26/02/2010

Brian Evenson, Michael Herr, Yannick Haenel au miroir de La Bruyère

Crédits photographiques : Fredy Builes (Reuters).

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08/12/2008

Inversion de Brian Evenson

Egon Schiele, Double autoportrait, 1915.


«[…] il vit se répéter et se répéter son visage, comme une armée d’espions; ses propres yeux le rencontraient et le guettaient […].»
Stevenson, Markheim, in Le cas étrange du Dr. Jekyll et de Mr. Hyde (Seuil, 10/18, 1992), p. 329.

«[…] un démon d’aspect […] infernal était sans cesse à ses côtés sous la forme de son frère.»
James Hogg, Confession du pécheur justifié (Gallimard, coll. L’Imaginaire, 1987), p. 58.


Je crois qu'il n'y a nul besoin, pour évoquer ce bizarre roman qu'est Inversion de Brian Evenson, de faire appel aux analyses de Gilles Deleuze sur la schizophrénie. Le faire même, et le faire trop longuement quelles que soient les précautions prises par le critique, c'est-à-dire développer lesdites analyses en les plaquant sur ce qui n'est point un essai mais, je crois, un roman, c'est en fin de compte appauvrir celui-ci et ne le donner à lire que filtré par une grille de lecture après tout parfaitement contestable. J'affirme cela alors même que, selon Evenson, il ne serait pas grand-chose sans la philosophie de Deleuze. Avec celle-ci en tous les cas, et en ce qui concerne cet unique roman (je n'ai pas encore lu La confrérie des mutilés), il n'est, au mieux, qu'un écrivain doué mais certes pas un véritable romancier, même s'il prend le soin de préciser qu'en ayant écrit Inversion, il n'a nullement voulu illustrer les thèses de Deleuze et Guattari sur la synthèse disjonctive.

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