14/06/2007

Sophie Scholl, les derniers jours ou la puissance de la Parole, par Germain Souchet

Au centre, Sophie Scholl


Afin d'accompagner la diffusion sur Arte du film de Marc Rothemund sur Sophie Scholl ce soir à 20H40 (rediffusion le 18 juin à 0h50), je remets en Une de la Zone le beau texte de Germain Souchet. Je me permets également d'indiquer, en lien, mon texte sur l'ouvrage de Theodor Haecker, Le chrétien et l'histoire, en rappelant que cet auteur fut l'un des inspirateurs de La Rose blanche. Haecker avait d'ailleurs lu des passages de son ouvrage à Hans et Sophie Scholl (qui écrivit en évoquant ces heures de lecture : «jamais personne ne m’a à ce point persuadée par un visage») au lendemain de la defaite de Stalingrad.

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Il y a, je crois, deux types de films marquants : ceux qui, par la simple force de leur esthétique, parviennent à défendre une thèse ou à exposer une pensée et les autres, qui, pour atteindre au même résultat, sont plus didactiques, en un sens, moins artistiques. Dans la première catégorie, je classerais volontiers Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg, film qui nous parle, justement sans nous en parler, mais simplement en filmant les combats, de la nécessité de conserver le sens de l’humain au cœur d’une guerre impitoyable, ainsi que de la dette des jeunes générations envers les soldats qui se sont sacrifiés pour leur liberté.

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26/02/2007

La vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck, par Germain Souchet

La vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck


Afin d'introduire ce beau texte de Germain Souchet, je ne puis résister au plaisir de citer Alain de Chalvron, envoyé spécial permanent de France 2 aux États-Unis et probable gauchiste patenté qui, terminant son reportage sur les Oscars, a cru évidemment malin de déclarer, je cite de mémoire mais je ne pense pas trahir l'esprit de pareille ineptie : «la récompense décernée à La vie des autres arrive à point nommé au moment où les Américains ont découvert qu'ils étaient eux-même mis sur écoute par les grandes oreilles du gouvernement». En arriver à proférer, sur le ton satisfait du petit pion se grisant d'un haut fait de résistance de salon, une telle stupidité au JT de 20 heures sans être licencié dès le lendemain pour faute professionnelle grave par France 2 montre à quel degré de pourrissement idéologique nos médias sont parvenus. Sans compter que comparer l'administration Bush avec le régime d'Honecker... voilà qui tout simplement signifie : mentir. Alerté par mes soins, et je l'espère par ceux de beaucoup d'autres personnes ayant été affligées par un commentaire aussi ridicule, stupide et, je l'ai dit, faux de surcroît, Christian-Marie Monnot, le médiateur de France 2, ne m'a pour l'instant pas donné d'explication.

«Je crois qu’une fois les faits connus – la torture psychologique des dissidents, le massacre impitoyable de ceux qui tentèrent de passer la frontière et le fait que la prétendue «stabilité économique» reposait en grande partie sur l’échange de prisonniers politiques avec l’Occident –, il est bien difficile de rester ostalgique
Florian Henckel von Donnersmarck.


Après La Chute et Sophie Scholl les derniers jours, films étudiant sous deux angles différents et relativement nouveaux le nazisme, le cinéma allemand vient de produire un troisième chef-d’œuvre, cette fois consacré à la RDA communiste. Jusqu’à présent, à l’instar de Goodbye Lenine, au demeurant fort bien réussi, le second totalitarisme s’étant abattu comme une griffe d’acier sur l’Allemagne du XXe siècle n’avait été abordé que de manière tragi-comique, voire tout simplement comique. Peinant à surmonter, depuis la réunification de 1991, les effets parfois néfastes de la libéralisation soudaine d’une société jusqu’alors totalement administrée – chômage persistant, niveau de vie inférieur à celui des Allemands de l’ex-RFA, développement de réseaux mafieux –, une partie de la population anciennement est-allemande semblait tentée de s’abandonner à «l’Ostalgie», néologisme désignant la nostalgie pour l’Est (qui se dit Ost, en allemand). Avec La Vie des autres, la vie en République Démocratique d’Allemagne, sous le règne impitoyable d’Erich Honecker, est enfin abordée telle qu’elle était : terrible, oppressante et soumise à la surveillance permanente et redoutée de la Stasi (abréviation de Ministerium für Staatssicherheit, en français ministère pour la sécurité d’État).

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