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04/12/2004

Le stalker enrôlé par le Bureau des sabotages

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« Quand les moyens de la violence sont répandus partout, rien n’est plus dangereux pour les puissants que de semer la haine et l’injustice, car l’injustice et la haine à leur tour appelleront d’inévitables représailles. »
Manuel du BuSab (ou Bureau des Sabotages), Frank Herbert, Dosadi.


Ah !, tout de même, quelques renforts viennent appuyer l’infiltration du stalker dans les dédales ennemis de la Matrice immense (certains murmurent même que, comme la Nef de L’Incident Jésus d’Herbert, nul n’a pu voir la Machine dans sa terrifiante totalité) qui, comme Ulysse, n’en finit pas de chercher. Chercher quoi ? Elle cherche, voilà tout. Oui cher stalker, elle cherche, c’est entendu, mais quoi je vous prie ? Mais rien voyons : elle cherche, elle CHERCHE je vous dis, rien de plus… Son Créateur peut-être, comme le montrent tant d’œuvres inspirées de la littérature et des ar… ?, crut bon d’ajouter l’ami du stalker avec un sourire entendu avant que ce dernier ne lui réponde, faisant un geste expressif de la main qui congédiait d’un revers sa naïveté : Grands dieux non mon ami, c’est même la seule chose, le seul être qu’elle n’a aucune envie de chercher… et encore moins de trouver, ajouta-t-il après quelques minutes devant son interlocuteur, qui peut-être avait ce visage, celui, que j’aime, du vrai chercheur, c’est-à-dire de celui qui se bat contre les inerties et les inamovibles décrets de la Machine. Il s’épuisera puis se noiera dans ce vain combat qui n’en est d’ailleurs même pas un puisque la Machine, comme une putain, ne combat pas : elle avale puis oublie.
Voici donc quelques précieux soutiens, sous les plumes, tour à tour ironique et attendrie, d’Olivier Bruley (qui a écrit un sonnet intitulé Lettre de l’Arrière), savante et digressive, de Dominique Autié (A ceux du front) et, faussement assoupie, de Brice Noval (Lentement, un blogueur se réveille). Enfin, outre le courriel d’hier de Serge Rivron, celui de Tibolano, que je remercie vivement.

Qu’on me comprenne bien. Nulle volonté, je vous prie, d’enrôler qui que ce soit, surtout des personnes que je respecte pour ce qu’elles écrivent en toute liberté. Nulle couardise aussi du fantassin qui se serait subitement avisé d’avoir pénétré dans une Zone de laquelle, pris au piège, il ne pourrait plus s’échapper, en tous les cas sans avoir reçu de graves blessures (celles-là même qui lui assureraient auprès des femmes, comme Rimbaud revenu du Harrar, un prestige inégalé, que ne lui pardonneraient pas les planqués, ceux de l’Arrière…).
Ceux qui méprisent mes efforts reconnaîtront au moins ce don énigmatique : je frappe fort et n’ai jamais eu besoin de me forcer pour exercer mes talents de saboteur. Bien sûr, inutile de préciser que je suis prêt à recommencer quelque opération d’infiltration, où que ce soit, dans le Ventre mou et ignoblement repu de Libération, dans le fond de bidet aigri où poussent quelques turgescents et dolents pissenlits qui n’en finissent pas de chercher (quoi ?, c’est la question sans réponse…) ou même, mais il faut alors qu’une bombe de fraîcheur assainisse la puanteur de marécage qui y flotte comme une nappe lourde, sur les forums les plus incroyablement débiles de la Toile et/ou vulgaires.

Enfin, je suis pour le moins étonné que certains, sans doute les plus mauvais de mes lecteurs, n’aient guère ou pas du tout compris qu’il y avait de l’humour dans mon appel sous les drapeaux, clamant qu’ils n’avaient pas à m’obéir et encore moins à s’enrôler dans une armée de l’ombre partie combattre un ennemi qui n’était pas le leur… Du calme mes agneaux, ce n’est tout de même pas l’amoureux transi que je suis des animaux qui vous réclamerait un sacrifice d’un tel paroxysme et d’ailleurs, sans doute, nullement propitiatoire.
Bizarre tout de même car, si combattre le principe même, immonde, qui consiste pour un imbécile à se parer d’une caution scientifique qui lui permet de faire dire aux mots et aux textes le contraire de ce qu’ils signifient, est une cause à vos yeux qui ne mérite pas de sacrifier quelques minutes de temps très précieux, je me demande bien ce qui vous fera réagir.

Cette fois, fatigué, je me tais et pars me reposer et lire quelques livres à Lyon, cette bonne vieille ville naguère mystérieuse, cossue et taciturne qui, à présent, n’est que le prétentieux modèle réduit d’un Paris éternellement festif.

Tout se perd et surtout, parce qu'elle est éminemment fragile, l’âme inquiète d’une ville.