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27/05/2009

In memoriam Dominique Autié

L'une des toutes dernières photographies prises par Dominique Autié.


Pas un.
Pas un seul des blogueurs que Dominique Autié a liés sur son blog, pas un seul de ces laborieux bavards, parfois réels pitres, n'a eu un mot public pour saluer la mémoire de celui qui fut, du moins puis-je l'espérer pour eux, leur ami.
Pas un.*
Voici pourtant, jour pour jour, un an que Dominique a cessé de nous émouvoir, de nous lire, de nous parler, de nous faire découvrir des textes, de nous écrire, parfois d'une façon subtilement ironique qui jamais ne s'est déparée d'une réelle gentillesse et humilité.
Il est vrai qu'il est plus intéressant d'évoquer la lamentable affaire dans laquelle Guillaume Cingal, que l'on ne peut me soupçonner d'apprécier (j'ai pourtant signé la pétition en sa faveur, je m'étonne d'être aussi magnanime !), s'est trouvé embringué.
Il est vrai qu'il est plus intéressant de griffonner de petites notes insignifiantes, ce que, à dire vrai, Pascal Zamor fait assez bien.
Il est vrai qu'il est sans doute plus stimulant de prétendre, avec Alina Reyes, que la face cachée d'une paire de fesses n'est autre que le visage.
Il est vrai qu'il est plus juste, peut-être, d'avoir quelque pensée secrète pour l'ami disparu, pensée devant laquelle je ne puis que me taire, humblement.
Prétendre cela serait se dédouaner à bon compte.
Ce serait, surtout, mentir à peu de frais et s'acheter une conscience vierge : parce que cet homme, Dominique Autié, avait une activité publique et qu'il est scandaleux que pas un seul de ses prétendus amis n'ait jugé bon de lui consacrer quelques minutes de son temps très précieux pour le saluer.
Décidément, il nous manque un peu, en fait beaucoup, de langue pour prier...

* Si, pardon, un seul, Olivier Bruley, dans une phrase qu'il qualifie lui-même de lapidaire et qui laisse pour le moins rapidement place à des considérations d'un ordre plus... festif, ici.
Sur la ridicule note d'Alina Reyes indiquée en lien, cette dernière a ajouté que Dominique Autié, lui, ne se scandalisait pas de ses mots. Je ne m'en scandalise absolument point chère Alina, je les trouve, vos mots affirmant que le visage était, aussi, la face cachée d'une paire de fesses, profondément stupides. Le scandale, du moins à mes yeux, n'est jamais provoqué que par l'évidence du génie, à tout le moins de l'intelligence, jamais par la plus évidente bêtise.