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09/01/2008

Méditations hivernales sur la nature, par Thierry Giaccardi



À Dominique Jeannerod, derrière les différences de vue une même sensibilité.

Les fêtes de fin d’année sont toujours de celles qui provoquent les plus grandes réjouissances familiales, ce qui est juste et bon car la famille, contrairement à l’idéologie moderne qui l’a rendue suspecte à la suite du cri efféminé de Gide, «familles, je vous hais» (1), constitue «l’un des biens les plus précieux de l’humanité», comme l’a rappelé le pape Jean-Paul II dans son exhortation apostolique, Les tâches de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui. Maurras a écrit des pages magnifiques sur le rôle de la famille où la justesse de l’observation n’égale que la perfection du style. C’est ainsi que le Maître de Martigues relève avec une certaine ironie mêlée de tendresse que «contrairement aux grandes plaintes du poète romantique, la lettre sociale, qui paraît sur l’épaule nue, n’est pas écrite avec le fer. On n’y voit que la marque des baisers et du lait : sa Fatalité se dévoile, il faut y reconnaître le visage d’une Faveur» (2). Il est bien vrai que l’hiver invite à réfléchir sur l’essentiel.
Durant la «morne» saison (3), le froid engourdit les membres, l’homme s’enferme alors dans son logis avec les siens. Il préserve avec un savoir-faire transmis par ses ancêtres (4) la chaleur à l’intérieur de son foyer en en faisant profiter tous les membres de sa famille, se conformant ainsi à la tradition inaugurée par Prométhée, lequel avait dérobé le feu aux dieux pour le donner aux hommes. En se penchant sur sa compagne et ses enfants il redécouvre des gestes de tendresse exprimant bien la vie en symbiose (5).

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28/10/2007

Transgression : totems et tabous dans un monde poreux, par Thierry Giaccardi

«Et moi qui, de voir Dieu, onc pour moi-même
plus ne brûlai que pour lui or ne brûle,
je te prie – et ne soit prière écharse –
de dissoudre au doux vent de tes prières
toute nuée en sa mortelle vue,
où se puisse éployer le haut Plaisir.»
Dante, Divine Comédie, Paradis, chant XXXIII.


La parution du dernier livre d’Alain Robbe-Grillet, Roman sentimental, pose toute une série de questions que notre société hésite dorénavant à se poser, curieusement, et qui tournent principalement autour de la notion de transgression, comme des individus ivres et las tourneraient autour de totems dont ils en auraient perdu jusqu’à la mémoire des origines et qu’ils regarderaient avidement. La figure du totem, comme ancêtre éponyme d’un clan, peut nous servir de symbole dans la mesure où nos sociétés modernes, bien loin de rendre un culte aux ancêtres, les ont stigmatisés, salis avec l’insouciance et le sarcasme des gens prospères.

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