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03/05/2007

Léon Bloy et l'attente de l'Apocalypse

Crédits photographiques : Lars Tiemann (Places/National Geographic Photo Contest).

«Les divergences entre millénaristes et prophètes d'un Jugement dernier prochain provenaient notamment d'interprétations différentes des visions de Daniel (II et VII) rapportées à l'Apocalypse. Daniel avait annoncé les chutes successives de quatre empires – généralement identifiés ensuite par les théologiens comme étant ceux des Assyriens, des Perses, des Grecs et des Romains. Un cinquième royaume devait leur succéder, dressé par le Dieu du ciel – royaume qui ne serait jamais détruit et ne passerait à aucun autre peuple. Fallait-il l'identifier au millenium de saint Jean, pendant lequel Satan demeurerait enchaîné ? Dans ce cas, le Jugement dernier était reculé au-delà de ces mille ans de paix. Devait-on au contraire considérer que la naissance du Christ avait marqué le début du millenium ? […] Si oui, celui-ci tirait désormais à sa fin – à preuve les malheurs des temps – et l'Empire romain, prolongé dans le Saint Empire romain germanique, allait bientôt disparaître.», Jean Delumeau, La peur en Occident [1978] (Hachette, coll. Pluriel, 1993), p. 268.

«Le troisième Testament des joachimites fit sa réapparition sous le visage d’une «Troisième Internationale» et d’un «Troisième Reich», proclamé par un dux ou un Führer qui fut acclamé comme rédempteur et salué par le «Heil !» de millions de personnes.»
Karl Löwith, Histoire et Salut (Gallimard, coll. Bibliothèque de philosophie, 2002), pp. 198-9.


L'Apocalypse, théâtre parodique, walpurgique, grotesque, loufoque, inversé, de toutes les perversions, retournements, meurtres, abominations, désolations.
C'est peut-être bien le seul événement réel qui pourrait sauver la France d'une guerre civile larvée, ultra-violente mais cependant jouissive, consumériste, tranquillement bourgeoise (que nous nous trouvions rue de la Pompe ou au Mas du Taureau), de la démagogie sulpicienne ayant englué tous les esprits, surtout ceux obéissant à la plus stricte règle matérialiste, de la ruine anodine, démocratique, quotidiennement recommencée de la pensée, du saccage monstrueux mais économe, discret, allant de soi, sans nul besoin ni même désir de justifier son existence abjecte de la langue tel qu'il nous a été exposé, hier soir, par les deux candidats aspirant aux plus hautes fonctions de l'État, enfin du triomphal reportage universel non seulement médiatique mais, c'est désormais la même chose, politicien.
Ces différentes caractéristiques, qui rejoignent les traits parodiques (communs à bien des manifestations littéraires de l'Apocalypse) pointés plus haut, nous font donc admettre comme relativement probable l'idée selon laquelle nous vivrions, effectivement, les derniers temps, ce que, d'ailleurs, l'apparition de la haute et bouffonne figure de pitre glacial de Ségolène Royal nous laissait supposer...
Voici donc, au format PDF, Léon Bloy et l'Apocalypse que j'écrivis en 1997 pour le premier numéro de ma revue, Les Brandes.