20/04/2009

Le crétinisme, stade suprême du socialisme français ?, par Germain Souchet



«La dictature, c’est ferme ta gueule.
La démocratie, c’est cause toujours…»
Coluche.

On pourrait ajouter : «La démocratie participative, c’est la même chose, en pire».


Remise en une d'un article de Germain Souchet publié en avril 2007, où l'on constate que rien, strictement rien n'a changé au sein des rangs de la gauche la plus stupide de l'univers, si tant est que celui-ci se préoccupe de politique (ce mot, bien sûr, n'est pas applicable aux socialistes)...

J'ajoute, bien évidemment, que la France est en droit de demander pardon au monde entier pour les propos consternants et stupides tenus par ses dirigeants socialistes, dont la plus ridicule est sans aucun doute possible l'inénarrable Ségolène Royal.

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21/01/2007

Ségolène Royal ou la Chevalière de la mort

Portrait de Ségolène Royal au doigt levé indiquant le ciel


«[…] la France vidée […] était humainement, raisonnablement défunte, condamnée, damnée comme une sorcière de joie qui aurait séduit l'univers et qui ne mériterait aucun pardon; — à moins, pourtant, que l'excès de son opprobre n'eût été précisément calculé pour la souterraine germination de quelque Sauveur INCONNU dont l'avènement ne serait possible qu'en l'absence absolue des compétitions
Léon Bloy, La Chevalière de la mort.

«Je ne crois pas que dans la France telle qu'elle est aujourd'hui, un homme providentiel qui pense avoir raison tout seul et qui promet tout et qui donc demain ne tiendra rien, je ne crois pas que cela corresponde à ce dont la France a besoin.»


et, tout dernièrement :

«comme disent les rappeurs Paris est dans la place et moi aussi je suis là.»

Voici l'une des phrases les plus stupides je crois qu'il m'a été donné de lire. Cette stupidité nous révèle évidemment une vérité irrécusable sur l'état de la France qui, selon l'adage cuisant, a les hommes et les femmes qu'elle mérite, les paroles qui en mesurent la ruine splendide, les augures qui annoncent sa tranquille disparition. Cette phrase, je ne crains pas de prétendre qu'elle est tout simplement admirable puisqu'elle nous révèle d'insondables profondeurs, celles-là mêmes dans lesquelles notre élite politico-médiatique s'enfonce davantage chaque jour, chaque heure, sans paraître même s'en rendre compte. Léon Bloy aurait distillé de cette eau saumâtre de capiteux alcools et extrait, de cette veine brute de platitude bourgeoise, une vérité inaltérable, étincelante comme un diamant qu'il eût taillé à la roue abrasive de sa colère : le fait par exemple de croire qu'un homme providentiel imposerait une volonté, la sienne, qui ne serait point acceptée par le peuple qui l'a pourtant fait sortir de son propre sang, qui a exigé de lui sa venue, son impérieuse et nécessaire apparition, son joug non moins nécessaire et impérieux. L'homme providentiel, cette incarnation la plus haute de la politique et comme son dépassement apocalyptique, sait ce que veut le peuple parce qu'il a de lui une connaissance qui en aucun cas ne peut s'apprendre sur une place de marché, sur un plateau de télévision, à une tablée de journalistes ou de conseillers, ces piètres penseurs, ces surgeons dégénérés d'une majestueuse grandeur politique et militaire (et, par la même occasion, je le dis afin de choquer les ânes, artistique) réduite à l'alcôve humide du putanat, où s'ébrouent de placides morpions chroniqueurs. L'homme providentiel est le peuple, est la France, est leur incarnation plénière et réelle, leur réelle présence, ne craignant donc jamais de les induire en erreur ou même de les tromper (il s'en moquerait même, sauf dans le cas de la douce et guerrière Jeanne d'Arc, cet ironique et enfantin homme providentiel), parce qu'il a répété dans son esprit et son âme la geste formidable d'une race chantée par une mémoire aussi bien littéraire qu'orale, charnelle que spirituelle. L'homme providentiel, d'une certaine façon pouvant être représenté sous les traits du héros selon Carlyle, est la France, son corps malade, son âme hébétée, qu'elle soit paresseuse, lâche ou héroïque, veule ou admirable, ruinée ou prodigue de ses ultimes richesses. L'homme providentiel est la langue sacrée que la France a parlée au monde saisi de stupéfaction, pour son effroi et son salut. Ne parlant plus, désormais, qu'en bégayant les sordides antiennes d'un humanisme de vieillard chiffonné, frileux, bien-pensant et, pour tout dire, qui confond les hommes avec leur abstraction idéalisée par la Révolution, nous ne devons point nous étonner du fait que ce langage est proprement incompréhensible, si ce n'est des organes de celles et ceux auxquels il semble si merveilleusement destiné : les journalistes, non pas les Français qui, je l'espère, n'ont pas oublié le principe selon lequel une idée claire s'exprime, le plus souvent, clairement, voire, avec quelque panache n'ayant que faire de la mine grise de l'impeccable Raison.
Je n'ai sans doute pas besoin de préciser l'auteur de cette extraordinaire sentence, tant le style absent, vide, d'une inimitable nullité grammaticale, d'une évidente incapacité locutoire, d'une pathétique pauvreté sémantique, donc intellectuelle, tant ce style qui est donc l'absolue négation de tout style est caractéristique de, colle plutôt à cette femme dite politique comme une lamproie colle à la bête qu'elle va lentement vider de ses chairs. Disons, commodément, bien que je ne pense point qu'il s'agisse seulement d'une image, que l'inepte Ségolène Royal a vidé de toute substance une langue qui n'est apparemment pas la sienne puisqu'elle est devenue celle de tout le monde, qu'elle ne comprend pas et qui, en juste retour d'un balancier que l'on rêverait cependant beaucoup plus tranchant, comme le pendule diabolique imaginé par Poe, ne la comprend pas, ne peut et sans doute, ne veut l'inclure dans l'immense phrase française longue de plusieurs siècles, dont les mots les plus nobles et les actions d'éclat furent écrits par Chrétien de Troyes, Bossuet, Pascal, Maistre, Chateaubriand, Balzac, Baudelaire, Rimbaud, Barrès, Bernanos, De Roux, Dupré et combien d'autres, inconnus ou célébrés.
Ségolène Royal, avant même d'avoir perdu ces ridicules élections présidentielles dont l'issue ne passionne que les imbéciles et les journalistes (suis-je bien certain de vouloir différencier ces deux catégories ?), a perdu, bravement, lamentablement, royalement, le droit de se réclamer d'une tradition glorieuse que chacune de ses paroles maladroites et surtout stupides, que chacune de ses phrases que l'on dirait avoir été écrite par quelque logiciel antédiluvien de traduction ayant perdu toute sa mémoire, que chacun de ses gestes faussement spontanés en si total accord avec une parole aussi dénuée de grâce, affligent d'une taie de misère intellectuelle criante, d'une matérialité invincible et aussi lourde qu'un quintal de plomb, d'un manque de légèreté qui est esprit, d'une pesanteur qui, cette fois-ci et n'en déplaise à Michelstaedter, est rhétorique labile, et faussement vertueuse, et réellement trompeuse. Montons donc à bord de ce bathyscaphe participatif, et, en nous pinçant bien fort le nez, n'ayons pas peur de nous lancer dans l'exploration d'un gouffre de médiocrité bavarde où nous sommes tous conviés à descendre, entraînés par notre propre poids, sans doute pour nous rassasier d'un plantureux banquet de plancton translucide, cette soupe de micro-organismes que filtrent sans relâche les cétacés acéphales parcourant les ténébreuses abysses socialistes.
À moins, bien sûr, qu'il ne nous faille descendre encore plus bas (allons-nous pouvoir résister à la formidable pression qui rend ces mondes inconnus inhospitaliers ?), là où croît ce qui sauve selon le poète, la très longue et très fragile naissance d'une parole claire.
À moins, bien sûr, que la langue française, comme l'hébreu selon Gershom Scholem, ne doive être à ce point défigurée, maltraitée, insultée, pour oser seulement prétendre renaître de ses scories malodorantes, s'extraire de sa flache utilitariste et retrouver quelque aura, depuis longtemps évanouie, évaporée, de sacralité, que j'imagine être, en premier lieu, parfaite adéquation entre le mot et la chose qu'il nomme plutôt qu'il ne la désigne.
À moins que l'apparition consternante de Ségolène Royal, au haut d'une chaire où se bousculent des prétendants aussi vains qu'elle, affligés par un commun sentiment de vertige devant tant de siècles d'un passé qu'ils méprisent et dont ils n'écoutent plus la geste supérieure, à moins que l'ubiquité médiatique de Ségolène Royal ne nous indique décidément, précisément, ne nous montre impérieusement d'un doigt tendu quelque indice soigneusement caché de putréfaction d'une langue (la nôtre, la sienne, celle de la France), tellement avilie qu'elle mérite finalement de pourrir, gonflée et difforme, suintante et puante, dévorée par le cancer foudroyant du mensonge, s'animant comiquement dans la bouche pourtant impeccable d'une femme qui ne peut se taire et parle donc pour ne strictement rien nous dire.

19/11/2006

Unions juridiques entre homosexuels : quand le droit devient totalitaire, par Germain Souchet



Les campagnes électorales, mères de toutes les démagogies

Tout a commencé en juin 2004 avec l’épisode «Tout sur Mamère» : à cette date, le député-maire Vert de Bègles – je me demande, au passage, si ces débris de la pensée politique sont biodégradables ou tout au moins recyclables – a décidé de procéder au mariage de deux homosexuels, les fameux Stéphane et Bertrand, devenus, l’espace de quelques jours, de véritables vedettes médiatiques. Depuis, naturellement, ce simulacre de mariage a été annulé par les tribunaux, car contraire aux dispositions du Code Civil. Néanmoins, face à cette provocation à la loi, face à la violation délibérée des règles en vigueur par un officier d’état civil, le gouvernement dit de droite, alors dirigé par Raffarin le Poitevin, n’avait fait que suspendre Noël Mamère de ses fonctions de maire pendant un mois, alors que le code général des collectivités territoriales, dans son article L.2122-16 permettait, par décret en Conseil des ministres, de le révoquer purement et simplement, ce qui aurait été la moindre des choses.
Si l’initiative de M. Mamère n’a pas fait d’émules dans l’immédiat – il avait appelé d’autres maires à faire comme lui, afin d’obliger le gouvernement à ouvrir un débat sur ce sujet tout à fait prioritaire en France, étant donné que nous nagions déjà dans le plein emploi et que nos rues n’avaient jamais été aussi sûres –, elle a néanmoins provoqué de rapides prises de position, qui ressurgissent désormais à quelques mois des élections présidentielle et législatives. Dès 2004, Dominique Strauss-Kahn, naguère candidat à l’investiture du parti socialiste, a été le premier à se prononcer publiquement en faveur du mariage homosexuel et de l’adoption d’enfants par les couples de même sexe. Si Lionel Jospin n’a jamais soutenu cette position, d’autres s’y sont allègrement ralliés, comme Jack Lang, infatigable promoteur de toutes les idioties du monde et de toute idée pouvant miner les fondements de la société. Craignant d’être débordés sur leur gauche – ce qui arrive plus souvent qu’on ne le croit – par l’UMP qui, dès juin 2004, avait annoncé par la voix de Jean-Pierre Raffarin sa volonté «d’améliorer le PACS», la plupart des éléphants roses se sont alignés en tête du cortège de la dernière «Gay Pride» ou marche des fiertés homosexuelles («LGBT», dit-on apparemment, pour «lesbienne, gay, bi et trans»). Enfin, dans le «projet socialiste pour la France» – non, ne riez pas, les caciques de la rue de Solférino ont tout de même réussi à pondre un document indigeste de 32 pages, qui serait franchement hilarant, je vous l’accorde volontiers, s’il n’était dangereux pour l’avenir de notre pays – on peut lire à la page 25 : «Dans le couple. Nous améliorerons le PACS en matière d’inscription à l’état civil, de régime des biens, de droits de succession, de droit au logement, de droits sociaux. Le mariage et l’adoption seront ouverts aux couples de même sexe».
Ségolène Royal, reine des sondages par la seule grâce de son sourire béat à la limite – et encore… – de la niaiserie, souvent présentée comme défenseuse des valeurs traditionnelles de la famille (sic), alors qu’elle n’est pas mariée – ce qui est évidemment son droit le plus strict et le plus respectable, mais la contradiction est tout de même flagrante – et qu’elle est à l’origine de la distribution gratuite de la pilule sans lendemain (pardon, de la pilule du lendemain, je les confonds toujours) dans les collèges et les lycées, longtemps réticente à se rallier aux positions du Parti, a fini, dans une interview accordée au magazine Têtu, par déclarer que «si la gauche est élue, elle votera un texte mettant en application ce projet».
Voilà pour la gauche. Mais qu’en est-il maintenant de la droite ? Je ne parle pas du Front National ou du Mouvement pour la France, dont les prises de position outrancières ne méritent même pas d’être évoquées, ni de l’UDF, le nouveau parti de l’extrême centre (1). L’UMP, par la voix de son président Nicolas Sarkozy, le très probable candidat de la droite parlementaire, vient enfin d’intervenir dans ce débat. Mais d’une façon bien étrange. Après avoir confié s’être profondément interrogé sur le sujet et avoir longtemps hésité, le ministre de l’Intérieur s’est prononcé contre le mariage homosexuel, notamment parce que celui-ci impliquerait inévitablement, à court ou moyen terme, l’adoption d’enfants par des couples de même sexe. Il a énoncé une évidence : seuls un homme et une femme peuvent avoir des enfants. Mais il est des évidences qu’il est parfois nécessaire de rappeler dans notre société qui perd tout sens des réalités. Néanmoins, il a aussitôt ajouté : «Je suis profondément hostile à toute forme de discrimination [il aurait pu ajouter : sauf si elles sont positives !]. Les homosexuels ne doivent pas en subir. C’est pourquoi je suis partisan de l’égalité sur le plan financier. Il faut donc créer un système qui, sur le plan fiscal, patrimonial et successoral, garantisse l’égalité entre un couple hétérosexuel et un couple homosexuel. Aujourd’hui, il est nécessaire d’aller plus loin que le simple PACS» (in Le Figaro Magazine en date du 3 septembre 2006; c’est moi qui souligne).
Sans vouloir me tromper de cible en critiquant Nicolas Sarkozy, qui est le seul homme de droite à oser aborder certains sujets dits tabous et à lutter efficacement, sur le plan de la rhétorique, contre le terrorisme intellectuel de gauche, je ne peux qu’exprimer un réel mécontentement devant sa décision qui est à la fois profondément anti-libérale (j’y reviendrai) mais aussi contraire à ses propres prises de position passées. En effet, lors du débat de 1999 sur le Pacte civil de solidarité, le député RPR Sarkozy avait voté contre le projet présenté par la gauche (2). Mais il ne s’était pas contenté d’un vote négatif : il avait aussi fait partie des plus de soixante députés et plus de soixante sénateurs ayant saisi le Conseil Constitutionnel en soulevant de nombreux motifs allégués d’inconstitutionnalité (3). Parmi ceux-ci, on pouvait lire : «[…] Les auteurs des deux recours soutiennent que cet article "assimile donc fiscalement sur ce point" [imposition commune sur le revenu à compter du troisième anniversaire de la signature du PACS] les partenaires d’un pacte civil de solidarité et les époux, alors que les avantages fiscaux de ces derniers résultent "de la reconnaissance du mariage à la fois comme élément fondateur de la famille et comme générateur de devoirs pour les époux"; que les requérants font également valoir que les réductions d’impôt sont consenties au détriment des personnes vivant seules ou en concubinage, ces avantages n’étant, selon eux, "pas justifiés, comme ceux liés au mariage, par l’intérêt social que constitue la protection de la famille"» (c’est moi qui souligne) (4).
En sept ans, Nicolas Sarkozy est donc passé d’une opposition radicale au PACS à une volonté d’aller «plus loin que le simple PACS», voire d’organiser des cérémonies en mairie pour sa nouvelle «union civile». On me dira que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, que la société a évolué, que ceci, que cela… Je crains en réalité que la proposition faite par le président de l’UMP ne soit dictée par des intérêts électoralistes, le risque de se mettre à dos les lobbies «LGBT», bénéficiant de puissants relais médiatiques et artistiques, étant loin d’être négligeable. Parallèlement, sans aller jusqu’à accepter l’adoption d’enfants par des couples homosexuels, la porte-parole de l’UMP, Valérie Pécresse, s’apprête à proposer «la délégation de responsabilité parentale» permettant de «donner une place au "parent social" [sic] en l’autorisant à accomplir les actes usuels de la vie de l’enfant : aller le chercher à l’école, l’accompagner chez le médecin ou l’emmener en vacances en France» . On voit très bien l’exercice d’équilibriste auquel se livre l’UMP : il s’agit de ne pas fâcher son électorat «conservateur», tout en donnant des gages aux «progressistes». Seulement, les différentes associations militant pour un plein droit à l’adoption estiment qu’il s’agit d’une «avancée» insuffisante. Il est donc fort à parier que, comme toujours, la droite, au mieux, ne gagnera rien à faire des propositions de gauche, et, au pire, s’aliènera une partie de ses électeurs.
Quoi qu’il en soit, cette mascarade augure mal de la capacité du très probable candidat de l’UMP à mener la «rupture» si, avant même d’arriver au pouvoir, il se lie les mains en faisant des concessions à ces minorités agissantes, qui ont fait du terme «démocratie» un mot vide de sens en France, et qui ont transformé les campagnes électorales en de formidables exercices de démagogie et de calculs politiciens visant à acquérir le soutien de tel ou tel groupe influent. Espérons seulement qu’il saura rester suffisamment libre, comme il a su le faire souvent avec efficacité sur d’autres sujets sensibles.

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