23/05/2008
La littérature sous le soleil noir de la violence, 1

Cet article a paru dans la revue intitulée Esprits Libres (numéro deuxième, mai 2000 : Violences) dirigée par Nathalie Sarthou-Lajus et Chantal Delsol.
Tout hurle et flambe. La terre harassée s'est retournée dans un dernier hoquet et dégorge la multitude en décomposition, les monstres de l'océan flairent avec dégoût les noyés que charrient les flots, ils cognent leur mufle contre les minuscules caparaçons qui protègent ridiculement les derniers hommes, avides de tuer, de brûler et de violer, pour signer une dernière fois le vélin de leur histoire sordide, risible et cruelle, avec le sang de leurs victimes. Quelques-uns, levant le regard qu'ils détournent un instant de l'horreur dans laquelle ils pataugent, aperçoivent sur l'horizon rougeâtre les quatre cavaliers retenant leur monture décharnée, impatiente de brouter les charognes. Enfin ils s'élancent, portant dans les villes incendiées la mort et la famine, la peste et la désolation, la bonne nouvelle de l'armée de Dan, jetée sur la multitude terrorisée par l'Abomination qui a gravi le puits de l'Enfer, accompagnée par les monstres inconnus de l'Apocalypse, afin d'accomplir la dernière œuvre, la destruction totale du monde.
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