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Juan Asensio


Pourquoi avoir choisi le stalker comme représentant de notre monde malade et, plus trivialement, comme transparent pseudonyme ?


D'abord, celui-ci est un craintif et un doux, immensément respectueux des dangers foudroyants de la Zone, qu'il ne peut se résoudre à ne plus arpenter. Il avance donc à pas de loup, vers la Chambre des miracles qui, il en est certain, permettra aux deux hommes qui l'accompagnent de réaliser leurs vœux. Ils manqueront de courage et le stalker cèdera alors au désespoir. Dans un monde pourri duquel Dieu s'est retiré, les hommes, lâches plus qu'incrédules, ne parviennent plus à se comprendre alors que la Parole paraît s'être tue dans leur âme (et sans doute dans leurs oreilles aussi, comme le génial Basque José Bergamín le notait malicieusement...). S'ils savaient écouter, ils comprendraient que la Zone, qui est l'endroit le plus silencieux de la terre, ne peut offrir que ce qu'on lui donne.


Je n'ai pas besoin d'insister sur la beauté du film de Tarkovski ni de faire remarquer que, sans doute, The Thin Red Line de Malick peut être interprété comme une transposition du film du cinéaste russe : ainsi assistons-nous à un dévoilement progressif de l'âme des différents personnages, à mesure qu'ils pénètrent dans une Zone meurtrière qui, comme celle qu'explore le stalker, ne livrera aucun de ses mystères...


Quelques lignes seulement suffiront donc à mes lecteurs, sans que je puisse m'empêcher de leur faire remarquer qu'une morale peut être tirée de ce très bref rapprochement : la Critique contemporaine, ironiquement majusculée par Barbey, crève de ne plus être capable de brasser une multitude d'œuvres et, ce faisant, d'établir de secrètes correspondances entre elles... Un autre enseignement, plus anecdotique sans doute qu'il n'est réellement caché, réside dans un détail fort trivial, puisque le stalker qui arpente la Zone littéraire est incapable lui aussi de faire le dernier pas, celui qui le conduira dans la Chambre convoitée par tous...


 Brève présentation bio-bibliographique*


n737983507_1993664_3276.jpgNé le 18 mars 1971 à Lyon. Après des études à l'Externat Sainte Marie jusqu'en classe de khâgne, cubée, inscription à l'Université Lyon 3 puis en thèse de doctorat sous la direction de Monique Gosselin-Noat (Université de Paris X-Nanterre), menant une recherche, abandonnée en cours de route (au motif que son sujet avait déjà été... étudié), sur la figuration du diable dans les romans de Georges Bernanos, Julien Green et François Mauriac. Fréquentation, durant les années 1990, de la rédaction de la revue Immédiatement, où il se lie d'amitié avec Sébastien Lapaque, dont il saluera le premier ouvrage, Georges Bernanos encore une fois. Étudiant inscrit en Lettres modernes et en Philosophie à l'Université Jean Moulin-Lyon III, il crée avec Gaël-Olivier Fons les revues Dialectique et Les Brandes dont il est, pour cette dernière, l'unique rédacteur. Dès son arrivée à Paris, il travaile dans une société de Bourse en tant que chargé de la qualité rédactionnelle (secrétaire de rédaction, rédacteur, voire nègre) pour le bureau de l'analyse financière et la vente Actions, tout en continuant ses activités littéraires, notamment par la publication d'un essai sur l'œuvre de George Steiner (La Parole souffle sur notre poussière, L'Harmattan, 2001), d'un recueil de textes consacrés à l'étude du démoniaque dans la littérature (La Littérature à contre-nuit, A contrario, 2005; réédition Sulliver, 2007) ainsi que par la création en mars 2004 de son blog, Stalker.


Ce  spécialiste de Georges Bernanos a écrit ou écrit dans divers hebdomadaires et revues, dont Valeurs atuelles, Études, Le Spectacle du monde, L'Atelier du roman, Contrelittérature, Études bernanosiennesImmédiatement, Cancer!, Les Provinciales, La Revue des deux Mondes. Il a été également membre du comité de rédaction de la revue Esprits libres dirigée par Nathalie Sarthou-Lajus et Chantal Delsol et de Libres dirigée par Raphaël Dargent.


 


 Bibliographie.



  • Essai sur l'œuvre de George Steiner : La Parole souffle sur notre poussière, L'Harmattan, 2001.

  • Dossier H Pierre Boutang, sous la direction d'Antoine Joseph Assaf, L'Âge d'Homme, 2002.

  • Cahier de l'Herne George Steiner, sous la direction de Pierre-Emmanuel Dauzat, L'Herne, 2003.

  • Dossier H Joseph de Maistre, sous la direction de Philippe Barthelet, L'Âge d'Homme, 2005.

  • Vivre et penser comme des chrétiens, sous la direction de Jacques de Guillebon, A contrario, 2005.

  • La Littérature à contre-nuit, A Contrario, 2005 ; Éditions Sulliver, 2007. (Essais sur le démoniaque et la littérature, Trakl, Bernanos, Rops, Goya, Hello, Gadenne, McCarthy, Maistre, etc.).

  • La Critique meurt jeune, Le Rocher, 2006. (Essais sur Scholem, Steiner, Dantec, Bernanos, Bloy, Dick, Broch, Faulkner, Tarkovski, Boutang, Conrad, Dostoïevski, etc.).

  • Maudit soit Andreas Werckmeister !, La Nuit, 2008.

  • Estudos em torno de George Steiner, sous la direction de Ricardo Gil Soeiro, Roma Editora, 2009.

  • La Chanson d'amour de Judas Iscariote (Le Cerf, 2010).

  • Les Infréquentables, projet abandonné, faute d'éditeur. Le dernier d'entre eux, représenté par le clown professionnel qu'est Gilles Cohen-Solal, un homme prodigieusement bavard mais pourtant sans parole, aura finalement eu raison de ma patience.

  • Préface de L'Imposture de Georges Bernanos au Castor Astral (2010).

  • The Wounds of Possibility. Essays on George Steiner (sous la direction de Ricardo Gil Soeiro (Cambridge Scholar Publishing, 2012).


* Informations reprises en partie sur la page Wikipédia qui m'est consacrée.


 Contact : juanasensio@hotmail.com