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03/09/2019

Troisième nuit de Walpurgis de Karl Kraus

Crédits photographiques : Daniel Ochoa de Olza (AP Photo).


415QCQRRJEL._SS500_.jpgÀ propos de Karl Kraus, Troisième nuit de Walpurgis, traduit de l'allemand par Pierre Deshusses, préface de Jacques Bouveresse («Et Satan conduit le bal...». Kraus, Hitler et le nazisme), Éditions Agone, Marseille, coll. Banc d'essais, 2005.
LRSP (livre reçu en service de presse).

Signalons également le sobre essai cinématographique de Frédéric Choffat, Walpurgis, édité par Les films du Tigre, riche d'une lecture du texte de la Troisième nuit de Walpurgis donnée par José Lillo ainsi que d'une conférence sur Karl Kraus prononcée à Lausanne par Jacques Bouveresse.

«Une fois chaque année, le 30 avril, revient la nuit de Walpurgis. La nuit où, selon la croyance populaire, les fantômes se libèrent. Mais il y a également des nuits de Walpurgis d'ampleur cosmique [...]. Elles sont trop espacées dans le temps pour que les hommes s'en souviennent, de sorte qu'elles apparaissent à chaque fois comme des phénomènes inédits et inouïs.»
Gustaw Meyrink, La Nuit de Walpurgis [1917] (Flammarion, coll. GF, présentation et traduction par Jean-Jacques Pollet, 2004), p. 118.

«L’étrange, c’est qu’il n’y a rien chez lui qui ressemble à du divin, mais qu’il manifeste néanmoins cet absolu de l’exigence qui fut autrefois religieuse. L’absolu s’est sécularisé en s’appropriant le discours comminatoire de Dieu sans bien réfléchir à ce qu’il faisait : il menace, il punit, il est inexorable.»
Elias Canetti, Le Cœur secret de l’horloge (Le livre de poche, coll. Biblio, 1998), p. 25.

«Silence, savoir et vigilance : cette triade constitue la personnalité du polémiste Kraus. Son silence est une digue à l'abri de laquelle le lac aux mille reflets de son savoir ne cesse de s'approfondir.»
Walter Benjamin, Cette grande époque précédé d'un essai de Walter Benjamin (Petite Bibliothèque Rivages, 1990), p. 23.

«Le plus sacré problème de cette époque est : qu’elle a du papier et que ce qui s’imprime, cela vînt-il même du rectum, agit comme verdict et comme humour.»
Karl Kraus, La nuit venue (Éditions Gérard Lebovici, 1986), p. 68.

«Le journalisme ne sert qu'en apparence le quotidien. En vérité, il détruit la réceptivité spirituelle de la postérité.»
Karl Kraus, Dits et Contredits (Éditions Ivrea, 1993), p. 85.


Des mois entiers d'une lecture fébrile, harassante, sans cesse abandonnée puis reprise, rougissant de l'évidente certitude que la note, pas même écrite, qui en fixerait la trace point trop labile, serait ridiculement inappropriée, vague, point digne de ce lanternarius que doit être le critique véritable, vrai cicérone devant connaître par cœur, faute de buter sur une pierre et de se blesser voire de chuter lourdement et de tomber dans un gouffre, le terrain difficilement parcouru par l'auteur ne sachant rien de son enfer, ou plutôt ne pouvant disposer du savoir, de la lumière dont celui qui viendrait après, bien tranquillement au milieu de ses livres, sachant tout ou presque de ses livres justement et même de sa vie et du chemin immense parcouru dans la peur, la rage et l'épuisement, ferait un usage dispendieux peut-être mais nécessaire afin d'alléger, un peu, quelque temps, les épaules du vagabond avançant dans les ténèbres déchirées par les cris.


La suite de cet article figure dans Le temps des livres est passé.
Ce livre peut être commandé directement chez l'éditeur, ici.


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