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05/02/2013

Maudit soit Andreas Werckmeister !

Photographie de Juan Asensio.

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01/12/2008

Inferno, par Thierry Giaccardi

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Photographie reproduite avec l'aimable autorisation de Jérôme Martin, tous droits réservés.


Thierry Giaccardi dans la Zone.
Transgression : totems et tabous dans un monde poreux.
Solstice d'hiver.
Méditations hivernales sur la nature.
Spectres de l'Europe.

Je rappelle également que figurent (colonne de gauche, bas du blog), regroupés dans deux catégories, Disputatio 1 et 2, de passionnants articles sur la question européenne.

Les jeux olympiques de Pékin et l’élection de Barack Obama à la présidence américaine ont été de grands spectacles télévisuels de l’année 2008, d’une importance plus ou moins considérable sur le plan international mais qui remettent tous deux dans leur juste perspective les perceptions qu’ont les Européens de leur place dans le monde. L’Union européenne ne compte guère dans ce début de XXIe siècle et on peut se demander si elle a même vocation à compter, ce qui est franchement inquiétant. Les Européens sont devenus des spectateurs de l’histoire en train de se faire : il est légitime, quoique paradoxal, de faire remonter ce résultat à un processus historique qui a commencé avec la Révolution française. Une des conséquences fondamentales de cette révolution c’est que les peuples sont devenus progressivement honteux de leur passé, ou, du moins, ignorants de celui-ci. Or, c’est bien cette ignorance qui permet aujourd’hui à l’Union européenne de redéfinir l’Europe et de l’agrandir, de la remodeler au gré des échanges internationaux sans susciter de grands mouvements de protestation. L’espace public devient une zone de confusion.

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19/02/2008

Spectres de l'Europe, par Thierry Giaccardi



Rappel de la dispute sur l'Europe (Francis Moury, Thibault Lanoy, Pierre Cormary et Serge Rivron) :
En Euroland..., par Serge Rivron.
Pro Europa, par Francis Moury.
Qui est contre l'Europe ?, par Serge Rivron.
Pro Europa, 2, par Francis Moury.
Pro Europa 3, par Francis Moury.
Pour un Oui ou pour un Non, par Thibault Lanoy.
Heureux et fier... Mais après ?, par Serge Rivron.
Requiem pro Europa ?
, par Francis Moury.
La forfaiture, par Serge Rivron.
Deux imbéciles et un collabo (constipé) : Serge Rivron, Juan Asensio et Pierre Cormary.
La Grande Porte qui ne mène nulle part, par Jean-Luc Evard.

a304bae2eafe80797977c93ab74a58ea.jpgLa revue Éléments publie en ce mois de février un long dossier sur l’Europe, dont la parution était prévue originellement courant janvier, plus ou moins dans le même temps où les députés et les sénateurs français se réunissaient en Congrès afin de modifier la Constitution française, préalable nécessaire à la ratification du Traité de Lisbonne (il nous semble bien difficile de mesurer les conséquences néfastes d’un tel traité, contrairement à un Nicolas Sarkozy qui ne doute pas, ou plutôt qui ne se doute de rien, si on en croit son allocution officielle télévisée du 10 février). Il est vrai qu’on n’en attendait pas moins d’une revue dont la raison d’être est intimement liée à celle du GRECE, le Groupe de recherche et d’études pour la civilisation européenne. Nous en retiendrons le beau texte d’Alain de Benoist, une des figures les plus singulières de l’intellectuel français. Texte didactique, foisonnant d’idées profondes et justes, n’en citant pas moins des individus aussi médiocres que François Bayrou (avec une certaine approbation, étonnamment...) (1), la thèse principale qui en ressort est la nécessité de créer un Empire : «le modèle de l’État-nation n’étant pas viable, vers quel modèle alternatif se tourner ? L’histoire de l’Europe en suggère un : celui de l’Empire. Peter Sloterdijk est précisément l’un de ceux qui ont perçu l’affinité entre la construction européenne et le modèle impérial» (2). Ce qui est fort juste si on se place sur le plan des relations internationales : l’État-nation européen ne pèse plus rien face aux grands pays, ces «économies-mondes» ou «systèmes-mondes», que sont la Chine, l’Inde, les États-Unis, le Brésil et la Russie.

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09/01/2008

Méditations hivernales sur la nature, par Thierry Giaccardi



À Dominique Jeannerod, derrière les différences de vue une même sensibilité.

Les fêtes de fin d’année sont toujours de celles qui provoquent les plus grandes réjouissances familiales, ce qui est juste et bon car la famille, contrairement à l’idéologie moderne qui l’a rendue suspecte à la suite du cri efféminé de Gide, «familles, je vous hais» (1), constitue «l’un des biens les plus précieux de l’humanité», comme l’a rappelé le pape Jean-Paul II dans son exhortation apostolique, Les tâches de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui. Maurras a écrit des pages magnifiques sur le rôle de la famille où la justesse de l’observation n’égale que la perfection du style. C’est ainsi que le Maître de Martigues relève avec une certaine ironie mêlée de tendresse que «contrairement aux grandes plaintes du poète romantique, la lettre sociale, qui paraît sur l’épaule nue, n’est pas écrite avec le fer. On n’y voit que la marque des baisers et du lait : sa Fatalité se dévoile, il faut y reconnaître le visage d’une Faveur» (2). Il est bien vrai que l’hiver invite à réfléchir sur l’essentiel.
Durant la «morne» saison (3), le froid engourdit les membres, l’homme s’enferme alors dans son logis avec les siens. Il préserve avec un savoir-faire transmis par ses ancêtres (4) la chaleur à l’intérieur de son foyer en en faisant profiter tous les membres de sa famille, se conformant ainsi à la tradition inaugurée par Prométhée, lequel avait dérobé le feu aux dieux pour le donner aux hommes. En se penchant sur sa compagne et ses enfants il redécouvre des gestes de tendresse exprimant bien la vie en symbiose (5).

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17/12/2007

Solstice d’hiver, par Thierry Giaccardi



À Raphaël Dargent.

Il y a sans nul doute une pensée du solstice comme il y a une pensée de l’équinoxe, la première n’étant certainement pas propre à la maçonnerie comme certains l’affirment bien imprudemment (1). Ce sont possiblement deux grandes manières de penser le monde, d’en suivre les grands rythmes cosmiques, les saisons, les jours et les nuits : une pensée des extrêmes par rapport à une pensée du milieu, mais encore une pensée contredisant à angle droit certaines vérités acceptées plus ou moins avec une certaine mollesse d’esprit. La pensée du solstice est une pensée altière, radicale, qui déséquilibre le statu quo lorsque celui-ci entérine certaines inversions de perspective de peur de susciter des réactions violentes. Jésus est né au solstice d’hiver selon la tradition, (il serait trop long de méditer sur toute l’iconographie chrétienne représentant Jésus en Christ chronocator). Or, comme le rapporte Matthieu, Jésus dit : «n’allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre», (Matthieu, 10, 34). Paroles qui ne peuvent se comprendre que comme l’expression d’une pensée du solstice. Viennent aussi à l’esprit les portes solsticiales du monde romain et le Dieu Janus, que le roi Numa, par une intelligence très fine des phénomènes traditionnels, décida de fêter justement au mois de janvier (januarius) (2). La géométrie, même sacrée, n’est pourtant que la science des transitions successives des formes humbles ou grandioses, et même si elle est un langage universel, elle n’en est sans doute pas le plus important.

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28/10/2007

Transgression : totems et tabous dans un monde poreux, par Thierry Giaccardi

«Et moi qui, de voir Dieu, onc pour moi-même
plus ne brûlai que pour lui or ne brûle,
je te prie – et ne soit prière écharse –
de dissoudre au doux vent de tes prières
toute nuée en sa mortelle vue,
où se puisse éployer le haut Plaisir.»
Dante, Divine Comédie, Paradis, chant XXXIII.


La parution du dernier livre d’Alain Robbe-Grillet, Roman sentimental, pose toute une série de questions que notre société hésite dorénavant à se poser, curieusement, et qui tournent principalement autour de la notion de transgression, comme des individus ivres et las tourneraient autour de totems dont ils en auraient perdu jusqu’à la mémoire des origines et qu’ils regarderaient avidement. La figure du totem, comme ancêtre éponyme d’un clan, peut nous servir de symbole dans la mesure où nos sociétés modernes, bien loin de rendre un culte aux ancêtres, les ont stigmatisés, salis avec l’insouciance et le sarcasme des gens prospères.

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