23/02/2010

Le Mal n'existe pas, par Maxime Zjelinski

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02/04/2008

Sacrifice, par Pascal Adam

Basilique-Mosquée-Musée Sainte-Sophie, photographie de Juan Asensio
Basilique-Mosquée-Musée Sainte-Sophie, photographie de Juan Asensio


Rions un peu. J’essaie, sans trop de conviction toutefois d’y parvenir réellement, d’être un athée politique, de ne me vendre à aucun diable. Sans pour autant céder au relativisme ambiant, qui semble avoir conquis désormais la totalité du champ démocratique, extrêmes inclus. Bref, il ne s’agit en rien d’un «tout se vaut». Aucune des opinions en cours, quelle que soit sa représentativité, ne me semble pouvoir aujourd’hui éviter la catastrophe, dont il y a plusieurs.
La guerre civile, raisonnablement, ne paraît pas enviable; elle semble pourtant chaque jour davantage sur le point d’advenir, et chaque jour, mais de justesse, procrastinée. Étrangement, son évitement, non plus, ne paraît pas souhaitable : il n’aura lieu qu’au prix le plus élevé, et n’évitera sans doute pas, finalement, le bain de sang; lequel donc aura lieu tout de même, mais, distinguo auquel nous semblons tenir absolument, légalement, une fois que la loi aura été en totalité invertie. Une fois en somme que l’Occident sera forclos, ayant accompli le prodige suicidaire de lui-même se forclore.
Nous espérons repousser la guerre civile, laquelle n’est pas un spectre, mais l’ombre de ce qui fond sur nous; mais nous savons aussi que nous ne pouvons la repousser qu’en lui cédant l’exercice plein et entier de cette autorité qu’à nous-mêmes nous nous dénions; et réellement, nous ne la repousserons, mais formellement, qu’en la légalisant intégralement. À bien réfléchir, nous ne pouvons guère, très lâchement, que la repousser sur nos enfants, ces enfants mêmes que nous élevons au pacifisme et au relativisme, que nous conditionnons à être heureux et satisfaits de tous nos abandons de souveraineté.
En somme, nous évitons la guerre civile au prix de nos enfants. Et c’est en prévision de leur sacrifice réel sur l’autel législatif inverti que nous bâtissons mollement au parti des assassins, que nous les choyons ainsi, par anticipation les traitant comme des dieux. Voilà, me semble-t-il, le fond de notre soudaine infantophilie.
Nous leur apprenons à se mouvoir avec naturel, délivrés de toute idée même de devoir, vers l’autel qui verra leur très légal égorgement.

Pascal Adam a un blog intitulé Theatrum Mundi.