Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Ces prix que Philippe Sollers convoite à l'infini, par Damien Taelman | Page d'accueil | En relisant Monsieur Ouine de Georges Bernanos »

09/09/2019

Cécile Coulon et les coulonneux : la pigeonne n'est pas forcément celle que l'on croit

Photographie (détail) de Juan Asensio.

Grâce à la réclame faite pour l'une des émissions les plus inébranlablement stupides, consanguines et vérolées de la télévision française qui en compte tout de même un certain nombre, La Grande Librairie animée par l'inénarrable François Busnel qui est à la critique littéraire, et ne disons rien de la littérature, ce qu'est un anus pour un être vivant, autrement dit : un organe d'évacuation que d'ordinaire on ne montre pas en public ni même à une heure de grande écoute, grâce donc à ces si utiles et inappréciables séides de la vulgarité, nous apprenons que la véritable première pensée de Cécile Coulon est d'aller pisser, juste avant de se mettre à écrire, une fonction que nous pourrions du coup, peut-être, assimiler à une envie de déféquer. Je n'invente rien, ces propos d'une intelligence pour le moins terrassante ont non seulement été tenus devant une caméra mais quelque imbécile stagiaire a cru bon d'en faire de la réclame sur le compte Twitter de ladite Grande Librairie, bien évidemment avec la bénédiction de quelque imbécile hiérarchiquement placé au-dessus de sa tête vide.
Il est possible, devant un tel mépris, tranquillement affiché ou plutôt : craché non seulement sur les téléspectateurs mais sur la gueule il est vrai béatement stupide des lecteurs auxquels s'adresse cette merdailleuse émission qui nous ferait presque (presque) regretter la petite musique insignifiante d'un Bernard Pivot, diligent relais de la plus crasse bêtise pourvu qu'elle permette de faire vendre, il est donc permis de s'affliger et, réaction hélas si peu de fois constatée, d'affirmer que Cécile Coulon, que tout un tas de bouffons journalistiques, comme telle commise du Monde des Livres (1), nous présentent comme une écrivaine, est une aberration purement commerciale, une aberration ridicule, une poupée certes bien moins bête qu'une Barbie, bien d'autres choses encore moins agréables à lire et à entendre mais, surtout qu'elle n'a jamais été, qu'elle n'est pas et qu'elle ne sera jamais un écrivain, voire une écrivaine, et cela même si un Jean Birnbaum, ce Pape de la critique littéraire qui n'a jamais été touché par le doigt du Dieu des lettres, lui donne les dix prochains prix de son torchon, Le Monde des Livres.
Je me souviens que c'est Joseph Vebret, capable de reconnaître d'instinct un bon écrivain tout en se faisant la paillasse amène, affreusement onctueuse, des plus infâmes nullités qu'en général il se dépêchait de faire écrire dans ses innombrables revues imprimées sur du papier toilette, qui le premier me signala l'existence de cette virago et me conseilla de la lire en me disant, de son habituel air de Sphinx sur le point d'expectorer un secret vieux de plusieurs millénaires : mmmmmhhhhh, ce n'est pas si nul, il y a quelque chose, vous devriez la lire. Il y avait donc quelque chose, selon le bon Docteur Vebret, expert en nullitologie verbale, dans Méfiez-vous des enfants sages mais, moi, le lisant, je n'y vis pas grand-chose de plus qu'une très solide aptitude, qui allait bien vite s'épanouir, à donner à un éditeur ce qu'il aime le plus : non pas, évidemment, un grand texte dont il ne saurait que faire et qu'il ne voudrait surtout pas éditer, de peur de fragiliser son précaire équilibre financier, mais un petit texte habile se donnant les dehors d'un bon texte. Vous trouverez ma critique ci-dessous.
Me promettant de ne plus rien lire, dorénavant, de l'ex-protégée de Viviane Hamy, une femme délicieuse, sachant a priori ce qu'est un texte et dont on se demande quelle navrante maladie de la vue a pu lui laisser éditer de trop nombreuses fois celle qui, récemment, a plié bagages sans beaucoup de cérémonie, aux dires de l'intéressée, s'est déniché un agent (dit) littéraire ou plutôt plusieurs de ces vendeurs de balais-brosses pour toilettes regroupés dans une agence, Trames dont le graphisme est aussi soigné que le contenu est indigent, laissant donc Cécile Coulon a son tranquille petit bout de chemin dument balisé par des professionnels de l'élément de langage et de la quatrième de couverture, des attachées de presse et, surtout, inestimable maillon pour solidifier brin à brin cette chaîne de la stupidité, de journalistes, je l'oubliai presque totalement, même si je me promettais, à l'occasion, et si je n'avais bien sûr rien de plus nul à lire qu'un livre de Cécile Coulon, par exemple un bouquin de Yannick Haenel, de la larder d'un sympathique coup de griffe.
C'était évidemment ne pas compter avec l'extraordinaire habileté commerciale, le sans-gêne royal de Cécile Coulon qui, faisant mentir pour une fois l'étymologie de son ridicule patronyme (un coulon est un pigeon), allait s'avérer fort capable de gruger, de coulonner, donc, c'est le terme exact, tous les coulonneux qui, comme on le sait, ne s'en laissent jamais autant conter que par les dindes et les bécasses, pourvu qu'ils leur trouvent le génie volatile d'un Rimbaud, se fût-il reconverti en éleveur de dindons en Abyssinie. Vrai, nous avions, dans la personne peroxydée, anodine, pour tout dire parfaitement vulgaire, donc affreusement commune, de Cécile Coulon, le pigeon stratosphérique dans lequel une Ludivine Cissé, Alexandra Varin, une Chloé Saffy et même une Clémentine Haenel allaient pouvoir sublimer leur si flagrante absence de talent littéraire, et qui leur permettrait de les arracher au plancher des vaches où elles ruminaient placidement tout en bousant de petits livres pas même odorants ! Cécile Coulon, le condor surplanant royalement au-dessus de toutes les bécasses, l'Auvergnate impavide partie à la conquête de Paris qui, nous le savons, est une pute qui se donne avant même que vous ne lui lanciez un regard, et, tel un Rastignac portant dentelle, faisant la fierté du plus oubliable des édiles piqué de littérature comme l'est mon gardien d'immeuble, Olivier Bianchi par exemple, maire de Clermont-Ferrand, qui jamais ne manque une occasion de saluer amicalement Cécile Coulon, et Dieu sait que les occasions sont nombreuses, puisqu'elle semble récolter les prix et les distinctions avec la même facilité que d'autres pour ramasser des champignons !
L'un de ces coulonneux involontaires, certes un coulonneux de haut vol et de beau plumage, fut Philippe Delaveau, tout content, naguère, de m'écrire en me disant que je pouvais demander, de sa part, tous ses livres de poésie chez l'un de ses prestigieux éditeurs, Gallimard. Il fallait à ses yeux qu'un critique de mon empan évoque ses poèmes, cette nécessité ne souffrant aucune procrastination, comme il me prend une envie de baffe toutes les fois que j'écoute un Philippe Sollers. Il est des mécanismes purement pavloviens contre lesquels la meilleure éducation ne peut strictement rien ! Une rapide recherche sur la Toile m'indiqua que non seulement notre Prince des poètes était diantrement prolixe, ce qui, à mes yeux, fut une raison parfaitement valable de le soupçonner de bavardage, soit l'antonyme exact de la poésie, mais qu'il participait à un prix que l'on dit prestigieux puisqu'il se place sous la statue vénérée de Guillaume Apollinaire. Quelle ne fut donc pas ma surprise, un laid matin, d'apprendre que ledit jury composé d'éminents membres, tous férus de littérature pure et dure, n'eut pas honte de récompenser tel premier recueil paraît-il poétique de Cécile Coulon, encore elle, c'est à croire qu'elle avait la faculté de composer une escadrille serrée en se pigeonnant, pardon, en se clonant, intitulé Les Ronces.
Voici un premier extrait de ce compendium de sottises jetées plutôt qu'écrites sans l'ombre d'une recherche stylistique, sans un quark de style, sans un atome de beauté, sans un cheveu d'originalité, fût-elle de celle que l'on observe parfois griffonnée dans l'émail des pissotières. Voici un épanchement non pas translucide mais transparent de ce qu'il est convenu d'appeler, selon nos Delaveau et leurs veaux journalistiques, un véritable talent poétique, qui plus est prometteur, ce qui signifie que d'autres livres seraient attendus avec un appétit tout aussi sincère :


«La vérité c’est que ça n’a pas d’importance
si je ne m’en sors pas. Vraiment aucune
importance. Ça n’empêchera pas les cigognes
de traverser le ciel au-dessus des voitures
garées en double file. Ni les épiciers
de ne pas les remarquer… »


Par voie électronique, j'engageai un franc échange avec Philippe Delaveau qui se perdit en circonvolutions navrantes, confondantes de prudence, pour m'expliquer que le Président du jury du Prix Apollinaire était absent, comme lui-même d'ailleurs, le jour du vote, et qui m'expliqua longuement, lorsque je lui suggérai de se dédire publiquement de semblable vote, que sa présence toujours attentive et bienveillante restait plus que jamais nécessaire au sein de ce prix totalement ridiculisé, afin, m'assura-t-il avec un sourire que je devinai comparable à celui d'un jésuite essayant d'embobiner le diable, de sauver ce qui pouvait encore l'être, de possibles grands textes poétiques pour le coup, tout un tas de petits Coulon bien contents que notre condor de la platitude leur ait montré la meilleure façon de prendre son envol puis, une fois parvenus à une altitude respectable pour un Delaveau dont le regard ne s'accommode jamais que sur l'infini, de lâcher une flopée de petites crottes qu'un Augustin Trapenard ou un François Busnel viendront récolter avec sur le visage le masque d'un plaisir orgasmique !
Pardon de vous infliger, sans tenir aucunement compte de votre faiblesse consécutive à une trop massive absorption de la prose pigeonnesque, des phrases trop complexes, qui n'en finissent pas de dire mon mépris et mon dégoût pour ces pitres, caniches et singes tombant en pâmoison devant une petite maline qui les roule dans la farine, sentences sinueuses que je vais fort heureusement contrebalancer par un nouvel extrait du poétique recueil coulonnesque, ce qui vous permettra à coup sûr de vous reposer, non sans vous donner un prochain rendez-vous lorsque, muets d'admiration, nous tenant respectueusement derrière Messieurs Busnel et Trapenard tombés à genou, nous verrons Cécile Coulon qui nous aura tous (presque tous) eus comme des couillons, devenir la future lauréate du Prix Nobel de littérature et, du haut des cieux publicitaires, récompenser notre fidélité d'une salve de guano ! :

«je suis restée là
à penser qu’il ne faut pas choisir
à penser qu’il ne faut pas penser
car penser c’est subir
le poids de ce qu’on n’aura jamais
c’est idiot
le temps n’est pas un mouchoir sale
je ne veux pas le jeter»


Note
(1) Je dois dire que j'ai été très surpris de constater qu'Arnaud Viviant, que je n'ai jamais eu pour habitude de ménager, a trouvé, presque seul au sein de sa confrérie médiatique, le dernier roman de Cécile Coulon nul, lors d'une récente émission du Masque et la Plume (à partir de la trente-cinquième minute). Mon Dieu, que c'est bon de se sentir moins seul !


2523231785.jpgEat shit, billions of flies can't be wrong : à propos de Méfiez-vous des enfants sages.







34525259.jpgLorsque Hello Kitty fait de la poésie, Cécile Coulon floue tous les couillons.







3726237710.jpgDu succès en littérature contemporaine : le système bien rodé de Cécile Coulon, par Gregory Mion.







2925124415.jpgExtension du domaine financier de Cécile Coulon : de l’ego et du commerce et rien d’autre que de l’ego et du commerce, par Gregory Mion.







20839621128_6f4a20df9c_o.jpg