20/04/2009

Le crétinisme, stade suprême du socialisme français ?, par Germain Souchet



«La dictature, c’est ferme ta gueule.
La démocratie, c’est cause toujours…»
Coluche.

On pourrait ajouter : «La démocratie participative, c’est la même chose, en pire».


Remise en une d'un article de Germain Souchet publié en avril 2007, où l'on constate que rien, strictement rien n'a changé au sein des rangs de la gauche la plus stupide de l'univers, si tant est que celui-ci se préoccupe de politique (ce mot, bien sûr, n'est pas applicable aux socialistes)...

J'ajoute, bien évidemment, que la France est en droit de demander pardon au monde entier pour les propos consternants et stupides tenus par ses dirigeants socialistes, dont la plus ridicule est sans aucun doute possible l'inénarrable Ségolène Royal.

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22/05/2007

Ils veulent défaire la France : dialogue à trois voix

Raphaël Dargent, Ils veulent défaire la France aux éditions L'Âge d'Homme



Voici un très beau dialogue à (pourtant) trois voix réunissant Francis Moury et Germain Souchet, deux des zonards les plus connus de mes lecteurs, dont le sujet est le premier essai de Raphaël Dargent, intitulé Ils veulent défaire la france, publié par les éditions L'Âge d'Homme.

Excellente lecture de ce long et passionnant entretien qui à sa façon donne une réponse a une question qui m'a été naguère posée.
Car, loin de tout sarkozisme impénitent pour lequel je n'ai bien évidemment aucun goût, cet entretien, que j'ai voulu aussi franc que possible (il a d'ailleurs failli, lors de tel passage que tout lecteur repérera assez vite, se terminer fort brutalement), apporte au débat politique de grande qualité le point de vue, sans la moindre concession, de Raphaël Dargent.

Francis Moury

Est-ce que la victoire relativement massive de Nicolas Sarkozy signe la perte d'influence, voire la mort avérée (momentanée ou définitive ?) du gaullisme social dans la vie politique française ?
Gaullisme social que vous avez, dans votre livre, désigné comme la formule synthétique d'une politique authentiquement juste. Et juste de deux manières : juste à l'échelle géopolitique nationale, européenne, mondiale et juste à l'échelle historique de la pure histoire de France.

Raphaël Dargent

Avant d'entrer dans le vif de votre question, une remarque liminaire, cher Francis : vous parlez de «gaullisme social». Qu'est-ce donc que le gaullisme social ? Pour ma part, je ne le sais pas et à aucun endroit dans mon ouvrage je ne parle de gaullisme social.

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06/05/2007

Royalement battue

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Photographie : AFP, Thomas Coex
«Jamais la gauche n'a été aussi faible et pourquoi la gauche était aussi faible ? Parce que la gauche française n'a toujours pas fait sa rénovation», Dominique Strauss-Khan, dimanche 6 mai, 20 h 20. Photographie : AFP, Thomas Coex.


Notre discussion, mesdames et messieurs, se poursuit si vous le souhaitez par le biais des commentaires de la note précédente.

21/01/2007

Ségolène Royal ou la Chevalière de la mort

Portrait de Ségolène Royal au doigt levé indiquant le ciel


«[…] la France vidée […] était humainement, raisonnablement défunte, condamnée, damnée comme une sorcière de joie qui aurait séduit l'univers et qui ne mériterait aucun pardon; — à moins, pourtant, que l'excès de son opprobre n'eût été précisément calculé pour la souterraine germination de quelque Sauveur INCONNU dont l'avènement ne serait possible qu'en l'absence absolue des compétitions
Léon Bloy, La Chevalière de la mort.

«Je ne crois pas que dans la France telle qu'elle est aujourd'hui, un homme providentiel qui pense avoir raison tout seul et qui promet tout et qui donc demain ne tiendra rien, je ne crois pas que cela corresponde à ce dont la France a besoin.»


et, tout dernièrement :

«comme disent les rappeurs Paris est dans la place et moi aussi je suis là.»

Voici l'une des phrases les plus stupides je crois qu'il m'a été donné de lire. Cette stupidité nous révèle évidemment une vérité irrécusable sur l'état de la France qui, selon l'adage cuisant, a les hommes et les femmes qu'elle mérite, les paroles qui en mesurent la ruine splendide, les augures qui annoncent sa tranquille disparition. Cette phrase, je ne crains pas de prétendre qu'elle est tout simplement admirable puisqu'elle nous révèle d'insondables profondeurs, celles-là mêmes dans lesquelles notre élite politico-médiatique s'enfonce davantage chaque jour, chaque heure, sans paraître même s'en rendre compte. Léon Bloy aurait distillé de cette eau saumâtre de capiteux alcools et extrait, de cette veine brute de platitude bourgeoise, une vérité inaltérable, étincelante comme un diamant qu'il eût taillé à la roue abrasive de sa colère : le fait par exemple de croire qu'un homme providentiel imposerait une volonté, la sienne, qui ne serait point acceptée par le peuple qui l'a pourtant fait sortir de son propre sang, qui a exigé de lui sa venue, son impérieuse et nécessaire apparition, son joug non moins nécessaire et impérieux. L'homme providentiel, cette incarnation la plus haute de la politique et comme son dépassement apocalyptique, sait ce que veut le peuple parce qu'il a de lui une connaissance qui en aucun cas ne peut s'apprendre sur une place de marché, sur un plateau de télévision, à une tablée de journalistes ou de conseillers, ces piètres penseurs, ces surgeons dégénérés d'une majestueuse grandeur politique et militaire (et, par la même occasion, je le dis afin de choquer les ânes, artistique) réduite à l'alcôve humide du putanat, où s'ébrouent de placides morpions chroniqueurs. L'homme providentiel est le peuple, est la France, est leur incarnation plénière et réelle, leur réelle présence, ne craignant donc jamais de les induire en erreur ou même de les tromper (il s'en moquerait même, sauf dans le cas de la douce et guerrière Jeanne d'Arc, cet ironique et enfantin homme providentiel), parce qu'il a répété dans son esprit et son âme la geste formidable d'une race chantée par une mémoire aussi bien littéraire qu'orale, charnelle que spirituelle. L'homme providentiel, d'une certaine façon pouvant être représenté sous les traits du héros selon Carlyle, est la France, son corps malade, son âme hébétée, qu'elle soit paresseuse, lâche ou héroïque, veule ou admirable, ruinée ou prodigue de ses ultimes richesses. L'homme providentiel est la langue sacrée que la France a parlée au monde saisi de stupéfaction, pour son effroi et son salut. Ne parlant plus, désormais, qu'en bégayant les sordides antiennes d'un humanisme de vieillard chiffonné, frileux, bien-pensant et, pour tout dire, qui confond les hommes avec leur abstraction idéalisée par la Révolution, nous ne devons point nous étonner du fait que ce langage est proprement incompréhensible, si ce n'est des organes de celles et ceux auxquels il semble si merveilleusement destiné : les journalistes, non pas les Français qui, je l'espère, n'ont pas oublié le principe selon lequel une idée claire s'exprime, le plus souvent, clairement, voire, avec quelque panache n'ayant que faire de la mine grise de l'impeccable Raison.
Je n'ai sans doute pas besoin de préciser l'auteur de cette extraordinaire sentence, tant le style absent, vide, d'une inimitable nullité grammaticale, d'une évidente incapacité locutoire, d'une pathétique pauvreté sémantique, donc intellectuelle, tant ce style qui est donc l'absolue négation de tout style est caractéristique de, colle plutôt à cette femme dite politique comme une lamproie colle à la bête qu'elle va lentement vider de ses chairs. Disons, commodément, bien que je ne pense point qu'il s'agisse seulement d'une image, que l'inepte Ségolène Royal a vidé de toute substance une langue qui n'est apparemment pas la sienne puisqu'elle est devenue celle de tout le monde, qu'elle ne comprend pas et qui, en juste retour d'un balancier que l'on rêverait cependant beaucoup plus tranchant, comme le pendule diabolique imaginé par Poe, ne la comprend pas, ne peut et sans doute, ne veut l'inclure dans l'immense phrase française longue de plusieurs siècles, dont les mots les plus nobles et les actions d'éclat furent écrits par Chrétien de Troyes, Bossuet, Pascal, Maistre, Chateaubriand, Balzac, Baudelaire, Rimbaud, Barrès, Bernanos, De Roux, Dupré et combien d'autres, inconnus ou célébrés.
Ségolène Royal, avant même d'avoir perdu ces ridicules élections présidentielles dont l'issue ne passionne que les imbéciles et les journalistes (suis-je bien certain de vouloir différencier ces deux catégories ?), a perdu, bravement, lamentablement, royalement, le droit de se réclamer d'une tradition glorieuse que chacune de ses paroles maladroites et surtout stupides, que chacune de ses phrases que l'on dirait avoir été écrite par quelque logiciel antédiluvien de traduction ayant perdu toute sa mémoire, que chacun de ses gestes faussement spontanés en si total accord avec une parole aussi dénuée de grâce, affligent d'une taie de misère intellectuelle criante, d'une matérialité invincible et aussi lourde qu'un quintal de plomb, d'un manque de légèreté qui est esprit, d'une pesanteur qui, cette fois-ci et n'en déplaise à Michelstaedter, est rhétorique labile, et faussement vertueuse, et réellement trompeuse. Montons donc à bord de ce bathyscaphe participatif, et, en nous pinçant bien fort le nez, n'ayons pas peur de nous lancer dans l'exploration d'un gouffre de médiocrité bavarde où nous sommes tous conviés à descendre, entraînés par notre propre poids, sans doute pour nous rassasier d'un plantureux banquet de plancton translucide, cette soupe de micro-organismes que filtrent sans relâche les cétacés acéphales parcourant les ténébreuses abysses socialistes.
À moins, bien sûr, qu'il ne nous faille descendre encore plus bas (allons-nous pouvoir résister à la formidable pression qui rend ces mondes inconnus inhospitaliers ?), là où croît ce qui sauve selon le poète, la très longue et très fragile naissance d'une parole claire.
À moins, bien sûr, que la langue française, comme l'hébreu selon Gershom Scholem, ne doive être à ce point défigurée, maltraitée, insultée, pour oser seulement prétendre renaître de ses scories malodorantes, s'extraire de sa flache utilitariste et retrouver quelque aura, depuis longtemps évanouie, évaporée, de sacralité, que j'imagine être, en premier lieu, parfaite adéquation entre le mot et la chose qu'il nomme plutôt qu'il ne la désigne.
À moins que l'apparition consternante de Ségolène Royal, au haut d'une chaire où se bousculent des prétendants aussi vains qu'elle, affligés par un commun sentiment de vertige devant tant de siècles d'un passé qu'ils méprisent et dont ils n'écoutent plus la geste supérieure, à moins que l'ubiquité médiatique de Ségolène Royal ne nous indique décidément, précisément, ne nous montre impérieusement d'un doigt tendu quelque indice soigneusement caché de putréfaction d'une langue (la nôtre, la sienne, celle de la France), tellement avilie qu'elle mérite finalement de pourrir, gonflée et difforme, suintante et puante, dévorée par le cancer foudroyant du mensonge, s'animant comiquement dans la bouche pourtant impeccable d'une femme qui ne peut se taire et parle donc pour ne strictement rien nous dire.