Entretien avec Nils Aucante (25/04/2009)

Crédits photographiques : Babu (Reuters).
Ce petit ensemble de questions et de réponses, mené par Nils Aucante, a paru sur le Web Journal de l'IUT de Journalisme de Cannes. La mode étant aux entretiens plus ou moins inintéressants, signe manifeste, au passage, que l'écriture paraît-il spécifique de la Toile est tout entière ou presque contaminée par le bavardage journalistique, voici un dialogue, qui certes n'a bien évidemment pas l'ampleur de ceux que j'ai pu mener avec MM. Hocquet, Alpozzo, Yanka et quelques autres encore.
Il faut dire aussi que, absolument terrorisé à l'idée que la page qui m'est consacrée sur Wikipédia soit purement et simplement effacée, j'apporte à ma façon des éléments plus ou moins objectifs aux rédacteurs anonymes qui font et défont les gloires électroniques.

Nils Aucante
J'ai lu la note intitulée Five little-known things about myself [note supprimée, NdJA], commençons donc par là. Votre enfance, votre venue au monde de la Littérature. Comment ça se passe ? Est-ce que vous êtes né dans les livres ou est-ce que vous y êtes arrivé par des chemins de traverse ? Est-ce que c'est la littérature qui vous pousse à voler, à casser des voitures, ou est-ce que c'est l'inverse ?

Juan Asensio
Vous ne commencez franchement pas par la note la plus intéressante de mon blog ! Il ne s’agissait là que d’un petit amusement mais enfin, allons-y… Non, je ne suis pas né dans les livres mais, je crois, me suis lentement formé, durant neuf mois, dans le ventre d’une femme, ma mère, dont le père, un ouvrier qui travaillait comme un chien dans «los altos hornos» (les hauts-fourneaux) de Bilbao, une ville à son époque totalement sinistrée, avait coutume de lire, au moins une fois par an, le Don Quichotte du grand Cervantes. Apparemment, a dû s’opérer ce que les spécialistes appellent une forme d’atavisme : ma mère a conservé l’exemplaire de cet immense roman que possédait son père, mort d’épuisement avant ma naissance. C’est sans doute l’un des tout premiers livres que j’ai tenu entre les mains, sans même savoir de quoi il parlait, peut-être même sans savoir lire.
Ayant toujours eu un tempérament violent je crois, surtout jeune puis adolescent, je volais des livres pour les lire bien sûr, et cassais des voitures par bêtise teintée d’une vague identification avec les arsouilles crânes de Jean Genet et de la littérature picaresque. Depuis que je me suis rendu compte que Genet était un truand faisant uniquement frémir les Assis du Flore, je me suis «rangé» des affaires comme on dit…

Nils Aucante
Quel rapport gardez-vous avec vos racines espagnoles, vos parents ? Charles Bukowski disait qu’on reconnaissait un bon écrivain au fait qu’il s’était éloigné de sa famille, et qu’il avait une quantité de problèmes… En général avec la police. C’est votre cas ?

Juan Asensio
Mes parents et mes racines (pour être tout à fait exact, celles-ci sont basques espagnoles) sont deux choses différentes il me semble. J’aime les premiers, il s’agit là d’un présent, je n’ai de cesse de quêter, de mettre à jour, de déterrer en somme les secondes, ce serait plutôt, dans ce cas, un perpétuel avenir se confondant avec le passé, si la logique poétique m’autorise ce genre de pirouette temporelle.
Charles Bukowski, un écrivain que je n’aime absolument pas, a dit bien des bêtises, aviné ou d’ailleurs… à jeun : selon ses critères stupides, je puis donc, sans doute, être considéré comme un mauvais écrivain puisque mes problèmes sont ceux de n’importe quel Français. Désolé de ne pas être quelque beau ténébreux immortalisé par Julien Gracq, même si celui-ci a créé un fantôme bavard plutôt qu’un vrai personnage romanesque en s’inspirant de la légende d’Amadis de Gaule !

Nils Aucante
Julien Gracq et, je vous cite, ses «livres vaporeux […] qui, stricto sensu, ne nous apprennent rien sur le cœur des ténèbres, comme le disait Conrad, de l’homme» : ils étaient cependant, par beaucoup, considérés comme les restes de la «vraie Littérature française». Il y a un an presque jour pour jour, sa mort a fait couler les dernières larmes de ceux-là. Quelques semaines plus tôt, Don Morrisson, journaliste au Time Magazine, avait publié «The Death of French Culture» (1). Vous qui disséquez «le cadavre de la Littérature», est-ce que vous pensez que cette mort a eu lieu il y a longtemps déjà ? Demeure-t-il quelques rescapés ?

Juan Asensio
À votre dernière question je réponds : oui, bien sûr, car, sans cela, m’acharner à nourrir Stalker, écrire même des ouvrages n’aurait plus aucun sens ! Quelques rares noms d’écrivains demeurent, en France : signalons Guy Dupré, Jean Védrines, Marcel Moreau, Gabriel Matzneff, quelques autres encore, que j’évoque sur mon blog. Mais, effectivement, si je tiens Julien Gracq pour un bon critique et un excellent styliste, c’est en revanche à mes yeux un romancier qui m’a toujours fait, passé le premier moment de ravissement, sombrer dans un ennui profond. Les cas de Michel Houellebecq et de Maurice G. Dantec sont quelque peu à part, puisqu’ils mélangent des qualités, réelles, d’écrivains, avec des dons de polémistes, voire de penseurs (avec Dantec, nous frisons hélas bien trop souvent le domaine du plus pur grotesque) analysant les destinées délétères d’une civilisation, la nôtre, paraissant à bout de souffle, de force et d’âme.
Difficile me paraît, en revanche, le fait de dater, de façon, en somme, clinique, la mort de la littérature française. Il me semble toutefois évident d’affirmer qu’une cassure s’est produite entre la Première et la Seconde guerre mondiale : un écrivain aussi magnifique que Georges Bernanos, qui mourut en 1948, fut, remarquez-le, un auteur dont le premier roman, Sous le soleil de Satan, est né des boues puantes de la Grande Guerre, comme si, en fait, pour rejoindre une idée que développe Guy Dupré, tout s’était joué, en matière de littérature française, non seulement à partir des conséquences du Premier conflit mondial mais en amont de ce dernier, dès la fin du XIXe siècle puis au tout début du XXe, avec l’Affaire Dreyfus (qui, toujours selon Guy Dupré, épuisa la France). Cette réponse à une question aussi difficile que passionnante, j’en ai bien conscience, est fort sommaire et mériterait, à elle seule, de longs développements.
Je me suis beaucoup amusé en constatant que l’article que vous citez, plutôt approximatif dans ses affirmations, avait déchaîné l’ire de nos petits journalistes germanopratins, qui ne sont jamais en reste lorsqu’il s’agit de décrier, chez leurs confrères d’outre-Atlantique, des défauts qu’ils illustrent avec une constance et une conviction remarquables dans les colonnes des principaux (je reste dans l’euphémisme) quotidiens de l’Hexagone : imprécision, amateurisme, informations non recoupées, bidonnages manifestes, renvois constants et éhontés d’ascenseurs, ce que j’ai surnommé «l’entreléchage», etc. Quoi qu’il en soit, Don Morrisson a bien évidemment raison quant à la justesse de son constat pas même pessimiste, à mon sens en dessous de notre triste réalité, de la pathétique réalité des lettres françaises. Avant que l’on ne m’accuse de pessimisme, de réaction ou je ne sais quoi, disons, des «injures» classiques qui remplacent les arguments, je précise immédiatement que je ne partage absolument pas l’enthousiasme de certains lecteurs français (surtout : éminemment parisiens) pour des auteurs anglo-saxons, à mon sens surestimés, tels que Brian Evenson, William H. Gass, Thomas Pynchon, Don DeLillo ou encore William T. Vollmann. Je me dois d’être parfaitement clair : le plus mauvais des livres d’un Vollmann vaut bien quelques bouquins d’Amélie Nothomb, Florian Zeller, Chloé Delhaume et Christine Angot réunis. Reste qu’eux-mêmes sont des nains, prolifiques (pour certains) et doués (pour tous) si l’on veut mais des nains quand même, si on évoque le nom d’un écrivain au moins aussi avare que Pynchon en confidences et beaucoup plus intéressant que lui, récemment sorti de l’ombre par la magie frelatée de l’adaptation cinématographique de quelques-unes de ses œuvres. Peut-on ainsi comparer les auteurs que j’ai cités avec le plus grand des écrivains d’Amérique du Nord encore vivant, Cormac McCarthy, un auteur qui, pour dire les choses simplement, ne se contente pas de jouer jusqu’à la nausée avec les signifiants et les signes mais propose, comme tout véritable grand romancier d’ailleurs, en digne héritier de Melville et de Faulkner, une vision métaphysique, voire religieuse, de nos existences ?
Je pourrais établir le même constat en mettant en balance, d’un côté, les ridicules bouquins d’un Le Clézio, d’un Sollers, d’un Meyronnis et de tant d’autres face à des auteurs sud-américains tels que Roberto Bolaño, auteur du génial 2666 , ou encore Ernesto Sábato, romancier n’ayant écrit que trois romans.

Nils Aucante
Je parlais il y a quelques semaines avec Frédéric Ferney, journaliste qui se veut critique littéraire, de la politique en Littérature. Il soutenait dur comme fer qu’Aragon était un auteur de droite, en m’en récitant quelques lignes il me disait « Un auteur de gauche ne peut pas écrire des choses comme ça !». J’ai quelques doutes à ce sujet. Il en est venu à la conclusion suivante « On peut être de gauche et aimer des écrivains de droite et inversement». Les auteurs que vous prenez plaisir à disséquer sont classés (à juste titre ou non d’ailleurs) de droite, d’extrême droite ou royalistes pour la plupart (je parle des auteurs français). Est-ce que vous aimez plutôt les auteurs de votre bord politique (si vous en avez un) où est-ce que vous allez dénicher vos bijoux littéraires chez l’ennemi ?

Juan Asensio
Frédéric Ferney n’a rien inventé : c’est un vieux poncif littéraire que de penser que le beau style est de droite plutôt que de gauche même si, depuis l’époque où Albert Thibaudet (2) exerçait ses talents de critique, les choses ont quelque peu changé, c’est le moins que l’on puisse dire en constatant que le petit monde des lettres parisiennes, du moins celui qui a ses entrées et relais dans la presse, est tout entier ou presque de gauche, et cela, comme il se doit, sans éprouver le moindre complexe !
Ces classifications, à l’origine purement spatiales je vous le rappelle, sont toutefois diablement réductrices car, voyez-vous, nous sommes toujours à gauche (ou à droite) de quelqu’un ! Deux exemples illustrent mon propos : André Gide, un écrivain que nous pourrions classer, avec toutes les précautions d’usage, à gauche, a été, dans son écriture, l’un des plus fervents conservateurs des formes (surtout romanesques) qu’il a reçues de ses prédécesseurs alors que Paul Valéry, plutôt de droite, n’a cessé d’être une espèce aussi bizarre qu’intellectuelle de révolutionnaire (certes de salon) !
J’aime les auteurs qui sont incapables de borner leur regard à la contemplation de leur nombril, autrement dit, comme l’écrivait Paul Gadenne, les auteurs qui scrutent l’horizon et admettent que la description de l’homme a plus d’intérêt si celle-ci lui suppose une dimension verticale plutôt qu’horizontale : si c’est cela, pour un auteur, être de droite alors, oui, je n’ai aucun mal et encore moins de honte à affirmer que je fais mes délices d’auteurs de droite, quitte à choquer les imbéciles avec ce gros mot, presque équivalent, dans leur esprit étriqué, à celui de réactionnaire. Je suppose que, en flanquant la littérature d’une majuscule, vous placez vous aussi cette dernière à une certaine hauteur et n’admettez pas qu’elle soit réduite, par quelques petits nabots sollersiens, à un vague jeu de mécano n’est-ce pas ?

Nils Aucante
Je flanque une majuscule au mot littérature car je ne peux la concevoir sans, comme je ne peux concevoir l’art en bas de casse. J’exècre comme vous ces «petits nabots». Cependant, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous en ce qui concerne Sollers. Autant ses romans ne me font pas ressentir le moindre miasme de quelque plaisir que ce soit, autant je le trouve pertinent lorsqu’il se fait «journaliste». Je considère par exemple que certains de ses articles parus dans La guerre du goût ou dans son Éloge de l’infini sont extrêmement intéressants et bien écrits. Alors oui ses romans se résument à un jus pas très clair de Bataille pressé et de Proust en rondelles, mais je le considère tout de même comme un homme de lettres. Homme de lettres, il est vrai trop attaché à ses bouteilles de vin millésimé pour se séparer de ses fidèles lectrices genre Nouvel Obs. Vous avez, avec votre blog, fait un choix bien différent du sien. Vous avez fait le choix (je me trompe peut-être) de ne rien gagner d’une grande partie de votre travail. Comment faites-vous pour survivre ? Les livres coûtent cher : j’imagine toutefois que vous avez changé et que, désormais, vous ne les volez plus?

Juan Asensio
Jeune, j’ai beaucoup lu les livres, justement volés, de Sollers. Puis, ayant découvert assez tôt des auteurs comme Kafka, Dostoïevski, Faulkner ou encore Conrad et Bernanos, d’un seul coup (l’image est juste), je n’ai plus lu, et ce durant des années, une seule ligne écrite par Philippe Sollers. Vous défendez ses textes critiques : relisez donc sa creuse et inutile Théorie des exceptions… Ne souhaitant point répéter en quelques lignes ce que j’ai développé en plusieurs textes, je renvoie vos lecteurs à mes textes contre Philippe Sollers, que j’ai surnommé le «meilleur de nos plus mauvais écrivains», vous m’accorderez que c’est là tout de même lui accorder un certain crédit.
Les livres coûtent cher oui, mais je dépense sans compter dans ce domaine : parfois, je m’offre même le luxe d’une petite folie, dénichant, à prix d’or, un vieil exemplaire original d’un traité de démonologie. Très rarement tout de même, je vous rassure (ou vous inquiète), puisqu’il n’est pas étonnant que les prix atteignent, avec ce type d’ouvrage, plusieurs milliers d’euros. La somme vous semblera peut-être colossale. Elle l’est après tout mais puisque je l’ai gagnée, je ne vois pas bien quel tartuffe adepte de communisme intégral comme on l’est de nudisme pourrait m’en faire le reproche.
Vous avez raison de préciser que mon blog ne me rapporte pas un centime d’euro. Les seuls avantages matériels que j’en retire sont les ouvrages que je reçois, à condition que j’en fasse la demande, par le service de presse de presque toutes les maisons d’édition , qui heureusement commencent à comprendre que la critique littéraire de qualité a trouvé son nouveau lieu d’élection sur la Toile . De toute façon, ayant posé l’équation de toutes les façons possibles, je ne trouve point de solution à ce dilemme qui s’est posé à toute personne à peu près libre : accomplir une tâche purement alimentaire, ce qui est mon cas, et jouir ainsi d’une liberté de ton totale dans une tâche annexe (et bien sûr essentielle, vitale à mes yeux) ou travailler dans un des domaines (disons, le professorat, la presse papier ou l’édition) où je pourrais exercer mes compétences mais où je devrais, prudemment, fermer ma gueule.

Nils Aucante
Mais alors, pardonnez mon indiscrétion, comment le gagnez-vous cet argent ? Et quel rapport vous avez avec celui-ci ? C’est quoi votre train de vie Juan Asensio ? Plutôt Walden et la vie dans les bois ou côtoyez-vous certains cercles littéraires et autres soirées parisiennes ? Vous ne faites pas partie de ceux-là ? Rassurez-moi !

Juan Asensio
Je vous rassure, non, je ne fais partie d’aucun de ces raouts journalo-mondains, si typiquement parisiens, qui décident des livres qui marcheront et de ceux qui ne marcheront pas, comme disent ces paons… Mon rapport à l’argent est ou devrait être celui de toute personne normalement constituée : sans lui, on vit, plus sûrement que dans les bois, sous un pont ou dans la rue, ce qui, après tout, dans certains cas seulement, est ou peut être un choix ; avec lui, on peut tenter de vivre décemment sans vouloir à tout prix en gagner davantage. J’ai travaillé près de huit années dans une société de Bourse, pour l’analyse financière et la vente Actions, en tant que secrétaire de rédaction (le terme exact était : responsable de la qualité rédactionnelle ; le terme s’approchant le plus de la vérité était : nègre) dépendant d’une grande banque : c’est d’ailleurs depuis le lieu même de mon travail que j’ai rédigé l’essentiel des notes composant Stalker.
Mon train de vie ? Que voulez-vous qu’il soit puisque je ne traîne dans aucune coterie ? Il est donc modeste, sauf dépense somptuaire exceptionnelle par essence, que je m’accorde une fois tous les trente ans et que je ne dois qu’à mes seuls efforts ! Pas de quoi rivaliser, vous le voyez, avec les fastes d’un Bernard-Henri Lévy, ceux d’un Philippe Sollers ou même de celui que Michel Houellebecq a surnommé son ténia personnel, Pierre Assouline, grand seigneur ayant son trône plénipotentiaire de carton-pâte sous les ors du Lutetia.
Je ne suis, pour paraphraser Philip K. Dick, que maître en mon haut-château, la Zone (l’autre nom de Stalker, référence transparente au chef-d’œuvre de Tarkovski bien sûr) mais elle est, du moins pour le moment, imprenable. Voilà qui est un royaume beaucoup plus étendu que les plates-bandes où Assouline déterre, à longueur de notes, des courges et des navets publicitaires !

Nils Aucante
Êtes-vous complètement seul dans cette aventure qu’est Stalker ? Et, à plus large échelle, êtes-vous seul dans l’aventure de votre vie, assez décalée ou Carrie-Ann Moss vous y a-t-elle rejoint ?

Juan Asensio
Oui, absolument, avant Dieu même, seul maître à bord ce qui, je vous le disais, est une liberté inappréciable, à vrai dire tout simplement exceptionnelle ! Cependant, ma politique éditoriale a toujours été d’accueillir dans la Zone des textes de qualité de contributeurs connus (Gabriel Matzneff, Alexandre Del Valle et plusieurs dizaines d’autres noms) ou inconnus. N’ouvrant que rarement les commentaires de mes notes, lesquels ne représentent que bavardage et perte de temps, j’ai en revanche estimé que je me devais, par simple honnêteté intellectuelle, de publier des textes argumentés qui critiqueraient intelligemment les miens ou les positions d’autres rédacteurs. C’est ainsi ce que j’ai fait avec la question de la Constitution européenne ou bien lors des émeutes des banlieues en France, avec les contributions (les opinions qui y sont exprimées sont pour le moins parfois radicalement antithétiques), de MM. Francis Moury, Serge Rivron, Raphaël Dargent, Moussa Diabira, Sébastien Bret et Georges Kaplan .
Une autre façon de vous répondre est de vous faire remarquer que toute prise de parole publique échappe, pour le meilleur ou bien le pire, à son auteur : Stalker compte ainsi un nombre très appréciable de lecteurs, qui sont de plus en plus, je m’en réjouis, des lecteurs étrangers. Reste à savoir si Carie-Ann Moss m’a effectivement lu… Qui sait, avec la Toile ?

Nils Aucante
Où en êtes-vous, justement, avec Dieu ?

Juan Asensio
Voyons mon cher, croyez-vous vraiment que je vais répondre, en deux petites phrases, à pareille question qu’une vie entière, plusieurs même, n’épuiseraient évidemment pas ?

Notes
(1) Don Morrisson, «The Death of French Culture», Time Magazine, 21 novembre 2007.
(2) «Les idées de droite, exclues de la politique, rejetées dans les lettres, s’y cantonnent, y militent, exercent par elles, tout de même, un contrôle, exactement comme les idées de gauche le faisaient, dans les mêmes conditions, au XVIIIe siècle, ou sous les régimes monarchiques du XIXe siècle», in Les Idées politiques de la France (Stock, 1932), p. 32.

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