20/05/2008
Donoso Cortés observateur de la Révolution en Europe, par Frédéric Morgan

Alexis de Tocqueville et Donoso Cortés partagent de semblables réticences devant le mouvement initié par la révolution française. Si le premier devine derrière l’ambivalence du phénomène l’extension continue de l’égalité des conditions et en parallèle, de la liberté pour en contenir les effets négatifs, le second instruit le procès de la marche irréversible qui signera la mort de l’Ancien Régime. Cortés, pessimiste à la limite du désespoir, analysera la Révolution qui se répand en Europe comme synonyme d’une intensification de la violence, origine du déplacement des sources de l’oppression vers les masses et sa conclusion dans la destruction de toute idée d’ordre politique. La révolution française ne peut sans doute pas porter la responsabilité du déchaînement de la violence dans l’ensemble de l’Europe, mais, aux yeux des réactionnaires, elle légitimera un style politique marqué par la brutalité et le nihilisme. Le spectacle de la violence révolutionnaire poussera Cortés à analyser sa progression et celle de ses agents comme celle d’une dynamique nihiliste qui emportera le monde ancien, accélérant ainsi l’arrivée de la catastrophe finale. Penseur Chrétien, il cherchera dans l’Église l’institution temporelle et spirituelle la plus opposée au désordre, jusqu’à tenter de l’élever en modèle politique parfait, pour finir en partisan d’une dictature, dernier recours contre l’imminence du danger révolutionnaire.
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