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18/02/2007

Technikart, du goût de la médiocrité à celui du crime, par Jean-Christophe Moreau

Maurice G. Dantec, photographie de Stéphane Gladieu


J'ai écrit, concernant ce qui, mystérieusement, n'est pas encore une affaire (alors, je le rappelle, que j'y pointais l'irresponsabilité scandaleuse dont les rédacteurs de ce qui est, sans doute, l'une des plus lamentables revues françaises, ont fait preuve), un texte que l'on dira d'humeur concernant l'immonde papier de Technikart. Jean-Christophe Moreau, fort utilement, nous apporte un regard de juriste sur cet article (le mot est bien sûr inapproprié voire comique lorsqu'il s'agit de quelques lignes agrémentées d'une photographie détournée du romancier) d'une stupidité accablante.

«Votre destruction n’est qu’une question de temps, et le temps dont a besoin la destruction pour vous atteindre est exactement le temps de votre distraction. Car la destruction à venir suppose votre distraction, et que vous ne soyez pas résolus à vivre»
Critique de la raison cynique, Peter Sloterdijk.


L’idiotie est l’alibi le mieux partagé au monde. Certains êtres néanmoins en sont mieux pourvus, ou du moins plus conscients que d’autres des indulgences qu’elle procure. Ainsi est-elle pour les journalistes ce qu’est la folie passagère au criminel : un gage d’irresponsabilité.

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14/02/2007

L'irresponsable crétinisme de Technikart

Photographie : Babylon A.D. de Matthieu Kassowitz, droits réservés


Voici la lettre envoyée, il y a quelques jours, à la rédaction du torcheculatif magazine pour pré-adolescents lobotomisés Technikart, qui ose se demander, dans son dernier numéro, si Maurice G. Dantec mérite une fatwa. Je pose à mes lecteurs la même question : les sous-pigistes de Technikart méritent-ils une fatwa pour insulte à la déesse Raison ? Il est vrai que la conditon sine qua non pour que nos gentils égorgeurs à la barbe fleurie daignent pratiquer une roborative décapitation est le fait de posséder une tête ou, comme on le disait, un chef. Je ne suis absolument pas certain que l'équipe de Technikart, ni même que chacun des sous-nasiques à clavier qui la composent, puissent se vanter de posséder un tel membre, voire, un chef qui leur aurait permis de prendre la mesure de leur irresponsable crétinisme, alors même que n'importe quel imbécile, lisant leur lamentable article du reste parfaitement mensonger, pourrait se croire investi d'une sainte mission et décider, pour l'exemple, de passer à l'acte sur la personne du romancier (ou, le disais-je, sur toute autre personne dont les idées auraient le malheur de ne point plaire à nos si pitoyables rédacteurs), alors même que la récente affaire Redeker nous rappelle, si besoin en était, la réalité de telles menaces.
Il appartiendra à d'autres, plus experts que je ne le suis en matière juridique, de décider si un tel torchon avançant des mensonges manifestes qu'il ne prend la peine d'étayer d'aucune preuve, tombe sous le coup de l'accusation de diffamation (et du droit de réponse qui peut logiquement lui être opposé) et si, sous couvert fallacieux d'exposer les arguments appuyant ou pas ladite fatwa, il n'est pas ce qu'il est convenu d'appeler une incitation au meurtre. Il appartiendra à d'autres que moi d'établir s'il y a là un cas manifeste (et donc grossièrement déguisé, car, ne l'oublions pas, nous nous trouvons face à des paltoquets de la rhétorique) d'apologie d'un acte qui serait (il faut du moins l'espérer car, de nos jours...) condamné par la loi.
J'indique enfin, pour que mes lecteurs prennent bien la mesure phénoménale de la stupidité de ces branques au cervelet atrophié (probablement desséché après avoir été, durant de longues années, selon un procédé gardé jalousement secret, fumé au chanvre indien), comme tend à le prouver quelque cliché ayant fait la stupéfaction des plus hautes sommités médicales, la seule réponse qui m'a été faite, par un certain Olivier Malnuit qui tient en deux mots, probablement les seuls que cette forme prébiotique d'intelligence connaisse : «Très drôle !».
Non monsieur Malnuit, non messieurs les maljournalistes : votre irresponsabilité n'a vraiment rien de drôle et finira bien, ce sera là votre juste punition, par se retourner contre vos petites faces crayeuses de moqueurs couards.


«Bonjour.

Décidément, la prose technikartienne est toujours aussi lamentablement minable, puante de démagogie et d'un style qui parviendrait même à faire rire Arnaud Viviant, c'est dire le niveau d'anorexie mentale auquel vous semblez, réjouissez-vous en, être désormais parvenus, certes après des années d'entraînement : l'apnée du bidet n'a plus de secrets pour vous paraît-il...
Dantec insulté par TechnikartQui donc peut encore oser vous lire sans se salir immédiatement les yeux devant tant de bêtise contente d'elle-même, de vulgarité, de stupidité que l'on dirait presque... angélique tant elle semble dépasser les capacités de toute personne normalement constituée ? C'est là un très probable mystère.
Tout aussi minable, à vrai dire profondément irresponsable, l'appel déguisé au meurtre émis par le pigiste acéphalique Braunstein qui devrait, utilement, méditer l'adage selon lequel l'arroseur est toujours arrosé.
Il est vrai que ce probable phocomèle ne possède guère de lettres pour connaître ni même se souvenir du sens métaphorique de la maxime qui, encore une fois toujours, se vérifie...

Soyons sérieux à présent.

Si cet appel irresponsable devait se traduire par quelque forme de vexation, d'insulte ou de menace à l'égard de Maurice G. Dantec (ou de n'importe quel autre écrivain qui aurait l'heur de vous déplaire), je puis vous assurer que vous aurez des comptes à rendre, pas seulement devant la justice de ce pays : probablement aussi devant quelques citoyens qui ne peuvent, comme moi, tolérer que d'aussi piètres journalistes que vous bafouent non seulement les plus élémentaires règles de politesse, mais, sous couvert d'accroche d'un improbable lectorat de protozoaires, appellent à l'élimination physique d'un homme. Vous évoquerez, pour votre défense, le droit d'user de métaphores : non, ce que vous avez écrit vous engage et, désormais, vous êtes liés par ces mots dont la portée vous dépasse.
C'est tout simplement choquant, inadmissible, révoltant, absolument scandaleux, surtout lorsque votre pseudo-article mais bien réel torchon se permet d'insinuer des faits que vous êtes bien incapables de prouver : pour votre gouverne, j'ai lu le manuscrit de ce tome 3 du journal de Dantec, bien avant qu'il ne soit publié, et je ne pense pas avoir jamais lu l'épithète infamante de bougnoule, comme vous osez l'affirmer.
Un seul adjectif caractérise votre revue vous le savez, puisque j'ai déjà longuement écrit sur la rinçure (un papier intitulé Technikart, la bouche pleine de détritus) qui vous sert de gagne-pain malodorant. Cet unique adjectif, aussi profilé et expéditif que semble phacochérienne votre façon de non-penser (vous apprécierez désormais l'économie de mots à votre égard : que voulez-vous, je suis moi aussi un fervent soutien des forces du progrès...), le voici, ici, accompagnant l'évocation d'une personnalité aussi génialement productive que vous l'êtes dans l'invention d'un langage infra-verbal.

Bien évidemment, je n'ai absolument pas le plaisir ni l'envie de vous saluer.»

13/09/2005

Technikart, la bouche pleine de détritus


Si la théorie de l'évolution telle que l'imagina Darwin est aujourd'hui décriée de toutes parts, à juste titre semble-t-il, une pièce de choix pourtant doit être versée au dossier accumulant les preuves rigoureusement scientifiques quant à la validité de ladite théorie. Ou, tout du moins, d'un de ses axiomes : la sélection naturelle des espèces les plus résistantes et, à défaut, l'élimination, tout aussi naturelle et nécessaire, des plus faibles. Je me souviens ainsi d'un étrange spectacle, qui aurait pu convaincre le plus ardent opposant au darwinisme que, devant ses yeux, se déroulait effectivement une mutation génétique d'un genre nouveau, non pas évolutive mais, si je puis dire, dévolutive. En somme et pour la première fois je crois dans l'histoire de l'humanité si l'on excepte les apparitions publiques d'Arnaud Viviant, était exposé aux yeux de tous les curieux un cas exemplaire de régression de l'homme vers son lointain ancêtre simiesque, voire, mais je n'ai sur ce point de certitudes scientifiques, vers les tout premiers stades de la vie amibienne.
Il y a de cela quelques mois, je me trouvai ainsi au dernier Salon du Livre, près du stand des éditions du Rocher, échangeant quelques paroles avec l'amical géant qu'est Pierre-Guillaume de Roux, lorsque je m'avisai que, à quelques mètres de moi à peine, se tenaient deux jeunes ectoplasmes avachis sur des poufs à l'aspect tout aussi inconsistant (à moins que la comparaison ne s'applique dans l'autre sens), lesquels sirotant du jus d'orange et fixant le vide d'un regard suffisamment amorphe pour décomplexer une tanche sous-marécageuse, dodelinaient bizarrement de la tête lorsqu'ils constataient, apparemment ravis, leur appartenance commune à quelque espèce infra-verbale. Je m'approchai avec une grande prudence de la Zone de turbulences, sans paraître troubler la silencieuse méditation de nos bonzes indolents : bienvenu jeune con que tu es, tel était sans doute le message que signifiaient grossièrement, à l'adresse de bien rares visiteurs plus amusés que consternés, quelques affiches de propagande guévariste, bienvenu dans le monde lobotomisé et impeccablement festif où Technikart fait régner sa parole nanocéphale. Pris d'une irrésistible envie de rire, je décidai, avec un dernier regard de mépris, de laisser à leur splendide ataraxie ces deux protozoaires pour me diriger, revenu en quelques pas au monde vertébré, vers le stand des éditions de L'Éclat. Bizarrement, sans doute contaminé par quelque miasme prébiotique, je fis durant plusieurs nuits de curieux cauchemars où la réalité, comme dans Ubik, s'effilochait pour se réduire à un filet de bave collante.

Reste à savoir, mais je laisse de cette question disputée le lecteur seul juge, reste à savoir si les rédacteurs de Technikart présentèrent, ce jour-là, le fruit d'une nécessaire adaptation au monde qui est désormais le nôtre, pour lequel leur défaut de colonne vertébrale constitue il est vrai un atout de taille ou s'il s'agit bien, comme je le crois, d'une régression définitive de l'homme vers une sous-humanité branchée (au sens où les arbres constitueraient le biotope de l'espèce observée...), vierge de tout péché, distraitement polémique et dédouanée non seulement de toute conscience mais de toute perception de la verticalité que dis-je !, de la plus petite certitude quant à un cousinage même lointain avec ce que jadis nous appelions : des hommes.

Quoi qu'il en soit de ces passionnantes questions dont Houellebecq fera peut-être la matière de son prochain roman, l'article suivant est vieux et, selon certains, il tenterait, avec une bombe H, d'éliminer une colonie de larves de moustiques. Oui, oui, sans doute, suis-je tout prêt à concéder à mes inflexibles lecteurs mais il vaut tout de même comme témoignage d'une bizarre complexion, la mienne, qui elle aussi a droit, après tout, aux attentions des scientifiques : je ne puis décidément laisser en paix les imbéciles, fussent-ils heureux.

Surtout lorsqu'ils sont heureux.