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01/05/2012

La Répétition de Sören Kierkegaard

Crédits photographiques : Kevin Winter (Getty Images).

Quelle espèce de ruse profonde, diabolique dans son essence et inquiétante dans ses manifestations se cache dans La Répétition que Kierkegaard fit paraître en 1843 sous l'un de ses pseudonymes, Constantin Constantius, au même moment que paraît son ouvrage le plus connu, Crainte et Tremblement publié par Johannes de Silentio, et alors même qu'il tente de persuader son entourage qu'il mène une vie dissolue pour ainsi convaincre l'Aimée qu'elle n'avait décidément rien perdu en perdant cet intellectuel volage ?
Cette ironie, cette ruse que l'on pourrait qualifier, bien plus que de socratique, de démoniaque puisqu'elle va jusqu'à délivrer des conseils de rupture (cf. p. 49) au jeune homme désireux d'éconduire sa promise, ne doit pas nous faire penser qu'en écrivant son livre, Kierkegaard n'aurait fait que proposer la commode, esthétique et dialogique exposition d'une multiplicité prétendue de personnalités contradictoires et refuser ainsi de s'exposer à la corne de taureau de sa géniale témérité, réservant cette dernière pour l'un ou l'autre de ses masques érudits et bavards. Apprenant que Régine allait se marier, Kierkegaard déchira plusieurs pages du manuscrit de La Répétition et se répandit en notations peu amènes sur celle qui fut sa fiancée et sur l'essence féminine, si coupablement volage.
Parions donc sur le contraire de la légèreté des jeux pseudonymiques, c'est-à-dire sur l'extrême gravité des faits, et admettons que Karl Ejby Poulsen, dans la belle préface qu'il donne au volume édité par Rivages poche (1), a parfaitement raison d'insister sur la dimension profondément humaine du texte de Sören Kierkegaard et, au-delà du livre matière à commentaires et gloses sans fin, de ce qu'il a livré de lui-même en l'écrivant : «Avec [ce livre] nous plongeons dans le trou noir, qui traverse toutes les lignes de défense ironico-humoristes et fait de son auteur une exception, un de ceux à qui cela est advenu. Un de ceux qui, n'appartenant plus à la communauté des gens ordinaires, parlent pourtant en leur nom [...]. Un de ceux qu'on peut vraiment appeler mon frère, mon confident» (pp. 19-20).
Étrange communauté qui ne peut en toute déraison se fonder que sur la malédiction d'un des siens, le grand Jan Patočka se souviendra peut-être de l'exemple terrifiant de Kierkegaard lorsqu'il évoquera une communauté des ébranlés dans ses Essais hérétiques dont l'horreur de la guerre sera le ciment. Le philosophe danois, après tout, a dû lui aussi lutter contre un ennemi intime contre lequel il semble avoir dirigé toutes ses armes, écharde dans la chair ou culpabilité d'être le fils d'un homme ayant lancé ses malédictions contre Dieu : «Terrifiante pensée que cet homme qui, petit garçon, gardant les moutons sur la lande jutlandaise, misérable, souffrant de la faim et du froid, monta sur une colline et maudit Dieu – et homme, parvenu à l'âge de quatre-vingt-deux ans, ne put oublier cela» (Pap VII A 5).
Le ciment de la communauté paradoxale que tente de définir Kierkegaard semble encore plus friable, puisqu'il s'agit de notre liberté devant Dieu, et du sérieux de notre vie. Ainsi, Jean Brun écrit-il que la «répétition exprime l'éternel présent de ce qui a été et qui demeurera quoi que je fasse», un amour ne se répétant pas «dans d'autres amours», mais se répétant «en lui-même; il ne meurt pas comme le Phénix : il trouve en lui la force de renaître lorsqu'il risque de mourir» (2).
Curieuse sympathie, sympathie coupable même, que celle que nous pourrions être en droit de vouloir adresser à un tel enfant terrible, à sa façon secrète horrible travailleur égaré dans un siècle à mains et surtout, à ventres, qui affirme que les forces de l'esprit sont premières, et immarcescibles, qui vient de rompre (le 11 octobre 1841) avec Régine et tente de lui prouver qu'il n'était qu'un mécréant, un monstre fabuleux, un triton (3) jouant avec son innocence.
Remarquons ainsi la ruse méthodique avec laquelle Kierkegaard s'amuse à définir l'étrange concept de répétition, qui est à peu près tout ce que l'on voudra, y compris une «épouse adorée qui ne vous lasse jamais, car seule la nouveauté est lassante» (p. 31) et aussi la vraie vie réservée à celui qui «ne court pas à la poursuite des papillons tel un garçonnet, ou ne se dresse pas sur la pointe des pieds pour observer les splendeurs de ce monde, car il les connaît» (p. 32).
La répétition, gjentagelse signifiant reprise (des relations), ce concept étrange forgé par Kierkegaard dont certains commentateurs n'hésitent pas à faire le faîte de sa philosophie (4), semble pourtant résister à toute tentative de définition sérieuse, peut-être parce que le philosophe en propose une évaluation en acte, au moment même où, par l'écriture qui est indissociable de sa vie, il met en demeure son lecteur unique, cet Individu absolument libre, de briser les carcans formalistes de la prison hégélienne, contre laquelle il n'a jamais de critiques assez féroces. Comme l'écrit Rachel Bespaloff dans des Notes sur le livre de Kierkegaard, «Toutes les explorations ne nous mènent qu’à des seuils successifs derrière lesquels se reforme, plus dense, le mystère du jaillissement», alors même, poursuit-elle, que l'«absence de chemin est le seul chemin que sa pensée veuille suivre» (5).
De fait, la répétition, à distinguer du ressouvenir bloqué sur le passé, concerne d'abord une réappropriation, celle d'un homme véritablement libre par lui-même, n'hésitant pas à aller «tranquillement son chemin» et refusant de rester assis «telle une vieille femme filant sa quenouille de souvenirs» (ibid.), homme libre aux yeux duquel la femme aimée, qu'il s'agisse de Régine ou, en fin de compte, de n'importe quelle autre femme considérée comme l'Unique, n'est que le moyen d'une conversion, d'une «métamorphose en poète» (p. 41) précise Kierkegaard, qui signera «son propre arrêt de mort», puisqu'elle n'est qu'outil, et outil jetable. L'Unique, l'élue splendide qu'il est impossible d'oublier, n'est qu'une ruse de Dieu, destinée à ravir l'esthète pour le conduire sur les hauteurs où seuls les plus intrépides osent s'aventurer et où peut-être le philosophe lui-même, nous ne le savons pas, n'a pu se rendre. Kierkegaard, jusqu'à sa dernière heure, n'aura vécu et surtout écrit et pensé, admirablement, que pour ce fantôme inoubliable, conférant à cette belle Danoise comme il a dû en exister des centaines (même si la légende nous rapporte qu'elle était la plus belle femme du Danemark) le statut poétique et métaphysique de la Béatrice de Dante.
Cette réappropriation qui, en accordant à la femme seule aimée la plus grande, l'unique place, se passe paradoxalement, au prix de quelles souffrances surmontées, de sa présence physique quotidienne, est d'une essence louche, que bien des points nous inciteraient à rapprocher de l'hermétisme démoniaque tel que le philosophe l'a défini, bien que le rapprochement qu'opère Kierkegaard entre la reprise qui est la réalité, c'est-à-dire le «sérieux de l'existence» (p. 32) et la création continuée de Dieu semble accorder à celle-ci un statut miraculeux, à proprement parler divin.
N'écrit-il pas ainsi que celui qui «sait garder le silence découvre un alphabet possédant autant de lettres que l'abécédaire habituellement en usage; il peut tout exprimer dans son argot de voleurs; il y trouve alors le rire pouvant répondre au soupir le plus profond, le mot d'esprit exauçant la prière la plus importune» (p. 54), le penseur danois ajoutant même que seul «celui qui garde le silence a un avenir devant lui» (p. 53) ? N'affirme-t-il pas encore qu'il peut «faire le tour» de lui-même mais qu'il ne peut en revanche s'élever au-dessus de lui-même, qu'il est incapable de «découvrir le point d'Archimède» (p. 121) et d'accomplir «un mouvement religieux» qui serait contre sa nature (p. 122) ? Le jeune homme dont Constantin Constantius est devenu le mentor ne lui a-t-il pas avoué qu'il avait sur lui un «pouvoir démoniaque qui peut entraîner un homme à tout oser, à trouver des forces qu'en d'autres circonstances on ne possède ni ne désire» (pp. 124-5) et, enfin, ce même Constantin Constantius ne s'adresse-t-il pas à un correspondant en évoquant la pratique de Clément d'Alexandrie, désireux de présenter le christianisme par un enseignement camouflé, incapable d'être déformé par les profanes ?
D'autres signes sont inquiétants, ainsi que la scène où l'amant contemple l'aimée innocente, comme Satan a dû contempler Ève (6) selon Milton, cette même femme n'étant pas «vraiment réelle mais plutôt comme ces mouches artificielles que l'on accroche à un hameçon», puisque Dieu a «utilisé cette fille» pour capturer celui qui désespère d'accomplir la répétition, alors que le narrateur nous déclare qu'il «ne demande rien aux gens si ce n'est le contenu de leur conscience», ajoutant qu'il pèse ce dernier et que «s'il est d'un poids intéressant, aucun prix n'est trop élevé» pour lui (p. 115). Le Démon tiendrait assurément le même discours s'il devait présenter son office à quelque docteur Faust le pressant de questions.
Et cette répétition même, qu'est-elle de plus sinon une impossibilité effective, une perte à l'évidence mais aussi, et plus fondamentalement, une destruction ? : «La seule chose qui se répéta fut l'impossibilité d'une répétition» (p. 97) et : «Après tout, il voulait la répétition et il l'obtint; et celle-ci l'anéantit» (p. 104).
Plus que l'échec ou l'impossibilité de la répétition, c'est la possibilité même de l'imposture (7) qui plane sur la mise en branle, dans l'action de tous les jours, dans la vie quotidienne de l'homme qui s'est, littéralement, repris, le maximum de fausseté étant finalement le signe le plus élevé de satanisme, Satan juge et bourreau de soi-même officiant dans la plus fine pointe d'une conscience qui n'a besoin d'aucune extériorité, comme celle de Cénabre : «Jouer ainsi au héros, non pas aux yeux du monde, mais en son for intérieur, ne pas se prévaloir vis-à-vis des hommes, mais rester emmuré dans sa personnalité; avoir en soi-même son propre témoin, son propre juge, son propre accusateur, être à soi tout seul ce triple personnage !» (p. 126).
Silence, mutisme plutôt, échec de la répétition qui devait garantir la joie et la vie rayonnante, le don de tout ce qui avait été perdu par Job récriminant contre Dieu. En effet, le levier d'Archimède qui permettrait de faire basculer le monde et le désamarrer de sa désespérante réalité n'existe pas ailleurs que dans la temporalité infinie du miracle, qui par essence échappe à la littérature et aussi à l'intelligence la plus intrépide.
Curieuse, diabolique façon que celle de se vouloir évadé alors que la condition de la pensée est celle du condamné à vie, du pauvre hère hurlant sous les cieux pour qu'éclate l'orage et que la pluie tombe sur la terre pulvérulente ! Mais l'orage n'éclate pas : «Quand tout s'est bloqué, lorsque la pensée s'est arrêtée et la langue réduite au mutisme, quand l'explication recule et rentre désespérée chez elle - alors, il faut qu'un orage éclate. Qui peu le comprendre ? Pourtant, qui peut trouver autre chose ?» (p. 161).
C'est la très profonde faille de la géniale pensée de Kierkegaard que de ne pas donner son chiffre, la clé qui permettrait de la décrypter dans une salle de classe ou un amphithéâtre. Comme il a dû s'amuser à clore son livre sur l'absence même de toute répétition, un miracle intérieur, celui du vrai croyant ou de l'imposteur le plus accompli, jamais nous ne le saurons et peu nous importe ! : «Quand je rentre chez moi, personne n'ausculte ma mine, personne ne scrute ma physionomie, personne ne tente d'arracher à mon être une explication que moi-même je ne saurais donner, ignorant si je suis heureux dans ma joie, ou bien plongé dans la détresse, si j'ai gagné ma vie ou si je l'ai perdue» (p. 175).
Il se peut donc que la parturiente n'ait pu accoucher (8) et que le rêve de libération du jeune homme ne soit le résultat que d'un délire passager : «C'est fini, ma barque est à flot, dans une minute je vais toucher ces rives que convoitait tant l'ardent désir de mon âme, là où les idées bouillonnent dans la violence des éléments, où les pensées se déchaînent avec fracas comme les peuples au temps des migrations, là où nous règne en d'autres temps que la sérénité, comme le profond silence de l'océan Pacifique, un silence tel que l'on peut s'entendre soi-même parler, même si le mouvement ne se produit qu'au tréfonds de votre âme; là où l'on engage sa vie à chaque seconde pour la perdre, puis la regagner de nouveau» (p. 174).
Il se peut donc encore que la répétition kierkegaardienne, en dépit de la fidélité jurée à Régine par le philosophe dans ses écrits les plus intimes (9), ne soit qu'un des masques tentateurs de la répétition désespérée telle que Gabriel Marcel la définit très justement dans Homo Viator : «Le désespéré ne contemple pas seulement, il n'a pas seulement devant lui cette répétition morne, cette éternisation d'une situation dans laquelle il est pris comme une barque est prise dans les glaces; par un paradoxe malaisément concevable, il anticipe cette répétition, il la voit dans l'instant même, et il possède en même temps l'âcre certitude que cette anticipation ne le dispensera pas de continuer à vivre l'épreuve au jour le jour, indéfiniment, jusqu'à cette extinction qu'il anticipe aussi à vrai dire, mais non comme un remède : comme un suprême outrage au disparu auquel son deuil assurait encore malgré tout une ombre de survivance. Le désespoir se présente bien ici comme un enchantement, ou plus exactement comme un maléfice, l'action maléfique portant sur ce que je me contenterai d'appeler la substance même de ma vie» (10).
Il se peut enfin que Kierkegaard nous renvoie au mystère de notre propre intériorité en nous cachant la part la plus essentielle de sa souffrance et que, de fait, il nous soit impossible d'affirmer quoi que ce soit concernant la réussite ou l'échec de la reprise tant que celle-ci reste pour les lecteurs du philosophe un mot parmi tant d'autres : «Après ma mort, personne (et c'est là ma consolation) ne trouvera dans mes papiers une seule indication sur ce qui a proprement rempli ma vie; ne trouvera la note gravée au plus profond de moi-même, qui explique tout et fait souvent de ce que le monde appelait des bagatelles, des événements pour moi d'une immense importance, et une bagatelle à mes yeux, quand j'enlève la note secrète qui l'explique» (11).

Notes
(1) Collection Petite Bibliothèque, traduction du danois par Jacques Privat, 2003. Toutes les références entre parenthèses renvoient à cette édition.
(2) Introduction au cinquième volume des Œuvres complètes de Sören Kierkegaard. La Répétition. Crainte et tremblement. Une petite annexe (traduction du danois de Paul-Henri Tisseau et Else-Marie Jacquet-Tisseau, Éditions de l'Orante, 1998), p. XIX.
(3) «J’avais pensé reprendre Agnès et le Triton d’un aperçu qui n’a sûrement pas levé dans la tête d’un poète. Le triton est un séducteur, mais une fois gagné l’amour d’Agnès, il en est si touché qu’il veut lui appartenir sans réserve. – Mais c’est là ce qu’il ne peut, il lui faudrait alors l’instruire de toute sa triste existence, qu’à certaines heures il est un monstre, etc. L’église ne peut pas les bénir. Alors il désespère, plonge de désespoir jusqu’au fond de la mer et y demeure, mais fait croire à Agnès qu’il n’a voulu que la tromper.
Voilà de la poésie ! et non ces pauvres et piètres bavardages, ne traitant que de farces et de balivernes.
Un nœud de cette sorte ne se laisse défaire que par la religion (qui tire de là son nom parce qu’elle lie et délie tout enchantement) ; si le triton pouvait croire, sa foi peut-être le transformerait en homme», IV A 113, Journal (extraits), 1834-1846 (Gallimard, 1986), p. 283.
(4) Nelly Viallaneix écrit ainsi : «Toute l’œuvre de Kierkegaard prend ainsi l’aspect d’un grand opéra du mouvement de la reprise», in La Reprise par Constantin Constantius (traduction et notes de Nelly Viallaneix, Flammarion, 1990, coll. G.F.), p. 41.
(5) Cheminements et Carrefours [1938] (Vrin, 2004), pp. 122 et 125.
(6) «On n'éprouve pas soi-même une telle chose, mais si votre bon génie vous révèle où elle se cache, alors gardez-vous de la blesser et de contrarier votre génie. N'aurait-elle fait que soupçonner ma joie secrète à demi enflammée, tout aurait été perdu et irréparable, même avec tout son amour» (p. 92).
(7) «Que veut dire le mot imposteur ? Cicéron ne dit-il pas qu'on le démasque en lui posant la question : cui bono ?» (p. 142) et : «comment suis-je donc un imposteur en montrant ma fidélité par ma tromperie ? Pourquoi doit-elle avoir raison, et moi tort ? Quand nous sommes tous deux sincères, pourquoi alors dire dans la langue des hommes qu'elle est fidèle et moi un imposteur ?» (p. 143).
(8) Je reprends l'image utilisée par Kierkegaard, page 174 de son livre.
(9) «C'est elle que j'aimais. Ma vie accentuera sans faille la sienne, mon activité d'écrivain pourrait également être considérée comme un monument à son honneur et à sa gloire. Et moi qui, mélancolique, n'avais qu'un désir : la charmer; là je marche à ses côtés; comme un maître de cérémonies je la conduis en triomphe et dis : s'il vous plaît, faites un peu de place pour elle, pour notre propre, chère, petite Régine», Sören Kierkegaard, Carnet de notes 15, 24 août 1849, Sören Kierkegaard Skrifter, bd. 19, Sören Kierkegaard Forskningscentret, Gads Forlag, Copenhague, 2001, cité en note de notre édition, p. 26.
(10) Homo Viator (Association Présence de Gabriel Marcel, 1998), dans un texte intitulé Esquisse d'une phénoménologie et d'une métaphysique de l'espérance, p. 54.
(11) Pap. IV A 85, cité in Post-scriptum définitif et non scientifique aux Miettes philosophiques, OC (Éditions de l'Orante, trad. De Paul-Henri Tisseau et Elsa-Marie Jacquet-Tisseau, t. X et XI, 1977), fragment 85, p. 74.