Pierre Assouline, analphabète et illettré (06/09/2008)

Crédits photographiques : Max Rossi (Reuters).
Voici le texte que je publiai, le 6 septembre, soit deux jours après la stupide, l'odieuse, la lamentable, la mensongère note de Pierre Assouline stigmatisant tel propos caviardé de George Steiner.
Depuis, l'un des plus impeccables suiveurs de Pierre Assouline, Didier Jacob, est venu, comme un petit animal de compagnie fort amène, défendre la rigueur herméneutique de son maître.
À la suite de cette note, qui n'est même pas la dernière consacrée au cacographe souplinien, j'ai reçu nombre de courriels d'amis ou d'inconnus me reprochant, presque systématiquement, d'accorder trop d'importance au cas du lamentable Pierre Assouline.
Ils ont bien évidemment raison : je perds, avec Pierre Assouline, bien trop de temps alors que ce dernier, fidèle à son habitude méprisable, ne répond jamais à mes critiques. J'ai toutefois répondu à ces contradicteurs que des dizaines de Pierre Assouline, en France, composaient ce qui se fait passer pour critique littéraire. En attaquant la tête mal faite de ce nain pas même juché sur des épaules de géant, j'espère bien, un jour, contribuer à déséquilibrer l'immense colonie poisseuses de maljournalistes qui conduisent notre pays, plus sûrement que n'importe quel acte de violence, de piraterie, de terrorisme, de crise financière ou même de guerre, au bord d'un chaos dans lequel ces lâches bavards n'auront même pas le courage de se jeter, s'il est vrai, comme l'affirmaient Karl Kraus et Gershom Scholem, que la langue humiliée finit toujours par se venger de ce qu'on lui fait subir.
Bien évidemment, George Steiner aurait mieux fait de se taire, non parce qu'il risquait de subir les foudres du lamentable Pierre Assouline, à ce point cacographe patenté qu'il publie un livre entier (qu'un éditeur n'a pas eu honte d'éditer*)... consacré aux commentaires de son blog, mais parce qu'il répète, dans cet entretien accordé à El País, ce qu'il répète depuis bien trop d'années et qui n'a finalement que peu d'intérêt : quelques vagues antiennes de simple bon sens plutôt qu'horriblement réactionnaires dont les bords émoussés ne blessent plus que les imbéciles en mal de sensations femmelines.
George Steiner, stricto sensu, ne dit et surtout n'écrit plus rien de bien intéressant depuis Réelles présences, paru en France en 1991. Il y en a même d'assez fous pour penser que George Steiner n'a jamais rien dit ou écrit de bien original (ce qui est presque vrai : son unique talent est d'établir des correspondances entre les auteurs et leurs aperçus respectifs, cela n'est pas rien) mais, comme cette opinion, étayée par des semblants de preuves, est émise par le très ridicule François Rastier, je me permets de ne la livrer qu'avec la plus grande prudence à mes lecteurs.
Voici le passage, bien évidemment extrait de son contexte le plus immédiat selon le procédé qu'affectionnent les scribouillards de la pire espèce, les galériens de la ligne, bref, les plus mauvais journalistes que compte notre pays qui n'a jamais été avare de ses richesses, que cite le si piètre lecteur Assouline en se bouchant le nez : «Es muy fácil sentarse aquí, en esta habitación, y decir : ¡ El racismo es horrible !. Pero pregúnteme lo mismo si se traslada a vivir a la casa de al lado una familia jamaicana que tiene seis hijos y escuchan reggae y rock and roll todo el día. O cuando mi asesor venga a casa y me diga que desde que se mudó a mi lado la familia jamaicana el valor de mi propiedad ha caído en picado. ¡ Pregúnteme entonces ! En todos nosotros, en nuestros hijos, y por mantener nuestra comodidad, nuestra supervivencia, si rascas un poco, aparecen muchas zonas oscuras. No lo olvide.»
Pierre Assouline lui, a oublié de citer la chute de Steiner, qui donne son sens véritable aux phrases la précédant : pas de quoi, je crois, déclencher les foudres des gardiens du Temple du Métissage. Pierre Assouline est un si mauvais lecteur, un si lamentable journaliste, un si triste sire, qu'il ne peut rien faire d'autre que s'empresser de colporter une rumeur, relayée plus ou moins habilement par la colonie bruyante de ses parasites exégètes qui n'ont apparemment rien de mieux à faire de leur temps que de commenter, à longueur de journée, les fadaises qu'enchaîne notre cacographe à la vitesse de la lumière plutôt que du son.
Certain qu'il ne faut point une impérative connaissance de la langue espagnole pour comprendre de quoi il en retourne, je me suis contenté d'indiquer en gras les deux phrases qui nous permettent de comprendre quel est le sens des propos de George Steiner, le même que Pierre Assouline, rappelons-le, couvrit d'éloges lorsqu'il vint donner une conférence à la BNF.
Pourtant, Steiner n'était point avare, alors même que Pierre Assouline l'affligeait d'une de ses formules les plus stupides (puisqu'il serait, aux yeux de notre imparable critique des latrines de salles de rédaction, «l’intellectuel mitteleuropéen et européen à la fois»), de ce genre de facilités journalistiques à laquelle paraît s'être réduit son talent de vulgarisateur.
Un vulgarisateur et un journaliste : deux ânes qui se suivent (et se ressemblent par bien de leurs traits) et sont bien obligés, pour continuer de bavarder, de se soutenir mutuellement.

* Cet éditeur paraît-il spécialisé en livres polémiques, Les Arènes, qui donne même la parole à Pierre Assouline qui, bien sûr, n'a strictement rien à nous dire, a apparemment fait fi des droits d'auteurs que seraient en droit d'exiger lesdits commentateurs du blog de Pierre Assouline. Après tout (mais il n'y a pas de risque me concernant, puisque j'ai été ostracisé de la République bananière souplinienne, comme sont systématiquement rejetés des mots-clés tels que stalker ou, bien sûr, Asensio, allez donc savoir pourquoi), je pourrais trouver à redire si certains de mes propos, pas forcément les plus remarquables puisqu'ils ont été rédigés en quelques secondes, se trouvaient reproduits dans un livre sur lequel je n'ai eu absolument aucun droit de regard. Il semble même, comme me l'a confirmé l'un des participants de ces petites conversations virtuelles inutiles (alors que Pierre Assouline, comble de la tartufferie, ne répond quasiment jamais à ses contradicteurs), il semble même qu'Assouline et l'éditeur n'aient pas jugé utile, par simple politesse, d'avertir ces commentateurs qui tous n'ont point, il me semble, des adresses électroniques fantaisistes où ils ne pourraient donc être joints.
On se demande ensuite par quel miracle ce n'est point Léo Scheer, jamais bégueule lorsqu'il s'agit de publier n'importe quoi, qui a édité ce livre ridicule de Pierre Assouline promis, on s'en doute, aux éloges journalistiques. La prochaine étape de cette débandade ? Non plus un livre dans lequel un auteur, certes aussi insignifiant que l'est Pierre Assouline, ordonnerait les commentaires déposés sur son blog mais un collectif de commentateurs de blog s'entreglosant, dans lequel l'auteur serait réduit à sa portion la plus congrue.

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