24/09/2007

Lettre-océan, par Jean-Louis Cloët

La Promesse de l'aube postmoderne (J.L.C. © 1979)
La Promesse de l'aube postmoderne (Jean-Louis Cloët © 1979)


Capitaine Asensio,

vous pouvez croire, vous laisser aller à dire parfois – les aventuriers ont du vague à l'âme et de la nostalgie souvent – que votre vaisseau est «fantôme»; il n'en est pas moins corsaire, grand, et doit en faire trembler plus d'un. Le problème est que, comme moi, vous servez des Rois qui sont morts – Bernanos, Péguy… en un mot, les vrais «Princes de la jeunesse» de jadis, ou les proférateurs comme Bloy – dont les postmodernes ont pendant quarante ans profané les tombes, les dépouilles, tenté d'effacer la mémoire.
Les postmodernes, de la manière la plus dictatoriale qui soit, dans les séminaires d'université, les comités de lecture des maisons d'édition qui comptent – ah ! pour sûr qu'elles comptent… : le fric (voyez Gallimard) – les rédactions des magazines et des revues en vogue… totalitaires en diable, se sont sacrés comme vous le savez aux postes de pouvoir, il y a beau temps; la maréchaussée journalistique qui joue pour eux le rôle de police politique et de Propagandastaffel (empruntons sans vergogne pour les lui réexpédier les terminologies de M. Richard Millet : Ah ! la «gestapiste» Josyane Savigneau, par exemple et pour seul exemple !…) ne saurait reconnaître quelqu'un comme vous… ou comme moi : à défaut de pouvoir dire que nous sommes mauvais et que nous ne disons pas la vérité, elle ne peut que nous ignorer, cette police, établir autour de nous un cordon sanitaire de silence, ourdir autour de nous des conspirations d'occultations à défaut de nous faire la peau (Gestapo = j'ai ta peau), et, souvent, nous pirater au profit d'«En-Haut», récupérer tous les courants que nous créons d'où nous sommes,, violents parfois, du mieux qu'elle le peut, autant qu'elle le peut. Les journalistes ? Les médias ?… Nous n'avons rien à attendre d'eux, tant que les autres, leurs Maîtres, seront encore en place.

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