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28/11/2012

L'Empire du Rien n'a pas perdu son chantre : Pierre-Antoine Rey dit Cormary, cacographe, pornographe, souchien (faux-ami) et camusien transi

Crédits photographiques : Armando Franca (Associated Press).

Ajout du vendredi 8 février 2012.

Parfois, je me dis que Dieu, dans son infinie sagesse, a créé, comme les crapauds et les limaces, un Pierre-Antoine Rey pour me rappeler ce que sont les lénitives vertus de la répétition. Accordez une ligne (la voici, quelle affaire : «[Philoménon Yanka] utilise à peu près le même pseudo-argument que le cacographe [Arnulphe] Rey»), en bas de note, au meilleur de nos plus mauvais écrivants, et ce condor de la pensée nothombienne, du haut de sa stratosphère, vous chie un ciel de guano pour vous rappeler, encore et encore, qu'il ne peut décidément vous oublier, que ce serait même indécent, voyons, qu'il ne se rappelle pas à votre bon souvenir par un rot, un pet ou une longue fiente toute molle et verdâtre, signe d'intestins en effervescence. Après les philippiques, au moins méchamment bien troussées, du polygraphe belge, les jérémiades poussives du cacographe niçois, c'est bien notre déveine de tomber de Yanka en Rey ! : «Hé m'sieur, m'sieur, moi aussi, hein, chuis méchant», répète notre petit factotum de la dégoulinade à prétention stylistique. Non mon petit : toi, tu es bête et tu ne sais pas écrire, et tu ne t'en remets toujours pas que je te méprise.
Notre raté notoire, dans la trentième note qu'il me consacre depuis que j'ai eu l'idée remarquable de lui suggérer de créer un blog, afin que l'humanité ne soit pas privée de ses lumières digestives, semble ne toujours pas avoir compris l'évidence : c'est bien sûr du point de vue le plus éminemment littéraire que je juge l'affriolante qualité de son potage tout plein de rognures de nombril en pleine fermentation, de strates géologiques de cérumen xénophobe, de gisements profonds de poils de misogynie, de croûtes marmoréennes de vulgarité et de bubons expansifs de trouille, en rappelant justement que cette alléchante mixture, même pour les papilles d'un pauvre hère souffrant d'un cancer de la langue, ne peut être confondue avec une écriture digne de ce nom. Rappelez à Pierre-Antoine Rey qu'il a perdu une procédure contre moi à laquelle il s'était pourtant joint, alors qu'elle ne le concernait d'aucune sorte, montrez-lui, en le citant et en argumentant, qu'il ne sait ni lire ni écrire si ce n'est après avoir enfilé sa panoplie de René Girard et ce Diafoirius de la quatrième de couverture mélassée d'humeurs et de bile vous crie son amour si maigrement rendu il est vrai.
J'ai commis une erreur de taille, à l'endroit de Pierre-Antoine Rey, et je prie mes lecteurs de bien vouloir me pardonner cette inadmissible bourde. J'ai supposé que Pierre-Antoine Rey possédait un cerveau, des yeux aussi, cet ensemble d'organes, dont un colibri est pourvu, lui permettant, à peu près, de comprendre ce qu'il lisait. Je me suis trompé lourdement mais, me souvenant des exposés d'Austin sur la parole performative, j'espère au moins ne point exagérer les pouvoirs du langage en écrivant : apprends à lire et à écrire, pauvre Horla malaimé et surtout, surtout, essaie de m'oublier car je ne suis de toute évidence pas intéressé par ta comique parade amoureuse.

«D'ailleurs, que faire dans la vie, sinon jouer ? Calmez-vous, monsieur Match... Que faire dans la vie ? Vous avez l'embarras du choix. Que ne vous mariez-vous ? Vous me dites que les femmes n'aiment que les hommes qui les amusent, qui sont beaux ou qui leur font la cour. C'est vrai... Amusez les femmes! Comment ? Eh bien soyez spirituel, drôle, racontez des histoires... parlez chiffons... homosexualisez vos gestes, votre tenue vestimentaire, vos propos... Renoncez à votre air affamé devant les belles – elles ont horreur de donner à manger aux pauvres et s'effraient si vous vous précipitez sur leurs appâts comme la misère sur le pauvre monde – éteignez le feu de votre regard, soyez toujours disponible, offrez de menus cadeaux. Au-dessus de vos forces ? En ce cas, soyez l'homme d'un métier, travaillez. Prenez un emploi dans les Postes, ouvrez une boutique, vendez des chapeaux, de la crème à raser, des balais, embrassez la carrière des armes, embauchez-vous comme gardien de musée, jongleur, commissaire de bord, moniteur de ski. Ho ! quel étrange regard me jetâtes-vous, monsieur Match ? Douteriez-vous de mon amitié ?»
Jean Cau, La Pitié de Dieu (Gallimard, coll. NRF, 1961), p. 233.

«Vingt ans déjà. Le problème d’Amélie Nothomb est qu’à force de la voir publier un livre tous les ans à la même époque on finit par oublier qu’elle est géniale, que sa littérature est la plus vivante et la plus surprenante du temps, et que contrairement aux critiques qui doivent bien vivre, elle reste jeune comme au premier jour.»
Pierre-Antoine Rey dit Cormary, sur son blog.

«Continue de s'éclater comme un con sur Facebook. Tente de se réformer gastriquement, car il fait de l'hypertension, des tendinites, et n'a pas renoncé à baiser un jour normalement. Couleur préférée : le bleu paon.»
Du même (cf. À propos, sur son blog).


Version très courte et bernanosienne

Les ratés ne vous rateront pas (in Cinq appels aux Français, Le Chemin de la Croix-des Âmes).

«En moi, je renie le désir,
Qui ne fit jamais que pourrir,
Abandonnant les belles en rut,
...M’éjectant de toutes les luttes,
Glaçant n’importe quelle ardeur,
Ennuyant toutes les moiteurs,
Ne se révélant qu’à la main,
Loin du con, des cuisses et des seins.»

Pierre-Antoine Rey dit Cormary, Forceps, poème publié sur Facebook et reproduit sur son blog.



Version courte

Notre époque est celle où règnent les clowns et la parodie. Il n'est donc pas étonnant que ce soit une personne qui ne sait pas écrire, qui pense mal, qui est dénuée de la moindre culture littéraire, politique, philosophique et, bien sûr, théologique, un exégète insignifiant dont la rigueur herméneutique est une blague, un procureur et un inquisiteur de foire virtuelle, il n'est pas étonnant que ce soit ce type d'insignifiance bavarde bien évidemment contente de son insignifiance et de son bavardage, néo-décadent affamé de chair et de chaire et qui contente la seconde bien davantage que la première selon ses propres dires, il n'est donc pas du tout étonnant que Pierre-Antoine Rey, qui a le jugement comme les deux accoudoirs de son fauteuil, soit celui qui me demande, sans pudeur ni honte, de me justifier sur mon passé de grand résistant au Remplacisme, qui me traite de belle âme, de chef de meute, à mots couverts de lâche narcissique, d'enragé du net, de spécialiste en démonologie ayant vendu son âme au diable et, pour finir, de Judas qui, comme il se doit, a trahi le Christ et, à tout le moins, retourné sa veste un nombre non précisé de fois, comme moi d'ailleurs.
Dans un monde inversé, n'est-il pas logique que la bassesse mime la grandeur et que, remplissant son office, elle accuse de lynchage celui-là même qu'elle traîne publiquement dans la boue ?
Nous ne nous étonnerons pas qu'un aussi mauvais lecteur que Pierre-Antoine Rey fasse mine de se rendre compte que je ne suis pas, à la différence de ses amis camusiens de plus ou moins fraîche date et, peut-être, de lui-même, un xénophobe aussi ordinaire que respectable (ce qui fait de ces personnes des êtres non point ordinaires mais, finalement, des personnes vulgaires, rendues plus vulgaires par le poids même de leur intelligence supposée). Je ne me suis jamais justifié, pas même devant des juges auxquels notre clown calomniateur avait exposé par écrit ses nombreuses doléances, et je ne me justifierai donc pas devant un homme qui à mes yeux n'aurait pas même le droit de mépriser la rognure d'ongle de la pire charogne ayant existé sur terre. D'ailleurs, je rappelle à Pierre-Antoine Rey que sa tentative ô combien digne et courageuse de réaliser un greffon procédurier s'est soldée par un magnifique échec, bien capable après tout, à condition que ce triste personnage fût digne de se poser quelques questions sur ses actes dictés par une petite envie recuite, de le renvoyer à sa lâcheté et sa très médiocre capacité de nuisance.
Saint Tartuffe, patron de Pierre-Antoine Rey, prie donc pour lui, si pauvre pécheur, si piètre pêcheur d'âmes.
Je comprends bien ce qui guide Pierre-Antoine Rey, Ponce Pilate d'opérette qui, à vrai dire, ne s'est jamais lavé les mains : moins l'envie de débattre ou de critiquer (puisqu'il ne débat de rien et insinue plutôt qu'il ne critique, ce qu'il n'a jamais su faire) que celle de nous faire croire que je siffloterais tous les matins, en me rasant pourquoi pas, la ritournelle que Dutronc composa sur l'opportuniste. Moins, aussi, l'envie de tenter de comprendre l'évolution intellectuelle (si elle existe) de celui qui n'a jamais voulu être son ami, que celle de dénigrer un comportement qu'il lui est impossible d'admettre, lui l'éternel suiveur, l'homme de rien obligé de se jucher sur les épaules de certains écrivains qu'il barbouille ou de journalistes peu regardants qu'il flatte. Répondons donc à ce serviteur volontaire, toujours heureux de se soumettre et de flatter, que je suis ce qu'il n'a jamais été, ce qu'il n'est pas et ce qu'il ne sera sans doute jamais : un homme libre.
Un homme libre ne se justifie jamais, fût-il accusé par une théorie d'ombres dolentes, fût-il suspecté d'entretenir des sympathies extrémistes, desquelles, du reste, j'ai été dédouané, mes furieux contradicteurs oublient ce détail comme ils en oublient d'autres, par un organisme aussi vigilant, sur ces questions qui empêchent les souchiens de dormir sur leurs deux oreilles, que le MRAP.
Un homme libre explique, toutefois, même s'il ne s'explique jamais.
Expliquons. Pierre-Antoine, enlève donc les doigts de ton nez, je te prie, je t'ai déjà expliqué mille fois qu'un élève aussi prometteur que toi devait tout de même essayer de ne pas polluer l'ensemble de la classe avec ses déjections, petites ou grandes.

«En moi, réel est pure haine,
Et l’image, seule érogène.
Onan sur le net et Masoch
De sites en bites, partout loque,
Je m’aliène aux récits SM
Autant qu’aux filles qui ne m’aiment.
Tant pis pour moi, tant mieux pour elles.
Au moins ne salirai leurs ailes.»



Version romancée

Il faut bien vivre !, s'exclame Pierre-Antoine Rey dans l'une de ses plus récentes notes, qui est d'ailleurs bien moins consacrée à la défense et à l'illustration des thèses, qu'il fait mine de connaître, de Renaud Camus sur le Grand Remplacement qui eut son chantre en la personne du grand écrivain Jean Cau (1), qu'à un appel au secours que nous pourrions résumer de la façon suivante : Juan Asensio, je t'en prie, réponds-moi, ne me laisse pas fermenter dans le jus aigre de ma solitude profonde, essentielle, qu'importe même que je sois entouré par tout un tas d'animalcules ovovivipares et gaudepisés (de godepie, morue) qui s'ébrouent derrière leur petit écran (2) dès que je parle de toi. Je sais bien que je mérite, mille et mille fois, ton mépris, puisque je ne manque jamais une occasion, depuis la création ou peu s'en faut de ton blog en 2004, de réclamer ton attention d'une façon ou d'une autre. Je sais bien que ma dernière vilenie (connue), qui a consisté à apporter mon soutien, au moyen d'une lettre immonde de plus d'une douzaine de pages (oui, mon vomi s'est déversé, j'aime me déverser) rédigée de ma grosse main toute blanche, à trois de mes amis qui, depuis 2009, veulent à tout prix te faire condamner par la justice française et t'étouffer financièrement en te demandant des sommes qui, additionnées, dépassent 150 000 euros, que cette magnifique vilenie mérite, à tout le moins, que j'ose me regarder dans une glace. Je sais bien encore que, lorsque tu m'as croisé par hasard (ce hasard qui fait décidément si bien les choses, comme c'est par pur hasard que tu as recroisé Renaud Camus sur un plateau de télévision, comme c'est encore par pur hasard que tu t'es assis à quelques centimètres de son cul in-nocent et de stricte AOC gersoise, petit farceur, va !), dans une rame de métro, je t'ai souri timidement, d'un sourire de petit garçon apeuré et craintif tout pressé de dire «Pouce !» au moment où il se sent en danger, et que tu m'as alors gratifié d'un regard que je ne suis pas près d'oublier, où j'ai pu lire, en un éclair de mépris pas même amusé, la grossièreté de ma personne et le ridicule achevé de mon existence. Tu as dû me voir, ensuite, avançant sur le quai comme un Chesterton réfléchissant, avec un sourire rêveur, au nommé Jeudi. Une fois de plus, c'est à toi que je songeais, bien sûr ! Car tu me dévores.
Je sais tout cela, et je sais aussi que je me suis répandu, auprès de personnes qui étaient de simples connaissances à mes yeux et qui ont pu être, aux tiens, des amis, sur ce que je sais ou crois savoir de ta vie privée, que je fais mine publiquement d'ignorer et qui en réalité m'obsède. Tout m'obsède chez toi, je me repasse en boucle ton passage dans le petit écran et je crois bien que je n'ai pas fini de le passer et de le repasser. Toi qui, contrairement à ce que j'ai osé dire lorsque je suis allé te voir et t'écouter au TGI, avais si belle allure, parlais si bien, tu viens d'illustrer par l'exemple ce que je sais parfaitement et que j'ai travesti : ton calme, ton aisance, ta fermeté (Baroin s'en souvient, Colombe Schneck aussi), bref, ta gentillesse. Comme je suppose, aussi, que ma vie t'obsède, regarde, je l'évoque dans chacune ou presque des lignes que j'écris. Je sais bien que tu ne vas pas déverser sur ma tête un tombereau d'insultes, moquer mon corps répugnant, mon âme laide, ma veulerie sans nom, ma trouille bien connue, avec comme il se devra mon vrai nom révélé et répété mille fois, le tout enrobé de mille explications enragées et illisibles sur le bien-fondé de tes attaques mais, vois-tu, je dois bien te salir, non, cela m'amuse tellement, et cela permet à tant d'autres poltrons de s'abriter derrière le rempart de mon corps qui, une fois encore mais certainement pas la dernière, rougira en sa partie la plus large et molle, marquée tant de fois par l'empreinte de solides godillots.
Je sais tout cela, et aussi que, par peur, par lâcheté, peur et lâcheté qui devancent chacune de mes phrases comme un poisson pilote d'un genre spécial qui guiderait non pas un requin mais une créature molle et aveugle des profondeurs, j'ai refusé de te rencontrer, il y a quelques mois, au moment où tu m'as proposé d'aller boire un verre et de régler nos différends (au fait, quels sont-ils ?) entre hommes, une expression que je déteste tant elle provoque un relâchement de mes forces et de mon courage si labiles.
J'ai refusé. Dès ce moment, j'aurais dû, à ton égard, me contenter de me taire. Oui.
Mais je ne sais pas me taire, comme toutes les vieilles filles esseulées qui, au coin du feu, égrènent les souvenirs insignifiants d'une vie plate comme les billes sucrées d'un chapelet à la guimauve.
Je suis un lâche, vois-tu et, comme tous les lâches, il m'a fallu ruser pour échapper aux forts en gueule ou en bras. Je crois que tu m'as bien décrit, dans ton livre sur Judas, en évoquant le gnou, cet animal si pataud et imbécile quand il est en troupeau, qui devient pourtant intelligent, l'espace de quelques secondes au moins, lorsqu'il se sent en danger et que la puissante mâchoire va se planter, s'est déjà plantée, sur ses flancs ruisselant de la sueur de la peur. Trop tard. Le gnou est emporté, et seule la queue du crocodile semble sinuer à la surface de l'eau d'une façon ironique.
Je sais, oui, je sais aussi que, toutes les fois que j'ai évoqué, si mal, un de tes livres, ce n'a jamais été pour en proposer une critique fine ou assassine (je me rêve tireur d'élite alors que je ne suis que vivandier, condamné à ramasser les ordures laissées par les gaillards du front qui me terrorise), mais uniquement pour essayer de te blesser. Ainsi, j'infère de ta passion affichée et illustrée, par tant de travail, pour la démonologie, le fait que tu sois un démon et, de ton livre sur Judas, que je n'ai pas compris et, pour tout te dire, même pas lu, celui que tu sois un traître. Un traître, rien que cela.
Un traître, oui, c'est un grand mot sans doute et, à la réflexion, je ne suis pas certain que tu aies trahi. Trahi qui ? Trahi quoi ? As-tu jamais milité pour une cause politique ? T'es-tu fais, une seule fois, le chantre des idées paraît-il politiques de Renaud Camus, alors que, si j'avais su te lire (par exemple ta critique sur Le Communisme du XXIe siècle), j'aurais compris que ton millénarisme te faisait considérer l'agitation politique, d'où qu'elle vienne, comme un théâtre d'ombres où s'agitent les vanités ? Je sais tout cela, oui, et bien d'autres choses que tu ignores et pour lesquelles Dieu seul, le moment venu, ne me réclamera aucun compte mais se contentera de me
juger. Peut-être que, comme l'un de ces vieux Juifs intraitables, j'essaierai de sauver ma peau, rejouant l'histoire d'Abraham et des villes pécheresses qui frappa tant l'imagination de Louis Massignon.
Non non non, ne pense pas que j'introduis le sujet si gonflant d'Auschwitz, dont on finira bien par se débarrasser lorsque tous les témoins directs de l'horreur auront disparu, que tu as même eu la délicatesse et l'extrême ingéniosité, devant un Renaud Camus non pas blanc mais livide, de déconnecter de sa si fâcheuse propension à compter les Juifs ! Les Nazis aussi estimaient qu'il y avait bien trop de Juifs en Allemagne et dans le monde. Il est vrai que, sur ce terrain-là, René Girard ne m'aide pas beaucoup avec son christique sacrifice mimétiquement rejoué jusqu'à la fin des temps. Les Juifs sacrifiés ? Oui. Mais à quel Dieu ? Pas le mien en tout cas, je ne veux rien savoir et me lave les mains, elles n'en finissent pas d'être rouges, comme celles de Macbeth, tiens, Notho.. euh, Shakespeare a écrit une si belle pièce sur la culpabilité infinie des non-coupables.
Pardonne-moi de me prêter des références qui sont les tiennes mais c'est que, à force de te haïr, j'ai fini par t'aimer d'un drôle d'amour, vain, ridicule et sale comme tout ce qui vient de moi. Je sais tout cela, oui, mais je te demande, encore une fois, non pas de comprendre ma lâcheté misérable et ma méchanceté suintant de mon petit sourire en coin (car je ne ris jamais). Je te demande seulement de me lire, de me lire, oui, encore et encore, car, au fond, je ne suis pas grand-chose sans ton écriture, Stalker, tes livres, moi qui ne sais pas écrire, qui ne publierai, fort heureusement tu me diras, jamais rien, surtout pas mon journal, minutieusement tenu à jour depuis des années, depuis l'époque où j'ai senti que l'intelligence venait au gnou et que donc je serai un lâche intelligent, ce qui est sans doute un pléonasme, ce journal où je déverse, page après page, l'ignominie à la petite semaine de l'existence de celui que personne n'aime, que personne ne craint, que personne n'attend, que tout le monde, au fond, prend un peu en peine et plaint, même si je doute de la sincérité des autres plus que je ne doute de mon insignifiante misère toute pressée de se confier, de se dire, de s'épancher dans l'oreille des psychanalystes ou dans celle, bénie entre toutes, d'une amie, d'un ami, cet ami que tu n'as jamais été, par ma faute, cet ami que tu n'es pas, par ma faute, cet ami que jamais tu ne seras, par ma faute encore. Ô mon cher Juan, prends pité de ma longue misère comme dit l'autre de façon un peu trop grandiloquente et accorde-moi, une toute dernière fois, un regard, un seul regard, un regard unique, une dernière parole, pas même !, tend l'oreille pour que j'y déverse le maigre rébus de ce que je suis : rien ou si peu, un raté qui ne rate jamais personne ou qui pense ne jamais les rater et qui donc ne touche jamais que lui-même, qui n'enseigne rien mais se contente de salir et, dans le meilleur des cas, de répéter ce que mille autres que lui ont écrit et surtout, eux-mêmes répété.
Je t'ai regardé, encore et encore. J'ai agrandi l'image, je l'ai fait défiler seconde par seconde, je veux percer ton secret, vois-tu ! J'ai vu des choses si petites, de vraies petites grâces que les caméras n'ont captées qu'à moitié.
Comme il était beau par exemple ce moment, que nul n'a commenté, où l'un des invités présents sur le plateau de Frédéric Taddeï t'a remercié, t'a souri et t'as serré la main. Je crois même qu'il t'a fait un clin d’œil, mais cela, toi seul pourrait me le dire. Il t'a remercié en tout cas, j'en suis certain, parce que tu lui avais appris quelque chose, Juan, comme tant d'autres de tes lecteurs t'ont remercié, parfois de simples inconnus, pour tout ce que tu avais écrit sur ton blog, depuis 2004, dans tes livres, comme tant d'autres qui à présent te trouvent tant de défauts ont par exemple créé leur blog après avoir, enfin, pu inspirer une vraie bouffée d'oxygène en lisant le tien. Moi, je sais par exemple que, sans ton insistance, jamais je n'aurais créé ma petite page porno-politique. Moi, je me souviens de cette soirée où, une nouvelle fois, tu as tenté de me convaincre de publier et où j'ai dû te lancer un regard terrifiant de lâcheté et de peur.
Ils t'ont remercié parce que tu enseignes, c'est une évidence, à ta façon paradoxale mais tu enseignes bon sang, et ils t'ont remercié en discutant avec toi, en te confiant, Moury, Rivron, Evard, Mari, Le Brusq, Bart, Mion, Souchet, d'autres encore, leurs textes, alors que nul, pas même le plus zélé de mes lecteurs de si peu de poids, n'aurait jamais eu l'idée de publier un de ses textes sur mon blog-urinoir. Il t'a remercié, ce petit métèque pourtant fils de la France autant que je le suis, autant que tu l'es, pauvre fils d'immigrés Basques, il t'a remercié parce que tu as enseigné, parce que tu as appris quelque chose à cet homme qui incarne finalement tout ce que je déteste, tout ce que Renaud Camus et ses lecteurs détestent. Il fallait voir, à ce moment, la mine dégoûtée que tirait le pauvre Camus drapé dans sa superbe et qui, lui, ne nous a rien appris mais s'est contenté de nous répéter son antienne gonflée de mépris et de peur ! Bernanos, encore lui, dit quelque part que l'avenir ne peut se construire sur la peur, et toutes ces personnes ont peur, tellement peur, moi le premier. Et cet homme, Rachid Djaïdani, t'a remercié parce que c'est le savoir et, plus que le savoir, sa transmission, qui élèvent alors que la haine, la mienne qui sue à gros bouillons, celle que Renaud Camus a toutes les peines du monde à cacher derrière ses phrases impeccables, celle de ses lecteurs, enfin, exposée aux yeux de tous, abaisse, et qu'elle commence toujours son œuvre de destruction en abaissant celles et ceux qui la distillent, eux, moi, nous.
Finalement, Juan, je viens, une fois de plus, de te prouver par ma rinçure dont je ne suis pas peu fier que je ne suis que cela : un homme haineux, c'est-à-dire un homme bas, et vil, et déchu de sa stature d'homme.
Pas un Français de souche qui planque pourtant son vrai nom, le nom de son père, sous un autre.
Pas un homme qui ose, car il faut oser, ne pas avoir peur, contre la haine si commode et si facile, enseigner, c'est-à-dire tendre sa main à celui qui ne sait pas ou sait moins, qu'importe qu'il soit tout de même un peu moins blanc que moi.
Moi, je suis un pauvre hère, un misérable Sancho Panza ayant perdu son maître, et qui de toutes mes forces en cherche un nouveau, qu'importe son nom, Stendhal que je barbouille en le faisant tremper dans mon propre bouillon turpide, Nothomb que je place aussi haut que Shakespeare, Matzneff dont j'envie la verdeur et que je moque auprès des femmes, Houellebecq que j'ai courtisé comme un chien lape un trottoir ou maintenant Lévy et le trois fois souchien Camus, qui, comme tous les autres, ne voudra jamais de moi car la médiocrité se détourne en fait de la bassesse, comme si cette dernière était à ses yeux un démon d'un rang plus important, qu'il serait dangereux de côtoyer de trop près.
En fait, laisse-moi te dire, Juan, que je ne suis rien
.

«Depuis l’an, nous nous retrouvâmes.
Elle était plus qu’une grande âme,
J’étais moins qu’un ectoplasme,
Traversé d’eczéma et d’asthmes,
Pleurnichant au moindre soufflet,
Me branlant hiver comme été,
Bouffant comme trois, chiant comme six,
Me torchant comme saint Sulpice.»



Version longue, sourcée

Pierre-Antoine Rey ne peut s'empêcher, une fois de plus, de faire la seule chose qu'il sait faire, d'ailleurs très mal : commenter, salir c'est tout un à ses yeux, gâcher un texte, une œuvre, comme une mauvaise cuisinière gâche une sauce, pouffer de rire, vendre son maigre talent à quelques vieilles roulures du maljournalisme. Pierre-Antoine Rey, qui est un cacographe solipsiste et esseintien (au bout de quelques générations, le gène souchien se tarit), signe, par chacun de ses mots, son appartenance indéfectible, essentielle, métaphysique, au journalisme le plus racoleur et vulgaire qui, comique retournement de l'intention qu'il me reproche (avoir publiquement crucifié Renaud Camus au moyen de... trois mots, conjonction de coordination incluse), ne chasse qu'en meute, les charognards et les vautours lapant le jus de morgue qui suinte de son blog et du mur de son compte Facebook.
Il faut dire qu'il doit donner des gages d'appartenance à sa nouvelle petite meute dont il rêve d'être le moderne Nemrod alors que, dans le meilleur des cas, un Jérôme Leroy et une Élisabeth Lévy doivent le considérer avec un ironique apitoiement.
Il faut en effet bien vivre disais-je, et c'est sans doute la raison pour laquelle Pierre-Antoine Rey, agent de surveillance statique employé par le très public Musée d'Orsay, prend le soin de signer sous le nom de Cormary (celui de sa grand-mère, il me semble), ses innombrables billets ineptes et orduriers, par exemple consacrés à votre serviteur puisqu'il est assez visible que je l'obsède (3), tout comme il prend le soin de signer de Cormary ses non moins innombrables tribunes ineptes et racoleuses sur Causeur, un site pour le moins classé à droite de l'échiquier politique, clone de Globe ou de L'Idiot international sans écriture, cénacle de troisièmes couteaux à vie posant à l'originalité et dont nous préciserons que, parmi d'autres comme Charles Beigbeder et Xavier Niel, l'un des financeurs n'est autre que le très discret Gérald Penciolelli, ancien membre d'Occident et ancien propriétaire de Minute, et dont le rédacteur en chef adjoint, Daoud Boughezala, est une personne aux intérêts, complexions et buts pour le moins troubles, par ailleurs grand admirateur d'Alain de Benoist. Qui d'autre pour composer cette fine équipe ? Catherine Barnay, maquettiste de la revue éditée par Causeur, dont le pedigree (sic) est éloquent selon Libération.
Pourquoi donner ces précisions que d'aucuns jugeront inutiles voire tendancieuses ? Pour la simple et évidemment bonne raison que, sous les lignes si platement méchantes et surtout ridicules, ridicules à tel point que je me contenterai, comme disent les juges, de renvoyer leur auteur à ce jugement au fond, se cache, bien plus que l'envie et la plus basse vilenie, une xénophobie très ordinaire, non pas celle qui est régurgitée, à gros bouillons charriant des immondices racistes, dans les commentaires de cette vidéo ou bien sur le site François Desouche, où la moindre, je dis bien la moindre, des insultes égrenées au long de 410 commentaires (à cette date) consiste à me traiter d'ignoble remplaciste, mais une xénophobie policée, grammairienne, agrégée, docte et filandreuse pourrait-on dire, celle qui émane des lecteurs participant par exemple à la Société consacrée à l'exégèse dirait-on infinie des livres de Renaud Camus.
Je relis la note de Pierre-Antoine et me demande, une fois de plus, quelle est la raison cachée, donc véritable, de la haine (4) que me voue cet homme, pauvre hère qui ne semble pouvoir être heureux qu'à la stricte condition d'étaler sa vie sur la Toile (5) et de salir (du moins de tenter de le faire) celle de ses plus prestigieux aînés, comme Georges Bernanos qu'il a naguère traité de planqué, une insulte qui contraignit l'un de ses petits-fils, Yves Bernanos, à rappeler quelques vérités à notre spécialiste du vide.
On se prend à rêver, un instant, d'une confrontation entre le pauvre Pierre-Antoine Rey et l'ombre du Grand d'Espagne, auquel il affirmerait tranquillement qu'il est un planqué et ne manquerait pas de faire la leçon, lui, Pierre-Antoine Rey qui, lâche parmi les lâches, parasite dont se détournerait avec dégoût le plus misérable intouchable d'un bidonville de Calcutta, a profité de l'existence d'une procédure judiciaire pour tenter de me faire condamner, en rédigeant un long document, à l'intention des juges, où il prétendait expliquer que j'étais un mélange de Gilles de Rais, de Hitler, de Keyser Soze et peut-être même de Barbe Bleue. Hélas, il semblerait que les juges eux-mêmes aient été dégoutés par les suppliques écrites de Pierre-Antoine Rey, qui se rêve victime perpétuelle, nouveau Christ immédiatement sacrifiable et n'est, au mieux, qu'une sorte de sous-Judas de souk oriental, pas même digne de passer autour du cou de son prestigieux modèle le nœud coulant qui lui brisera les cervicales.
Il est d'ailleurs plaisant de constater que la dernière note que me consacre Pierre-Antoine Rey peut être parfaitement décryptée par la métaphore filée, bien évidemment girardienne (6), du bouc émissaire qui n'est autre que Renaud Camus et qui aurait été sacrifié en place publique puisque, cela n'aura échappé à personne, je suis le Judas, forcément sémite, de ce nouveau Christ au visage blanc de petit Gaulois. Rappelons à notre sourcilleux téléspectateur que Renaud Camus, sauf erreur de ma part, est encore bien vivant, chaudement abrité derrière les épaisses murailles de son château de Plieux et que, sur ce plateau, nul n'a été lynché puisque je n'ai établi aucune lien (alors que, oui, bien sûr, j'aurais pu le faire) entre la pensée politique, ou ce qui en tient lieu, de Renaud Camus, et sa si délicate et complexe appréciation d'Auschwitz.
Pierre-Antoine Rey, catholique boursouflé plutôt que paradoxal et théologien d'opérette, ne craint donc pas de faire de Renaud Camus, qui n'en demandait sans doute pas tant, un nouveau Christ, oubliant au passage deux choses : que Renaud Camus, s'il est in-nocent (ce qui reste à prouver), n'est certainement pas innocent (ce qui devrait être parfaitement établi si Rey se souvenait de son catéchisme), puisque nul n'est innocent, pas même Billy Budd et aussi le fait que, comme l'a écrit un auteur dont Rey a peut-être entendu parler, «Une fois pour toutes commencé sur la croix, le sacrifice fut de tous les crimes le plus noir : s'il est renouvelé c'est en image», belle et juste pensée que notre Hans Urs von Balthasar exerçant ses talents d'exégèse au Suffren, aura sans doute tôt fait de déclarer parfaitement juste, puisqu'elle s'applique selon lui au spectacle télévisuel de la (fausse) crucifixion de Renaud Camus.
Il est encore plus amusant de constater que Pierre-Antoine Rey reprend à son compte les plus infâmes calomnies de ses nouveaux petits amis souchiens donc peu ou prou racistes, à tout le moins viscéralement xénophobes et très souvent antisémites, en faisant de moi le traître (7) (selon le procédé cormarien si facile qui consiste à déduire, d'un texte de fiction écrit par un auteur, les mœurs ou complexions de celui-ci).
Il est très drôle de voir de quelle façon Pierre-Antoine Rey, qui représente, quant à la rigueur de la pensée, ce qu'un mixeur pourrait symboliser pour une purée de navets douée de conscience, mélange tout et estime que, pour la seule raison que j'ai pu m'intéresser aux analyses camusiennes sur le langage, que je l'ai même défendu, il est vrai (en demandant à Valérie Scigala d'écrire un texte d'ailleurs assez médiocre et qui parut dans un numéro spécial de La Presse littéraire) sur le Châtelain de Plieux, de moins en moins infréquentable à mesure qu'il se fond dans la masse, à vraie dire brune plus que grise, de ses nouveaux soutiens bas du front), que pour cette raison donc qui ne concerne qu'une réflexion sur le langage et ses dérives, je suis censé défendre les thèses je le répète loufoques et dangereuses de Renaud Camus sur le Grand Remplacement.
Le Grand Remplacement de la population française de souche, laquelle d'ailleurs n'existe que dans l'improbable cervelle rancie de quelques crétins mononeuronaux, n'est pas grand-chose si on le compare à ce que nous pourrions appeler le Grand Renoncement, celui de toutes les élites françaises politiques depuis plusieurs dizaines d'années et qui explique l'état actuel lamentable de notre pays, économie, vie sociale et vie intellectuelle au sens le plus large compris, bien davantage que des hordes d'immigrés que Renaud Camus, et son plus zélé défenseur Pierre-Antoine Rey, imaginent sans doute débarquer par millions sur les belles côtes françaises, comme Jean Raspail l'a romancé, d'une façon assez médiocre au demeurant.
Et quand bien même l'analyse de Renaud Camus serait juste, lui qui, à vrai dire, ne m'apprend strictement rien sur cette question très longuement évoquée dans un ouvrage de Christopher Caldwell, Une Révolution sous nos yeux récompensé par le Prix du Livre incorrect au jury duquel j'appartiens, que pouvons-nous faire, d'un point de vue strictement politique ? Je m'amuse du peu de foi de nos amis catastrophistes car enfin, s'ils parient sur la destinée surnaturelle de la France, que leur chaut que ce pays, comme l'Espagne pendant plusieurs siècles, tombe sous la domination de musulmans égorgeurs ? Ne se relèvera-t-elle donc pas de cette tribulation, point franchement neuve sous le soleil chassieux de la peur, puisque Jean Delumeau en fait remonter la naissance à plusieurs siècles ? Je me fiche que la France devienne musulmane à 10, 20, 50 ou 70 % si, au travers de cet effondrement, une autre France renaît et j'invite nos catholiques et nos effondristes de si peu de vaillance à se pénétrer de ce type de récit roboratif.
Il est assez drôle que Pierre-Antoine Rey me reproche le fait d'avoir défendu, effectivement bec et ongles, Maurice G. Dantec au moment où une certaine presse malodorante l'a traîné dans la boue, à condition de préciser que je ne défendais pas tant les idées de Dantec, du reste critiquables et tout aussi loufoques et dangereuses que celles de Renaud Camus, que l'honneur d'un écrivain accusé de tous les maux. Il n'aura cependant pas échappé au lecteur si exigeant qu'est Pierre-Antoine Rey que c'est plutôt ce que j'ai cru lire dans les romans de Dantec (soit, tout ce qu'il aurait pu développer s'il avait su maîtriser son écriture et sans doute, aussi, sa pensée) qui m'a intéressé, bien davantage que ses saillies politiques dont certaines sont du niveau d'un potache complexé qui serait réellement persuadé que Philip K. Dick a été embarqué dans les étoiles par une bande de Martiens farceurs.
Il est assez troublant que Pierre-Antoine Rey ait oublié, dans sa note, de mentionner l'existence d'un second (ou deuxième si nous parvenions à trouver le troisième) Christ voué, comme Renaud Camus, au sacrifice pour laver le péché des souchiens, je veux bien sûr parler de Richard Millet qui, une fois de plus, ne m'a intéressé que lorsqu'il a évoqué le marasme dans lequel la langue et la littérature françaises ont plongé, et qui m'a dégoûté et surtout fait rire, tant il a montré d'approximations et raconté de sornettes dans ces questions, toutes les fois qu'il a fulminé contre la présence d'Arabes, de Noirs, de Jaunes et même de Rouges dans les rames du métro parisien. Je laisse à notre décidément grand lecteur Pierre-Antoine Rey le soin de consulter ces notes qui sont, sur le point que je viens d'évoquer, sans la moindre ambiguïté.
Il est enfin très intéressant de constater que, sur Auschwitz, un sujet aussi douloureux que fascinant et complexe que j'ai par exemple abordé dans mon ouvrage sur George Steiner datant de 2001, tout comme, ici même, sur Israël et tout ce qui se rapporte à l'histoire prodigieuse de ce pays (8), aussi bien Renaud Camus que son plus récent soutien ne pipent mot. Et pour cause !
Qui pourrait vraiment s'étonner d'un tel silence sur deux des réalités les plus abyssales de ce monde faussement plat, dans lequel justement ces deux faits constituent, au sens astrophysique du terme, des singularités : l'extermination de millions de Juifs dans des camps de la mort nazis et la renaissance miraculeuse des Juifs défendant, pour le coup bec et ongles, un État-nation minuscule et haï ?
Oui, en fin de compte, je me demande si la meilleure réponse que je puis faire à Pierre-Antoine Rey ne consiste tout simplement pas à affirmer que, en dépit de (ou grâce à, allez savoir) mes critiques littéraires réactionnaires (au sens où elles réagissent contre le lessivage journalistique quotidien, par un encrage solide dans la grande tradition littéraire), je ne suis pas, à la différence de ses amis, raciste, xénophobe, antisioniste, antisémite (c'est en fin de compte exactement la même chose, l'antisémitisme dévoilant vite son nez camus au fond de l'antisionisme) et anti-musulman.
Bref, que je n'ai strictement rien à voir avec Messieurs Renaud Camus, Richard Millet et Pierre-Antoine Rey, si ce dernier veut bien se souvenir que je serai toujours du côté des humiliés et des offensés, que je chercherai toujours à comprendre la pire des ordures, fût-elle un de ces sales surgeons de l'immigration incontrôlée et désormais ignoblement et inéluctablement remplaciste, un de ces monstres que la France a produits par dizaines et peut-être même centaines, plutôt que du côté de celles et de ceux qui commentent sans fin et sans beaucoup de talent les textes, bien souvent passables d'un strict point de vue littéraire, de Renaud Camus en oubliant quelle sorte de haine les infuse.
Cette haine est celle que Georges Bernanos, avec sa lucidité coutumière, a stigmatisée dans Le Chemin de la Croix-des-Âmes : «Dresser les races contre les nations, ce n'est pas substituer un ordre nouveau à un ordre ancien, c'est anéantir d'un seul coup l'effort de dix siècles, c'est rendre volontairement, consciemment, l'Europe au chaos primitif».
Je me contente de redonner ci-dessous les premières lignes d'un texte que j'ai écrit sur l'art de lire selon Pierre-Antoine Rey que j'estime, en toute rigueur herméneutique, être un cacographe et un sophiste, un lecteur de rien du tout, un critique nullissime, comme j'en ai établi, une fois pour toutes, la preuve.
Oublions cet homme maintenant, ce pauvre homme qui jamais ne mettra sa peau au bout de ses idées, oublions ce pauvre petit garçon qu'à vrai dire nous aurions oublié depuis longtemps s'il ne se rappelait pas à notre bon souvenir de façon si peu raffinée, en posant sa grosse main sale sur notre épaule.

Notes
(1) Jean Cau écrit ainsi : «La planète va sauter, des millions de Noirs sont scrofuleux, des milliards de Jaunes se multiplient par milliards, des millions d'Arabes basanent Marseille et Quimper, des fusées sont pointées sur le VIIe arrondissement et des centaines de serins sifflotent leurs histoires en se demandant, angoissés, si les gazettes parleront de leur livre et le qualifieront de lucide et dérangeant», in Proust, le chat et moi précédé de L'enfance de l'art (La Table Ronde, 1984, réédition La Petite Vermillon, 2009), p. 115. Bien évidemment, comparaison ne vaut pas raison et il est à peu près aussi vain de rapprocher Renaud Camus de Jean Cau, qui est un écrivain remarquable que de rapprocher ce même Renaud Camus de Joseph de Maistre ou Charles Maurras.
(2) Pêle-mêle, et le Père Hugo aurait fait ses délices d'une pareille foire de gueules cassées et d'intelligences biseautées : Éric Poindron, cacographe insigne qui ne m'a jamais pardonné ma critique sur l'un de ses bouquins insignifiants et écrit comme on torche, et qui, comme le Christ, jouit de la faculté de mourir en direct (sur sa page Facebook) puis de renaître, ce qui n'est pas rien, Jean-Yves Pranchère sous son pseudonyme Régis Boyer, magnifique commentateur de Maurras, Maistre, Camus, intelligence surpuissante et styliste anadyomène bien que sa maison d'édition soit située derrière sa salle de bains, allez comprendre, Pascal Zamor, camusien, blogueur inutile et ami du précédent, ancien membre actif (comme le précédent) du défunt groupe intitulé Celles et ceux qui pensent que Juan Asensio déshonore la blogosphère française fondé par Valérie Scigala sur Facebook, tout comme Tristan Storme, dont l'un des livres fut bellement évoqué par Francis Moury, Bernard Bacos, dont la vie est un monument d'intérêt c'est sûr, Olivier Noël, auquel j'ouvris plusieurs fois la Zone, Gilda, la très matznévienne et contorsionniste pécore de ses plus récents carnets impudiques, Sophie Rey, la sœur lolesque de l'intéressé, Ludovic Duval dit Maubreuil, placide critique impressionniste pour Éléments et qui naguère m'interrogea point trop sottement, Pascal Labeuche, de stricte obédience camusienne et aimant plus les zeugmes que les zivas, Jean-Rémi Girard, poisson-pilote de Pierre-Antoine Rey lequel, pour lui indiquer sa route, ondule de la queue, Philippe Billé à qui je fis pourtant de la publicité puisqu'il aime Nicolás Gómez Dávila, Guillaume Orignac (auteur du blog Slothorp) qui d'ailleurs écrivit lui aussi pour moi, mélange, il veut du moins s'en persuader en fermant très fort ses petits poings pynchoniens, de Tarr, Bergmann et de Tarkovski et qui, pour l'heure, comme nous tous, doit s'efforcer de vivre, y compris en faisant de la réclame au marché de Clermont-Ferrand, Ygor Yanka, grammairien de première magnitude dont on ne sait pas grand-chose si ce n'est qu'il est chauve et qu'il participa, grâce à mes bons offices et après m'avoir inondé de textes où il conspuait de vagues petits cousins québécois mais fâcheusement sollersiens, aux Infréquentables, Serge/Faustin Soglo (ancien auteur du prétentieux blog Skoteinos), qui traîne un petit peu partout sur la Toile, à condition qu'il y patauge dans la fange, André Épaulard, derrière lequel se cache paraît-il Basile de Koch, rédacteur pour Causeur, etc.
Nous remarquerons donc que certaines des personnes citées n'ont pas toujours estimé qu'il fallait, avec Pierre-Antoine Rey, rire sous cape, et en meute s'il vous plaît, c'est plus discret et prudent. Courage et cohérence de mes imparables critiques que j'ai si tristement déçus, nous le voyons...
(3) Il est vrai que, il y a des années, j'avais rédigé cette note qui, par le biais d'une évocation des personnages de Georges Bernanos, stigmatisait la boursouflure de cet esprit qualifié, toujours au sens bernanosien du terme, d'imbécile, c'est-à-dire d'enfant humilié.
L'intéressé, du reste, me rendit la pareille.
Pierre-Antoine Rey dit Cormary, Chasle et sans doute quelques autres pseudonymes, lui, eux, n'ont jamais pris la peine de stigmatiser mon personnage ou même mes textes. Ils m'ont attaqué personnellement, y compris dans cette lamentable critique sur un de mes ouvrages où il s'agit d'insinuer bien davantage que d'expliquer : l'auteur d'un livre sur le Mal ne peut avoir que de troubles accointances avec le Mal, n'est-ce pas ?
Je me défends encore contre ceci.
Je me défends encore contre cela.
Je me défends encore contre cette note.
Je pourrais encore écrire une note plus longue que celle-ci que je n'aurais pas essuyé tous les crachats que cet homme m'a crachés au visage, y compris sur le mur de son profil Facebook, dont il reproduit, sans honte, mais nous y sommes habitués, de larges extraits.
(4) Les meilleures choses ont un début, écrivait Pierre-Antoine Rey sur sa page Facebook. Il s'agissait de saluer ironiquement, il y a quelques mois, le fait que j'étais traîné en justice par ses amis, Valérie Scigala, Jean-Yves Pranchère et Emmanuel Régniez, qu'il avait donc décidé de rejoindre. Je rappelle que Pierre-Antoine Rey, alors qu'il n'était ni de près ni de loin concerné par la triple procédure intentée contre moi par Valérie Scigala, Emmanuel Régniez et Jean-Yves Pranchère, s'est greffé à l'une d'entre elles en ayant signé une attestation censée établir mon infamie et la violence de mes attaques contre lui. De l'eau, comme on dit, a coulé sous les ponts depuis cette date. Les trois, puis quatre plaignants grâce aux bons offices de Pierre-Antoine Rey ont été déboutés de plusieurs de leurs demandes scindées en trois procédures différentes (même si, bien évidemment, par simple honnêteté intellectuelle, je me dois de rappeler que j'ai été condamné dans l'une de ces trois procédures, ayant du reste immédiatement fait appel de cette décision. La date d'audience de l'appel, pour le moment, n'est pas connue).
(5) Ainsi, l'erreur facile à ne point commettre consisterait à penser que je cherche à atteindre Pierre-Antoine Rey au travers de sa vie privée, qu'il n'a cessé, depuis des années, d'exposer. Je sais, et n'aurais franchement pas voulu savoir, sur celle-ci, bien trop de choses grâce à des dizaines de notes écrites par l'intéressé et publiées sur son propre blog.
Je sais qu'il travaille au Musée d'Orsay parce que lui-même l'a claironné et mis en scène.
Je sais qu'il n'aime pas son métier, agent de surveillance au Musée d'Orsay, comme lui-même le déclare.
Je sais à peu près tout ce que je ne voudrais pas savoir de sa misère et de ses orientations sexuelles grâce ou à cause de plusieurs de ses propres confessions répugnantes, ce qui est peu me dira-t-on mais, avant tout, dénuées du plus petit talent d'écriture, ce qui est beaucoup plus.
Je sais que Pierre-Antoine Rey est un pseudo-écrivant aimant la vulgarité, la pornographie, défendant des personnes accusées d'accointances pédophiles, célébrant l'alcool, insultant l'Islam.
Je sais tout cela et à vrai dire n'importe quel internaute peut le savoir puisque toutes ces confessions, et tant d'autres, sont disponibles, dans une longue théorie solipsiste et maladive, inepte, vulgaire et dolente, sur son blog.
(6) René Girard du reste indiqué, pour qui sait lire, dans les titres des paragraphes du texte dont les premières lignes seulement sont reproduites ci-dessous. Passons également sur la référence, dans le titre et la note reyenne, à Philippe Muray. Pierre-Antoine Rey n'est pas un philosophe, pas même un penseur ou un intellectuel, fût-il du dimanche. Il pense donc avec de petites catégories, comme un petit enfant joue avec de petites pelles sur le rivage, catégories commodes désormais constitutives de la doxa ultra-droitiste, quitte à me les appliquer et, ce faisant, trahir l'auteur même qui les a popularisées, Philippe Muray.
(7) «Et l’auteur de la si bien nommée quoique si mal écrite Chanson d'amour de Judas Iscariote a révélé qu’il pouvait confondre son monde en se confondant avec son personnage dans un tour de chant qui fera à coup sûr des émules chez les sourds et les mutins de panurge.» Il est du plus haut degré comique que Pierre-Antoine Rey, sans doute sans le savoir, ait repris à son compte une accusation que me fit, jadis, Jacques de Guillebon, lorsque j'osai écrire que l'un de ses ouvrages, qu'il avait dirigé avec le talent que nous lui connaissons, était médiocre.
(8) Et dans un espace dialogique qui m'a semble nécessaire sur un tel sujet, puisque plusieurs rédacteurs de talent comme Francis Moury ou Jean-Luc Evard se sont exprimés dans la Zone en défendant des points de vue différents.

«Me voilà donc en joli cœur,
Tout plein d’esprit, tout plein d’ardeur
(Quoique l’opposé d’un hardeur !)
A rêver de mignons bonheurs.
Certes, nulle baise entre nous,
Mais pour toi, je suis prêt à tout,
Pourvu que tu sois mon princeps
Et me réaccouches aux forceps !»



Version ancienne, mais définitive (extrait)

D'un monologue au fond d'une cave : Pierre Cormary le mélisant

Si vous avez quelque temps à perdre, allez donc lire, tout de même pas comme je l'ai fait, c'est-à-dire jusqu'à l'écœurement, les indigestes tartines de beurre rance que Pierre Cormary agite sous nos nez en y ayant déposé de gros morceaux malodorants de Sade, Sacher-Masoch, Joyce ou Stendhal (ces quatre noms importent peu et peuvent être remplacés par n'importe quels autres, comme Nabe, Chesterton ou René Girard, ayant eu la malchance d'être commentés par notre boulimique lecteur) et des plumitifs aussi nuls qu'Amélie Nothomb. Parfois, il nous offre, utilement, un résumé de son activité annuelle sur Facebook. Cela donne telle note, où le grotesque le dispute au vulgaire, au sale, à la pornographie verbale.
C'est bien simple, quel que soit l'auteur ou le sujet évoqués par notre mélisant, comme lorsqu'il s'agit de défendre l'ignoble navet de Mel Gibson ayant pour titre La Passion du Christ ou tel ou tel prodige d'intelligence, selon notre si fin critique cinématographique (les preuves : sur Kill Bill, Batman Begins, etc.), bref, quel que soit le sujet sur lequel Pierre Cormary n'hésite jamais à déverser sa fausse science et sa maladive logorrhée, la même aigre ritournelle nous est jouée, dont le refrain si peu original qu'il en devient touchant et même obsédant est un long, unique et douloureux Moi ! Moi ! Moi !, selon le procédé fort commun dit de l'identification priapistique pré-pubère qui consiste à se choisir une figure de grotesque, de préférence fantasmatique, pour décharger sur ses épaules déjà courbées ses plus insignes tares.
C'est ainsi que Pierre Cormary a pris soin de n'aimer que des égotistes indécrottables qui, signe invariable de la petite mécanique perverse à laquelle il obéit comme un éléphant à son cornac, lui ressemblent (puisque tout le monde ressemble, en fin de compte, au plus misérable d'entre nous et qui se considère comme tel), comme Gabriel Matzneff, et, bien sûr, Marc-Édouard Nabe, qu'il aime et hait tout à la fois.

La suite.