29/04/2011
Le mariage d’un (futur) roi, par Germain Souchet

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15/06/2010
Mélancolie française d’Éric Zemmour ou forces et faiblesses du conservatisme français, par Germain Souchet

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23/06/2009
Jules Barbey d'Aurevilly dans la Zone

15/03/2009
Un prêtre marié de Jules Barbey d’Aurevilly, par Germain Souchet
Isaïe (6, 9-10).
«Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au cœur de l’Église ! Rien ne remplacera jamais une Messe pour le Salut du monde !»
Benoît XVI, homélie du 13 septembre 2008
Messe célébrée sur l’esplanade des Invalides.
«Est-il une joie plus grande que celle de souffrir pour votre amour ?»
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Manuscrits autobiographiques.
«L’essence de l’amour n’est-elle pas de souffrir pour l’objet aimé, plus qu’il ne peut souffrir et même quand il ne souffre pas ?...»
J. Barbey d’Aurevilly, Un prêtre marié.
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11/01/2008
Faut-il réhabiliter les Cathares ?, par Germain Souchet

Voici une longue et belle note critique, sous la plume de Germain Souchet, consacrée aux travaux de Michel Roquebert sur le catharisme.
Le fichier au format PDF (compressé) est illustré par quelques photographies que je pris lors d'un déjà vieux séjour sur cette terre fascinante (dès qu'on accepte d'en extraire les hordes de touristes aux jambes poilues et aux exclamations tonitruantes, ce qui certes constitue un bel exercice de concentration ou d'abstraction du réel... Un de ces exercices spirituels que prisaient, en somme, les Cathares).
Bonne lecture.
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23/10/2007
Artefact, de Maurice G. Dantec : quand le meilleur s’allie au pire, par Germain Souchet

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03/10/2007
Éléments succincts pour une théologie politique et juridique de l’union homosexuelle et transsexuelle, par Francis Moury

Ce texte est une réponse tardive à celui de Germain Souchet, intitulé Unions juridiques entre homosexuels : quand le droit devient totalitaire.
Je rappelle que Pierre Cormary, qui adore ce genre de sujets, a écrit une critique sur le livre de Michel Schneider, La confusion des sexes, ici.
17 octobre 1651
«Saint Augustin nous apprend qu’il y a dans chaque homme un serpent, une Ève et un Adam.»
Blaise Pascal, Pensées et Opuscules (éd. L. Brunschvicg, Opuscules, première partie, IX, éd. Librairie Hachette, coll. Classiques Hachette, 1978), p. 107.
«[...] L’inconscient se trouve, d’une façon générale, en dehors du temps. Le caractère le plus important et le plus étrange de la fixation psychique consiste dans le fait que les impressions subsistent non seulement telles qu’elles ont été reçues, quant à leur nature, mais aussi en maintenant toutes les formes qu’elles ont revêtues au cours de leur développement ultérieur : particularité qui ne se laisse expliquer par aucune comparaison avec ce qui se passe dans les autres sphères de la vie [...].»
Sigmund Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne, (1901-1904, trad. par S. Jankélévitch, éd. Payot, coll. P.B.P., 1922, tirage de 1976), p. 290.
«Nous trouvons un curieux symbolisme de mariage mystique dans l’écrit appelé l’Épître de Clément Romain (IIe siècle), ch. XIV : «L’homme est Christ, la femme est l’Église»; mais les deux ne font qu’un seul corps, si bien que cette union mystique (sunousia) a les caractéristiques d’une Syzygie, c’est-à-dire d’une notion d’androgynie [...].»
Dr. Jean Halley des Fontaines, La Notion d’androgynie dans quelques mythes et quelques rites, voir le chapitre XVII intitulé L’Église primitive (Librairie Le François, coll. Hippocrate, dirigée par le Pr. Laignel-Lavastine, 1938), p. 131.
Faute de temps, j’ai régulièrement procrastiné une réponse construite et ordonnée au texte de Germain Souchet paru en novembre 2006 sur l’union juridique des homosexuels. Cette rentrée 2007, si riche en événements de toute nature réclamant tous des commentaires, ne saurait pourtant me distraire du projet que j’avais d’en écrire une. La re-vision hier soir sur Arte du très beau film Wild Side de Sébastien Lifshitz a constitué l’indispensable aiguillon, la saine piqûre de rappel me notifiant à nouveau mon devoir de l’écrire. La voici donc enfin, avec un retard dont je prie Germain Souchet et Juan de m’excuser.
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25/09/2007
Memento de Christopher Nolan, par Germain Souchet

Avec Memento, son deuxième film, le jeune réalisateur Christopher Nolan, alors âgé d’à peine trente ans, a accédé à une notoriété aussi soudaine que méritée, comme l’ont démontré ses trois réalisations suivantes – Insomnia, Batman Begins et The Prestige. Ayant notamment obtenu le Prix Spécial du Jury et le Prix de la Critique du Festival de Deauville en 2000, Memento a rencontré lors de sa sortie en 2001 un assez joli succès commercial, tant aux États-Unis que dans le reste du monde, et décroché deux nominations aux Oscars.
Utilisant un mode de narration non linéaire – procédé que Nolan semble apprécier, puisqu’il est au cœur de la réalisation de The Prestige, sorti en 2006 sur les écrans, et qu’il est également employé dans la première partie de Batman Begins –, Memento raconte l’histoire de Leonard Shelby, un homme souffrant d’amnésie antérograde depuis la nuit où, portant secours à sa femme agressée et violée dans la salle de bains de leur villa par deux hommes entrés par effraction, il a, après avoir abattu un des deux malfrats, reçu un mauvais coup à l’origine d’un grave traumatisme crânien. En cette funeste nuit, Shelby a non seulement perdu sa femme, décédée des suites de ses blessures, mais également une partie de ses facultés mentales : l’amnésie antérograde se caractérise en effet par une incapacité à former de nouveaux souvenirs, tandis que la mémoire à long terme n’est nullement affectée. Autrement dit, Shelby peut se remémorer les images heureuses de ce qu’était sa vie avant ce qu’il appelle «l’incident», mais oublie ce qu’il fait et les personnes qu’il croise au fur et à mesure que le temps passe.
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10/09/2007
Vie et Règle de saint Benoît : deux textes d'une étonnante actualité, par Germain Souchet

Éditée en un joli format de poche par Médiaspaul fin 2006, la célébrissime Règle de saint Benoît de Nursie est ici utilement précédée d’une «Vie» extraite des Dialogues du pape saint Grégoire le Grand. Seul reproche que l’on peut faire à cette édition soignée, accompagnée d’une préface et de notes très instructives : d’assez nombreuses fautes de frappe, sans doute dues à la traduction (l’édition originale est en italien et l’impression a également été effectuée en Italie).La Vie de saint Benoît (480 – 547)
Ayant vécu et régné peu de temps après le patriarche des moines d’Occident, le pape saint Grégoire le Grand (540 – 590 – 604) peut s’appuyer sur des témoignages de première main pour raconter le passage sur cette Terre du saint patron de l’Europe. C’est ainsi qu’il nous indique que «le peu [qu’il] s’apprête à en dire, [il l’a] appris des écrits de quatre de ses disciples». De quoi nous faire effectuer immédiatement un rapprochement avec les quatre évangélistes, témoins de la vie de Jésus. Comparaison justifiée par la très grande sainteté de Benoît, dont la vie, entièrement consacrée au Christ dans une totale et pleine soumission, fut de ce fait émaillée de nombreux miracles. Comme l’indique Dom Xavier Perrin dans sa préface, «Benoît se voit comblé par Dieu de dons de plus en plus élevés. Il grandit dans le charisme des miracles jusqu’à ressusciter les morts. Il avance dans la connaissance de Dieu et en vient à lire dans les cœurs et à prévoir l’avenir». C’est sur cet approfondissement permanent de sa foi que le pape Grégoire le Grand insiste tout particulièrement, afin, en cette période de décadence des institutions et des mœurs que constitue le VIe siècle de notre ère, de rappeler les fruits innombrables que le Seigneur accorde à ceux qui le suivent patiemment, humblement et avec persévérance.
En conséquence, ces extraits des Dialogues consacrés à Benoît de Nursie constituent davantage un portrait mystique qu’une véritable hagiographie. L’homme a tendance à s’effacer derrière le saint, ce qui est somme toute normal, dans la mesure où le fondateur de l’ordre des bénédictins «appartient sans conteste au petit groupe des géants de la sainteté», pour reprendre la belle formule de la préface. Est-ce à dire que saint Benoît, dans ce texte, serait désincarné et trop éloigné de nos réalités quotidiennes pour nous toucher encore au début du XXIe siècle ? Bien au contraire.
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08/12/2005
Kingdom of Heaven, par Germain Souchet

Mercredi 4 mai 2005 est sorti sur les écrans Kingdom of Heaven, le dernier film de Ridley Scott, réalisateur entre autres films de Gladiator. L’action se passe en France et en Terre Sainte, à la fin du XIIe siècle, entre les deuxième et troisième croisades. Intéressé par le sujet et intrigué par la présentation des médias télévisuels parlant d’une œuvre de réflexion sur les problèmes de notre temps, j’ai donc décidé de voir ce film.
À mon sens, Kingdom of Heaven est la plus grande œuvre de détestation de soi de l’Occident chrétien produite à ce jour par les studios de Hollywood et constitue à ce titre – et je pèse chacun de mes mots – un véritable danger pour la paix civile et l’avenir de notre civilisation. Les deux principaux traits du film sont en effet :
1. une présentation grossièrement falsifiée du christianisme médiéval comme étant simplement un instrument de pouvoir et de contrôle des esprits aux mains d’un clergé couard et peu scrupuleux, et de fanatiques meurtriers et va-t-en guerre ;
2. une relecture de l’Histoire consistant à présenter les Croisades comme une agression injustifiée de l’Occident chrétien contre un Islam pacifique, ce qui expliquerait, près de mille ans plus tard, les tensions actuelles au Proche-Orient et justifierait les soi-disant «rancoeurs» du monde arabo-musulman contre l’Occident. Ce faisant, ce film adhère à la vulgate islamiste d’Oussama Ben Laden qui a conduit directement aux attentats du 11 septembre 2001 à New York puis à ceux du 11 mars 2004 à Madrid.
Le film de Ridley Scott commence en effet par cette indication bien étrange : au XIIe siècle, l’Europe vivait «sous la répression et dans la pauvreté», réactivant un mythe tenace sur le Moyen Âge que les recherches des trente dernières années ont pourtant largement battu en brèche (1). Les toutes premières scènes nous montrent la femme de Balian (Orlando Bloom) être décapitée avant d’être enterrée, sort qui lui est réservé en raison de son suicide. Avant cela, le prêtre avait volé la petite croix qu’elle portait autour de son cou. Faisant comprendre à Balian que sa femme est «en enfer sans tête», le prêtre est assassiné par ce dernier puis jeté dans le feu. Image choquante qui illustre bien la tonalité adoptée par le film à l’encontre du christianisme.
Les choses ne s’arrangeront pas par la suite : le clergé y est présenté comme couard et totalement indifférent au sort de la population de Jérusalem. L’évêque de la ville, voyant l’arrivée des troupes de Saladin, déclare qu’il faut fuir et, si le peuple doit mourir, «c’est dommage pour lui, mais Dieu le veut» ! Quelques jours plus tard, alors que Saladin s’apprête à négocier avec Balian devenu entre-temps défenseur de la ville, l’évêque déclare tout de go : «Convertissez-vous tous à l’Islam, vous vous repentirez plus tard», s’attirant un cinglant «vous m’avez appris beaucoup de choses sur la religion» de la part de Balian. Et j’ai envie de dire : moi aussi ! Car vraiment, la première croisade, qui a vu des centaines de milliers de pèlerins partir volontairement vers la Terre Sainte pour répondre à l’appel du Pape, aurait-elle été possible si l’Église était aussi détestable qu’on veut bien nous la dépeindre dans ce film ? La réponse est évidemment non.
Quelques petites phrases savoureuses émaillent également le film, comme ce prédicateur sur la route de Messine déclarant à qui veut l’entendre que «tuer un infidèle n’est pas un péché, c’est le chemin vers le paradis», ou encore Balian s’exclamant devant le spectacle de Templiers exécutés dans Jérusalem pour avoir tué des Arabes : «Ils sont exécutés pour avoir fait ce que le Pape leur ordonnait de faire»… Splendide travail de désinformation et de falsification de l’Histoire, consistant à nous présenter le seul homme pur et respectable de tous les croisés – Balian – comme un athée (n’ayons pas peur des anachronismes !), considérant que la religion n’a pas d’importance, car seule la volonté de créer un «royaume de conscience, où chrétiens et musulmans vivent en paix» compte.
Certes, l’Église, à travers les âges, et en particulier au Moyen Âge, est loin d’être exempte de tout reproche : le regretté Jean-Paul II a lui-même a plusieurs reprises demandé pardon à Dieu pour les péchés de l’Église. Cependant, entre des comportements hautement condamnables mais, quelle que soit leur ampleur, minoritaires, et le tableau dressé par Ridley Scott, il est un gouffre que seule une violente idéologie anticléricale peut mener à franchir.
Malheureusement, Ridley Scott ne s’arrête pas là, puisqu’il double ce tableau d’une relecture de l’Histoire consistant à inverser le sens des Croisades. Les musulmans y sont en effet présentés comme relativement pacifiques tandis que les chrétiens seraient les agresseurs.
Certes encore, il est vrai que les provocations permanentes de Renaud de Châtillon et l’intransigeance de Gui de Lusignan, successeur du roi Baudouin IV à la tête du royaume de Jérusalem, précipitèrent l’attaque de celui-ci par les forces de Saladin. Pour autant, il ne faut pas oublier que l’objectif ultime du chef musulman était bien de reprendre la ville sainte, la trêve conclue avec les Croisés devant lui permettre d’unifier les royaumes musulmans sous sa domination et de constituer une armée capable de vaincre les chrétiens. De même, s’il est vrai que l’esprit chevaleresque de Saladin fut loué en son temps (le poète Dante l’ayant même inclus parmi les âmes païennes des limbes dans La Divine Comédie), la présentation qu’en fait Ridley Scott est excessivement positive : prenant Jérusalem, il épargne dans le film tous ses habitants et tous les combattants – répondant à Balian qui lui rappelait le massacre des musulmans dans la ville lors de sa prise par les chrétiens à la fin de la première croisade : «je ne suis pas ces gens-là, je suis Saladin» – et on le voit même remettre respectueusement sur une table une croix tombée à terre… C’est oublier que Saladin fit immédiatement exécuter tous les Templiers et les Hospitaliers présents dans la ville. Pourquoi le masquer ?
Par ailleurs, Ridley Scott semble oublier que les croisades furent lancées pour enrayer l’expansion militaire de l’Islam qui, en quatre siècles à peine, avait conquis tout le Moyen Orient, l’Afrique du Nord et même réussi à pénétrer en Europe, et pour permettre aux chrétiens d’accéder de nouveau aux lieux saints de Jérusalem, sa prise par les Turcs en 1078 ayant mis un terme à l’ouverture de la ville sainte aux pèlerins chrétiens. Pourquoi, dans ce cas, faire dire à Saladin que les musulmans n’avaient connu que très peu de victoires avant son arrivée ? Pourquoi faire dire à Balian que la prise de Jérusalem par les chrétiens était une «offense» faite aux musulmans ? Pourquoi faire dire encore à un chevalier qu’il faut rendre Jérusalem accessible à tous les cultes, comme cela était le cas «quand les musulmans occupaient la ville avant [eux]», alors que c’est précisément parce que la ville n’était plus ouverte aux chrétiens que ces guerres ont commencé ?
Enfin, le réalisateur s’attarde complaisamment sur l’extrémisme des Templiers, criant sans cesse «Dieu le veut» pour justifier une reprise des hostilités contre les musulmans et se rendant coupables des pires exactions. On m’objectera qu’on voit également l’extrémisme dans l’autre camp. C’est vrai, face aux dizaines de Templiers fanatiques on voit… un musulman reprochant à Saladin d’avoir accepté de maintenir la trêve à la demande du roi lépreux… Le déséquilibre entre les deux est tellement flagrant qu’il s’apparente à une grossière technique de propagande. De plus, s’il est vrai qu’on voit Saladin égorger Châtillon et que l’image de l’ost anéantie – corps épars, souvent décapités, Templiers massacrés au pied de leur croix – est très crue, il est difficile, en voyant le film, d’éprouver beaucoup de pitié devant ce spectacle. Car au fond, ne l’avaient-ils pas mérité ? N’avaient-ils pas voulu cette guerre envers et contre tout ? N’avaient-ils pas massacré les premiers les musulmans, Châtillon allant même jusqu’à assassiner la sœur de Saladin – je n’ai d’ailleurs pas trouvé la moindre trace de cet événement –, sachant pertinemment qui elle était ? En omettant de rappeler le contexte des croisades, en présentant la situation au XIIe siècle de manière très déséquilibrée, Ridley Scott en viendrait presque à nous faire prendre parti contre les chrétiens.
Car au fond, l’idéologie qui sous-tend Kingdom of Heaven est la suivante : le christianisme était le règne de l’obscurantisme et de la terreur, de la trahison et des massacres. L’Islam a été agressé, et l’Occident chrétien est donc responsable de la rancœur du monde arabo-musulman. Certes, nous avons quand même le droit de nous défendre (heureux, tout de même, que Ridley Scott nous concède ce droit !) mais en aucun cas pour protéger le christianisme, seulement pour défendre «la liberté et la sécurité du peuple». Et tant pis si la liberté passe avant tout par la liberté de culte, tant pis si les Croisades ont été déclenchées justement pour permettre aux chrétiens d’accéder de nouveau aux lieux les plus sacrés de leur foi, tant pis enfin si leur sécurité est menacée précisément parce qu’ils sont chrétiens…
L’Islam a le droit de vouloir reprendre Jérusalem parce que c’est un lieu saint, et parce que nous devons respecter chez l’autre ce que nous ne respectons pas chez nous : la religion. Mais le christianisme, lui, ne saurait se défendre en tant que tel. L’anachronisme du relativisme religieux est total, mais tant pis, car la fin – continuer à pousser ce «long sanglot de l’homme blanc» évoqué par le philosophe Pascal Bruckner – justifie les moyens.
Certes, les guerres de religion sont par nature épouvantables car elles suscitent de tous côtés le fanatisme. Vouloir créer un dialogue serein et fructueux entre l’Islam et l’Occident d’héritage chrétien est plus que jamais nécessaire, car lui seul peut empêcher la dérive de certains vers l’idéologie islamiste, perversion de la religion musulmane. Mais il n’est pas nécessaire pour autant de réécrire l’Histoire en s’accusant de tous les maux et de toutes les erreurs passées. La mauvaise conscience occidentale n’a jamais été un gage de respect de la part des islamistes.
Vouloir la paix n’est pas se renier, ni refuser de combattre ses agresseurs. La détestation de soi n’empêchera pas les islamistes de nous haïr, précisément pour ce que nous sommes, à savoir des Occidentaux héritiers du christianisme ; elle ne fera qu’y ajouter un profond mépris.
Note
(1) Cf. notamment l’excellent résumé de l’état de ces recherches fait par Jean Sévillia dans son ouvrage Historiquement correct, Perrin, 2003.
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