16/10/2008

A estrada de Cormac McCarthy



Avant, très certainement, de vous proposer un nouveau texte sur La Route que je suis en train de relire (et peut-être même sur le magistral Méridien de sang), roman qui est, incontestablement, avec 2666, le grand événement littéraire de cette année, Henri Carrières m'a adressé cette belle traduction en langue brésilienne de ma critique. Je lui ai bien évidemment proposé de la publier...
Relisant également l'un des plus grands romans français du siècle passé, La plage de Scheveningen de Paul Gadenne, je me disais que, décidément, cette nouvelle rentrée littéraire, du moins en France, se caractérisait par le retour d'une certaine ambition aussi bien romanesque que métaphysique. Dommage que, avec Zone de Mathias Énard et La Porte des Enfers de Laurent Gaudé, cette métaphysique soit celle des lecteurs du Guide des Routards et cette écriture celle d'habiles faiseurs plutôt que de vrais romanciers...
Le moment où la bulle spéculative dans laquelle la littérature française (devenue monnaie sans réelle valeur sustentée par la béquille de la communication, donc des signes sans portée ni pesanteur), s'est enfermée va exploser n'est donc apparemment pas près d'approcher.
Comment le pourrait-il, puisque notre pays paraît tombé dans le cauchemar sans fin de quelque grotesque Scarbo, où les actes n'ont plus de poids, les mots plus de réelle valeur, les romans aucune portée ?

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