10/04/2008
Pitié pour les puristes, par Jean-Gérard Lapacherie

Les puristes, non pas les puristes avérés qui n’ont peut-être jamais existé, mais ceux qui sont accusés d’être des puristes ou qui, comme disent les consciencieux du social, sont stigmatisés ainsi, en bref ceux à qui est imputé le crime de purisme (car c’en est un) sont les derniers avatars du Démon : les derniers en date, évidemment; sous peu, ces avatars seront remplacés par d’autres, plus diaboliques encore. Ils sont la nouvelle figure du Mal; ils en ont les qualités contingentes; et surtout ils justifient, par leur seule existence, les soldats du Bien, les vertuistes de la langue, les belles âmes, les nouvelles gens honnêtes. Après le croquant, le juif, le beauf, le franchouillard, l’immonde ça puriste sort en reptations lentes du ventre encore fécond de la Bête. Alain Rey, le commandeur des croyants de l’anti-purisme, a publié l’an passé un ouvrage au titre éloquent : L’amour du français : contre les puristes et autres censeurs de la langue (Denoël, 2007), dont il fait la promotion au fin fond des provinces reculées et bien entendu attardées de la république de France.
En théorie, purisme, comme les autres mots en -isme, désigne un corps de doctrine, un faisceau d’hypothèses ou de thèses, éventuellement une idée, une notion ou un concept : il convient donc, avant de s’acharner sur les créatures du Diable, de définir en quoi consiste leur doctrine et de nommer les individus, Monsieur un tel, auteur de tel ouvrage ou de tel article, ou, disons par acquit de conscience, Madame une telle, qui sont qualifiés de puristes ou qui sont ainsi désignés. C’est la moindre des honnêtetés. Or rien de cela ne se produit.
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15/12/2007
Le Sur Racine de Roland Barthes, par René Pommier

Crédits photographiques : Luis Robayo (AFP/Getty Images).
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16/09/2007
Le français en capilotade, par René Pommier

Aire de Broca (en vert sur le schéma) : région du cortex de l'hémisphère gauche (aux environs de la tempe) dont la lésion provoque une perte du langage articulé.
Je reproduis dans la Zone, au format PDF, l'un des articles que René Pommier a réunis dans son ouvrage intitulé Sanglades (Eurédit, 2006), livre que j'avais évoqué ici à propos de l'inénarrable Diafoirus qu'est Georges Molinié.
Je rappelle que tous les textes de René Pommier sont disponibles sur son site, Assez décodé ! et j'invite mes lecteurs à lire ces diablement précises et réjouissantes charges contre les inventeurs d'une langue qui n'existe tout simplement pas ailleurs que dans leurs mauvais livres, à moins qu'il ne faille supposer un premier réceptacle à ce sabir dégénéré, leur cerveau. Dans ce cas, je crois que nous pouvons raisonnablement supposer de très graves lésions affectant le fonctionnement de cet organe pour le moins essentiel.
Me revient à l'esprit l'insistance avec laquelle Sarah Vajda voulait me faire relire l'une de ses plus solides admirations, un véritable prince du style selon ses dires, Roland Barthes («lisez son Léon Bloy, Asensio !» me répétait-elle sans relâche, du temps lointain où elle me parlait : je l'ai lu, madame, je l'ai même relu et je n'y ai hélas, comme je vous l'avais d'ailleurs également répété, absolument rien trouvé de pertinent !). Roland Barthes, dont René Pommier écrit (Assez décodé !, Eurédit, 2005, p. 10) : «Car aujourd'hui, dans l'art d'ébahir les jobards par un mélange habile de sabir et de fariboles, incontestablement le maître est Roland Barthes. Qu'un esprit aussi confus puisse, aux yeux de beaucoup, incarner la lucidité, qu'un esprit aussi fumeux soit regardé comme l'un des Phares de notre temps, que l'avant-garde ait choisi pour chef de file un esprit aussi fuyant, rien n'illustre mieux la crise actuelle de l'esprit critique. Nul, en effet, n'a contribué plus que lui à faire avancer du même pas le galimatias et la divagation, à faire passer les pires élucubrations pour des lectures très subtiles, à rapprocher l'activité du critique de celle de la pythonisse, en réduisant les textes à n'être plus que des sortes de boules de cristal et de marc de café où l'on peut voir tout ce qu'on veut.»
Nous évoquerons donc peut-être, pour le plus grand plaisir de Vajda la jobarthienne, le cas de Barthes ou pourquoi pas celui de François Rastier, autre fol en écriture, cacographe émérite que j'étrillai naguère et qui, je le découvre pour mon plus grand plaisir, avait déjà reçu, sur son large séant d'âne savant, quelques solides coups de pied de la part de René Pommier !
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