjamber le grouillement à la fois futile et envahissant de sa propre individualité. Quand Carrère «se» raconte, et qu’il parle yoga et séquences pornos sur Internet, retraites spirituelles dans les Alpes et problèmes de baby-sitting, «périodes de torpeur entrecoupées de masturbation» et conjugalité difficile, films d’horreur et écoute de Monteverdi, œufs dans le jardin le matin de Pâques et voyages exotiques, névroses et vacances avec un ami, séquences chez le psy et moments d’intimité avec les siens, lectures éclectiques et bols de riz complet, il montre à sa façon qu’une telle existence – dont la forme, sinon le contenu, est celle d’à peu près tout le monde aujourd’hui – peut bien être zébrée par des élans de sincérité, mais que ni l’authenticité ni la radicalité ne peuvent plus s’y insinuer par aucun biais. Tout simplement parce que l’encombrement de soi par soi, le bric-à-brac proliférant des micro-identités plurielles y a voilé sans recours la nudité de la vie : le message évangélique n’y sera jamais, dès lors, qu’un épisode ou un îlot environné d’indifférence hyperactive. On aimerait tirer de ce livre bien trop long une morale du désencombrement, à portée existentielle autant que littéraire : pour qu’un début de «royaume» advienne, irrigué ou non par la foi chrétienne, peut-être faudrait-il commencer par se complaire un peu moins dans les métastases de sa propre existence, et prendre sa vie un peu plus au sérieux.

Notes
(1) En écoutant l’émission d’Alain Finkielkraut consacrée au Royaume (Répliques, 13 septembre 2014), il m’a semblé qu’Emmanuel Carrère avait tout pour faire un excellent animateur de radio. C’est un causeur agréable, il sait vulgariser un sujet d’une manière stimulante, et parvient sans peine à accrocher la curiosité de l’auditeur. Je dis cela sans la moindre condescendance ou ironie. Il y a toujours quelque chose de pathétique, en effet, à voir les gens s’obstiner sur des routes caillouteuses pour lesquelles ils ne sont pas taillés, alors que leur talent social les destinait de toute évidence à des chemins bitumés. Il est vrai que dans le cas d’Emmanuel Carrère, l’erreur d’embranchement se solde par un confortable succès critique et commercial.
(2) Jacques le fataliste in Œuvres (Gallimard, coll. La pléiade, 1969).
(3) «Je me doute que quand paraîtra ce livre, on me demandera : « Mais alors, finalement, vous êtes chrétien ou non ?» […] Non, je ne crois pas que Jésus soit ressuscité. Je ne crois pas qu’un homme soit revenu d’entre les morts. […] J’écris ce livre pour ne pas me figurer que j’en sais plus long, ne le croyant plus, que ceux qui le croient et que moi-même quand je le croyais. J’écris ce livre pour ne pas abonder dans mon sens.»