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30/06/2005

Les années anglaises d'Elias Canetti

Crédits photographiques : Jason Hawkes.

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26/06/2005

La République bananière de Pierre Assouline

Crédits photographiques : Daneil Munoz (Reuters).

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24/06/2005

Coucher de soleil sur la littérature française

Sol 489 (19 mai), coucher de soleil sur Mars, cratère Gusev, photographie prise par le robot Spirit
Je suis tombé sur ces lignes signées par Dan Simmons et rapportant tel propos acerbe de Tom Wolfe sans vraiment parvenir à croire ce que je lisais. Enfin ! Et quel dommage tout de même que l'on ne lise pas plus souvent pareilles charges, concises mais implacables (bref : américaines jusque dans leur absolu pragmatisme) sous la plume d'intellectuels français qui pourtant, je le sais bien, en assez grand nombre ne peuvent souffrir la pensée et l'écriture de Jacques Derrida. Reste qu'il ne faut tout de même pas exagérer et donner quitus à Simmons quant à cette ineptie concernant l'absence de grands écrivains français au XXe siècle. Et encore, bah, pourquoi pas ? Pourquoi ne pas accepter la déclaration de Simmons pour ce qu'elle est : une évidence, à savoir l'invisibilité, à quelques exceptions près, de presque tous nos écrivains hors de la sphère de diffusion de la langue française ? En effet, qui pouvons-nous opposer (j'entends déjà : Proust ? Céline ?... Le seul peut-être, oui, Céline...) et pour nous en tenir aux seuls auteurs anglo-saxons, à Conrad, à Faulkner, à Joyce, à T. S. Eliot et combien d'autres encore ? Il est vrai, aussi, que certaines sirènes laidement publicitaires nous annoncent pour la prochaine rentrée un lever (voire un double lever) de soleil fameux sur le paysage littéraire français, plus désolé que le désert martien. Nous verrons bien mais je ne ferais sans doute que me répéter en affirmant ceci : l'écrivain véritable, si tant est qu'il doive venir de notre vieux pays aphasique (mais pas moins verbeux), se passera à mon sens de toute béquille publicitaire.

«Alors que j’écris ces lignes, en ces premiers mois, ces premières heures du XXIe siècle, la vaste et rancunière machine de la critique universitaire est pilotée par les mains mortes de quelques nabots français tels que Michel Foucault et Jacques Derrida. La France, une nation qui, selon toute probabilité, n’a produit ni grand écrivain ni grande littérature durant la totalité du XXe siècle contrôle néanmoins la totalité du discours sur la littérature du XXIe siècle, et ce grâce au sophisme tout simple qui consiste à nier le caractère central de l’auteur, la réalité des personnages et la puissance transcendante du langage et de la littérature elle-même. Comme l’écrit Tom Wolfe dans un récent essai : «Ils (Foucault, Derrida et leur légion lycanthropique de suiveurs) ont commencé par gonfler hors de toute proportion une déclaration de Nietzsche selon laquelle il n’est pas de vérité absolue, mais seulement plusieurs «vérités», qui sont autant d’outils de divers groupes, classes ou forces. À partir de là, les déconstructionnistes ont abouti à la doctrine selon laquelle le langage est le plus insidieux des outils. Le devoir du philosophe est de déconstruire le langage, d'exposer ses arrière-pensées et de contribuer à sauver les victimes de l’«establishment» américain : les femmes, les pauvres, les non-Blancs, les homosexuels et les arbres.»
Dan Simmons, Worlds Enough & Time (Subterranean Press, 2002).

23/06/2005

L'Enfance d'Ivan de Tarkovski, par Francis Moury

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19/06/2005

Signes et insignes de la catastrophe de Jean-Luc Evard

Crédits photographiques : Marcio Jose Sanchez (Associated Press).

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17/06/2005

Sainte Florence Aubenas, (excellente) comédienne et martyre

Florence Aubenas, bientôt sainte, Reuters

Aujourd'hui, mes lecteurs, vous n'aurez droit qu'au minimum rédactionnel, puisque le stalker, qui a voté récemment non comme le bon peuple de France, jouissant, tout comme ce dernier, d'une douce RTT, se contente de vous livrer cette épigramme, anaximandrakienne quoique compréhensible : dans la Zone, il ne sera plus jamais parlé, hormis ces quelques lignes, de la canonisation de la joviale Florence Aubenas, toute nouvelle patronne de la France dont la charogne pestilentielle (celle de notre pays bien sûr, car pour l'autre, paraît-il, elle ne se décomposera point, à l'heure de son rappel, et embaumera son futur mausolée d'une fragrance d'encens et de myrrhe...), dont la charogne attend, pour être jetée dans la poubelle de l'Histoire, que Serge V (succédant logiquement à Serge IV, 1009-1012) prononce quelques mots inspirés de messe dont voici la lettre à défaut de l'esprit : qu'on en finisse, de grâce, et vite...

Portrait de Serge V au doigt levé, Sipa

16/06/2005

La littérature à contre-vent, par Olivier Noël

Photographie (détail) de Juan Asensio.

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15/06/2005

La pensée congelée de Perry Anderson

Monts de Verkhoiansk, Yakoutie, Sibérie orientale - © Marc Garanger

«[…] le désenchantement du monde a progressé rapidement, et les anciennes valeurs éthiques qui ont partout fait l’objet d’abus et d’exploitations misérables sont sur le point de se dissiper comme de la fumée. […] Nous sommes sur le point de demander au soldat de mourir sans proposer un quelconque équivalent émotionnel réconciliateur en échange de cette vie perdue. Si la mort du soldat au combat – pour ne pas mentionner celle du civil dans les villes bombardées – est dépouillée de toute idée embrassant l’humanitas, fût-elle Dieu, roi ou patria, elle sera aussi dépourvue de toute idée anoblissante du sacrifice de soi. Elle devient un meurtre de sang-froid, ou, ce qui est pire, prend la valeur et la signification d’un accident de circulation politique un jour de fête légale.»
Ernst H. Kantorowicz, Mourir pour la patrie et autres textes (Fayard, coll. Les quarante piliers, 2004).


Perry Anderson, La pensée tièdeQuel dommage finalement, que cette charge contre la décrépitude de la France intellectuelle provienne d'une plume pour le moins suspecte. Perry Anderson, vieille baderne rouge dont le regard angélique semble ne s'être jamais penché sur certains gouffres et crimes du XXe siècle perpétrés par son camp (communiste, je le précise à tout hasard), affirme dans La pensée tiède (Seuil, 2005 ; les deux textes d'Anderson ont d'abord été publiés en septembre 2004 dans la London Review of Books), entre autres reproches ma foi assez justifiés, que la critique littéraire française, si on avait le culot de la mettre en regard de celle qui s'exerce courageusement dans les pays anglo-saxons, serait réduite en bouillie (cf. p. 28). Il a raison. Et l'auteur de continuer en écrivant que la «disparition de tout ce que la France a représenté culturellement et politiquement, dans son éblouissante différence, serait une perte dont l'ampleur est encore difficile à estimer» (p. 96). Sur ce point, je suis avec quelque réticence notre optimiste essayiste britannique, même s'il parle d'une France passée, l'état clinique de la France présente pouvant à mes yeux être assimilée à celle de mort clinique, voire cérébrale, à moins que nous osions évoquer, avant sa complète évaporation, les derniers soubresauts ectoplasmiques d'un spectre.
Que répond, dès lors, Pierre Nora (directement mis en cause par Anderson qui lui prête un rôle certain dans la léthargie intellectuelle ayant gagné la France depuis quelques années) à son contradicteur, dans un court essai intitulé La pensée réchauffée publié dans le même volume que le précédent texte ? Mais voyons, qu'il a bien moins de pouvoir qu'Anderson ne le prétend, même s'il est le patron, il ne peut tout de même pas le nier, du Débat, revue accusée par Anderson de s'être ralliée à l'ordre établi, disons frileux, conservateur, bien éloigné en tous les cas de l'audace révolutionnaire jadis (voire naguère avec Mai 68) illustrée par le génie français. Et Pierre Nora, chargeant sur l'adversaire en montant un curieux destrier bicéphale (puisque sont mêlés les noms de Joseph de Maistre et de Robespierre), de répondre à Anderson qu'il «se refuse obstinément à voir que le révolutionnarisme français, tel qu'il se maintient aujourd'hui, est l'expression d'un fondamental et tragique conservatisme français» (p. 137). Faut-il donc rappeler à Nora, généralement peu enclin aux approximations, que la contre-révolution chère à Joseph de Maistre était, justement, tout le contraire de la Révolution, aujourd'hui parodiée, d'ailleurs, par quelques imbéciles faussement extrémistes et en vérité profondément petits bourgeois qui, tout comme leurs ennemis irréductibles de gauche et de droite, n'en sont pas moins contaminés par les idées de cette tyrannie molle et invisible selon Renaud Camus ?

13/06/2005

Hermann Broch, debout sur un monde en ruine

Crédits photographiques : Andrew Cowie (AFP/Getty Images).

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11/06/2005

Il y a critique et... critique

Crédits photographiques : NASA/ESA and The Hubble Heritage Team.

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