Quelques changements (21/04/2012)

Crédits photographiques : Altaf Qadri (Associated Press).

Mes chers lecteurs, j'ai beau tourner le problème dans tous les sens, je ne vois plus que cette solution : rendre Stalker payant !
Entendons-nous bien sur ce fort vilain mot.
En premier lieu, j'ai décidé de garder l'ensemble des notes (à ce jour, près de 1 300) totalement gratuites, donc visibles par tous.
La seule nouveauté est que, désormais, il vous est possible de faire un don, grâce au bouton prévu à cet effet ci-dessous et qui, à terme, apparaîtra de façon permanente tout en haut de la colonne de gauche. La connexion Paypal est bien sûr totalement sécurisée.
Un don, 10, 15, 20 euros, ces sommes sont à la portée de tous ou presque, bien davantage que des sommes extravagantes (je puis rêver !) mais un don versé de manière régulière, puisque le travail que je fournis avec Stalker est régulier, c'est là je crois le point le plus important.
Stalker existe désormais depuis 2004, a accueilli des dizaines de rédacteurs qui sont souvent devenus des amis comme Francis Moury, Jean-Luc Evard, Serge Rivron, Rémi Soulié, Pierre Mari ou Germain Souchet, autrefois Sarah Vajda, Laurent Schang, bien d'autres encore comme le très regretté Dominique Autié, l'un des tout premiers blogueurs à avoir salué mon travail.
Il est considéré par nombre d'entre vous, simples lecteurs, professionnels de l'édition ou écrivains et si j'en juge par l'abondant courriel que je reçois depuis des années, comme l'un des meilleurs blogs français de critique littéraire par la qualité de ses textes (et cela bien sûr, quelles que soient les critiques, souvent remarquables de finesse et de précision, qui m'ont été faites, ainsi que les désaccords exprimés et argumentés sur tel ou tel auteur que j'aurais, allez savoir, fort injustement brocardé).
Or, je ne vous étonnerai pas en vous indiquant que, de ce travail pour le moins conséquent (certains disent et ils ont raison : colossal) et sur lequel j'ai souvent réfléchi, je n'ai jusqu'à présent pas reçu un centime d'euro, exception faite des ouvrages qui m'ont été envoyés en service de presse, dont j'ai du reste systématiquement indiqué la nature toutes les fois que je les ai évoqués et, surtout, que je ne me suis pas dépêché d'aller revendre.
Il ne vous aura sans doute pas échappé que, depuis quelques mois et maintenant années, je dois faire face à une triple procédure coûteuse : je puis être forcé de verser la somme de 9 000 euros (ou bien sûr, moins, ou rien, ou beaucoup plus, allez savoir !) à laquelle j'ai été condamné le 17 décembre 2011 par le TGI de Paris, en vertu d'une décision parfaitement aberrante et qui, pour le moment, n'a toujours pas été motivée, si les juges de la Cour d'appel que mon conseil et moi-même avons saisie n'entendaient pas mes arguments.
À cette somme s'ajoutent bien évidemment celles que j'ai dû engager pour, justement, me défendre contre les trois plaignants que sont Valérie Scigala, Jean-Yves Pranchère et Emmanuel Régniez (sans compter l'opportuniste Pierre-Antoine Rey, cacographe émérite et lecteur inculte, pourtant jamais évoqué, de près ou de loin, concernant les faits qui m'ont été reprochés par lesdits plaignants).
Ne vivant que de mes piges [ce n'est même plus le cas, NdJA du 27 janvier 2013] et de divers travaux de rédaction, je ne puis désormais tenter (je dis bien : tenter) de continuer à écrire que grâce aux dons que vous aurez l'amabilité de me verser, non pour payer mon avocat ou éponger une possible condamnation, mais pour me permettre, tout simplement, de continuer à publier des critiques que vous ne trouverez nulle part ailleurs et de les publier, j'insiste de nouveau sur ce point qui me semble essentiel, de la même façon que je l'ai fait jusqu'à présent, c'est-à-dire régulièrement, puisque la régularité, l'acharnement que l'on soupçonne sans doute à honorer cette goule insatiable qu'est Stalker, représentent l'unique secret de la longévité d'un blog, sans oublier, tout de même, le fait d'avoir quelque chose à écrire.
Les choses se présentent en effet, désormais, d'une façon lumineusement simple : soit je reçois quelque salaire (le terme de don, d'un point de vue juridique, serait plus correct) pour le travail que je continuerai à accomplir sur ce blog.
Soit je n'en reçois pas et je dois trouver les moyens, forcément extérieurs à l'activité de critique littéraire qui, en France, ne paie guère (1), pour continuer à assurer mes travaux de rédaction et ainsi vivre décemment à Paris et, dans ce cas, je devrais abandonner Stalker, pour la raison qu'il me demande des journées entières de travail (lectures bien sûr, prises de notes, rédaction de la critique proprement dite, relecture, correction, mise en page HTML, choix minutieux de l'iconographie, mise en ligne et publicités sur différents supports, réponses bien souvent très détaillées aux courriels reçus, etc.).
Que je supprime ce blog la mort dans l'âme ou en me réjouissant d'être enfin débarrassé d'un ogre qui dévore mes forces ne changera rien au résultat, que l'on peut résumer de la plaisante façon suivante : marcher (en arpentant la Zone labyrinthique, en continuant de l'alimenter coûte que coûte, en constituant, petit à petit, une espèce de bibliothèque de survie) ou crever (sans avoir pu atteindre, qui sait, la Chambre des miracles, sans avoir pu écrire sur tant d'auteurs et de livres que je découvre ou relis).
Vos avis sont les bienvenus ci-dessous.

Note
(1) Qui ne paie guère, sauf à être une starlette beigbédienne ou moixienne qui multiplie les tribunes ineptes, ou bien un communiste de salon comme Jérôme Leroy qui, lui, possède le don enviable de bi-location, et inonde en conséquence de ses textes Valeurs actuelles ou Causeur dont on peut penser ce que l'on veut, hormis le fait que ces deux titres sont d'inspiration, ou même de tendance, ou même encore de très lointaine extraction communiste.

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