30/05/2008
La littérature sous le soleil noir de la violence, 2

Rappel
La littérature sous le soleil noir de la violence, 1.
La littérature et l'expérience souveraine de la violence
La violence moderne, ou, si l'on tient à ce vocable ridicule, la violence post-moderne, parce qu'elle s'exerce sans Dieu, est devenue destin, idole, simulacre, image trompeuse qui nous commande non pas la distance respectueuse et confiante analysée par Jean-Luc Marion, mais l'avachissement, la prosternation universelle devant les totems criards chers à Rimbaud, la crainte blafarde. Réglée même, elle est devenue routinière, nécessaire, un des rouages de la grande machine technocratique. Ainsi, lorsque le rouage grippe et que la machine s'emballe, un peu d'huile (un peu d'huile sur le feu) suffira à relancer le moteur placide en évitant la chauffe; ici quelques promesses de lendemains qui chantent, quelques lavements incolores sur la piteusement célèbre fracture sociale, là quelques coups de matraque pour résorber, avec la turbulente saillie des jeunes, l'inquiétude comique du bon citoyen : désormais, le déroulement du culte désacralisé peut retrouver sa lamentable monotonie, comme un vieillard perclus ronflant sous le soleil de l'ennui, funambule débarrassé de tout souci (4) et ne parlant plus la langue du monde, passant stochastique dédouané de toute dette (5).
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