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17/12/2007

Solstice d’hiver, par Thierry Giaccardi



À Raphaël Dargent.

Il y a sans nul doute une pensée du solstice comme il y a une pensée de l’équinoxe, la première n’étant certainement pas propre à la maçonnerie comme certains l’affirment bien imprudemment (1). Ce sont possiblement deux grandes manières de penser le monde, d’en suivre les grands rythmes cosmiques, les saisons, les jours et les nuits : une pensée des extrêmes par rapport à une pensée du milieu, mais encore une pensée contredisant à angle droit certaines vérités acceptées plus ou moins avec une certaine mollesse d’esprit. La pensée du solstice est une pensée altière, radicale, qui déséquilibre le statu quo lorsque celui-ci entérine certaines inversions de perspective de peur de susciter des réactions violentes. Jésus est né au solstice d’hiver selon la tradition, (il serait trop long de méditer sur toute l’iconographie chrétienne représentant Jésus en Christ chronocator). Or, comme le rapporte Matthieu, Jésus dit : «n’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre», (Matthieu, 10, 34). Paroles qui ne peuvent se comprendre que comme l’expression d’une pensée du solstice. Viennent aussi à l’esprit les portes solsticiales du monde romain et le Dieu Janus, que le roi Numa, par une intelligence très fine des phénomènes traditionnels, décida de fêter justement au mois de janvier (januarius) (2). La géométrie, même sacrée, n’est pourtant que la science des transitions successives des formes humbles ou grandioses, et même si elle est un langage universel, elle n’en est sans doute pas le plus important.

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