06/12/2008
Georges Rouault, de l’Orient à l’Occident, par Élisabeth Bart

Rouault dans son studio en 1953. Photographie d'Yvonne Chevalier.
À Juan Asensio
«Il y a trois grands peintres mystiques au XXe siècle : Rouault (catholique); Soutine (juif); Malevitch (orthodoxe).»
Marc-Édouard Nabe, Kamikaze (Éditions du Rocher, 2000), p. 3220.
Georges Rouault nous revient, d’Extrême-Orient : il fallait probablement ce passage par le Japon pour que son art, qui n’a jamais cédé aux sirènes de l’océan nihiliste, aux «tendances» de la société du spectacle, y compris dans leurs prétentions esthétiques, redevienne visible à travers soixante-dix toiles, sur les quatre cents que comporte la collection Idemitsu, exposées à la Pinacothèque (1).
Comme l’écrit Raïssa Maritain, l’art de Rouault «ne plie pas» (2). D’une infinie patience, fidèle à la plus haute conception de l’Art et au principe de «nécessité intérieure» défini par Kandinsky, cet artiste «inclassable», selon le mot de Marc Restellini (3), sera descendu dans les bas-fonds de la misère humaine, ses pas dans ceux du Christ, pour accéder à l’autre royaume où vibre le pur chant des couleurs.
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