16/11/2011
Moi, Youssouf F., né le 13 février 2006, meurtrier
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19/05/2009
Que faire ?

George Orwell, 1984 (Gallimard, coll. Folio, 2001), p. 377.
«Preventief ruimen lijkt de enige optie.»
Commentaire kurtzien que l'on traduira, tout aussi expéditivement, par : «L'abattage préventif semble être la seule option.»
Addendum du 19 mai 2009 : informations sur les circonstances et l'identité de l'homme, VIVANT, sauvagement agressé.
28/04/2009
Conte de la barbarie ordinaire, par Sarah Vajda

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16/04/2009
La malfrance, la vraie

Karl Kraus, En cette grande époque (1914) in Cette grande époque (Petite Bibliothèque Rivages, 1990), p. 199.
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27/11/2007
Bellum civile ou Civil War in France : intégralité des textes

N'avons-nous pas l'impression d'avoir connu, en France, de pareilles scènes de véritable guérilla ? Le mot déplaît aux crétins des salles de rédaction, il fait peur aux blanches colombes prônant le lien social et autres fariboles participatives ? «Tous sont armés. Tout est bon à prendre : une multiprise, une épée, mais aussi un fusil à pompe. Mais la plupart des jeunes se battent avec des bâtons en bois ou des barres de fer volées dans les chantiers, des pavés arrachés aux trottoirs ou des morceaux de dalles des HLM. Quelques-uns portent des sacs plastique verts pleins de bouts de carrelage fins et coupants». Qui écrit cela ? Un dangereux extrémiste pratiquant l'amalgame entre notre jeunesse ô combien déshéritée et des imbéciles qui ne pensent qu'à baiser, pardon, niquer, les blanches certes mais surtout les flics, gagner du blé pour baiser davantage, encore, jusqu'à en crever, de préférence une, dix, cent putes plutôt qu'une seule salope virtuelle insultée, en langage de sous-singe, sur un blog de Skyrock, salope qui, elle au moins, aura eu plus de chance que sa collègue bien réelle, serrée dans une cage d'escalier et priée d'écarter promptement les cuisses, histoire que la frustration, l'inculture totale et définitive, la stupidité la plus insigne, le mépris, la haine de dix (ou plus) de ces chiens s'y déversent ?
Ah, oui, j'oubliais que celle qu'ils veulent d'abord enculer, c'est la France, cette catin mère de tous leurs malheurs alors que, sans elle, Houellebecq le rappelle, ils continueraient, derrière une dune, à bouffer du mouton enragé (transposition, les termes du romancier sont bien plus crus et insultants). Revenons aux lignes plus haut citées, aussi impeccablement nulles qu'elles sont strictement descriptives : qui en est l'interchangeable auteur ? C'est Le Monde, bien connu pour son atténuation systématique (je pratique à mon tour l'euphémisme) de la réalité qui a écrit ces piètres lignes et, ma foi, je doute qu'elles approchent réellement ce qui se joue dans la banlieue universelle à quoi la France, dans ses paysages mais aussi le peu d'âme qu'il lui reste, est tout entière réduite. Le Monde, qui n'a pas honte de publier les tout aussi habituelles jérémiades des élus. La musique est bien connue, tendez donc l'oreille : pas une seule fois ces piètres représentants de l'État dont le bras armé agite de façon menaçante un baton de guimauve, qu'il faudrait virer sur le champ pour romantisme socialo-psychanalysant potentiellement dangereux pour l'ordre public, pas une seule fois ces imbéciles ne stigmatisent les violences inouïes, n'accusent les petits chiens de guérilla de s'en prendre à leur propre commune, aux biens de leurs propres administrés, pas une seule fois ils n'ont un seul mot à l'adresse des policiers (près d'une centaine) blessés, pas une seule fois ils ne donnent raison à certains des habitants de ces quartiers, les premiers (pas tous : certains sont occupés, depuis leur balcon, à jeter des machines à laver sur les flics) à être scandalisés par des barbares dont l'unique rêve est de brûler, de piller et de tuer, ils y arriveront. Au contraire, ils sont martiaux nos minuscules maires, mais à l'envers : le coupable évident, c'est moi, c'est toi, c'est NOUS, pas eux, ça non et enfoncez-le vous dans le crâne nom de Dieu ! Préparez vos mouchoirs, sales petits blancs friqués et TOUS, je dis bien TOUS aussi responsables de ce dramatique fossé évidemment et seulement socialo-économique que la Lune est responsable de nos marées : «L'insécurité est le résultat d'une politique globale qui, par l'insécurité sociale, l'accroissement de la précarité et des inégalités, conduit à la déstructuration des règles collectives et contribue à faire naître les ghettos de demain.» En d'autres termes, je vous prie ? Voyons, ce n'est là que le naturel déplacement de la lutte des classes et, pour empêcher un chien d'uriner sur mon paillasson, voire me mordre ou arracher un bras à mon garçonnet, un bon coup de pied au cul et une séance stimulante de coups de poing sur la gueule ne suffiront pas, je vous assure. Alors, quoi ? De l'argent voyons, il nous en faut beaucoup plus ! Il nous en faut toujours plus ! Grands dieux mais pour quoi faire ? Créer des chenils cadenassés et inculquer aux animaux redevenus sauvages quelques élémentaires règles de respect ? Non non non vous ne comprenez décidément rien : pour créer du lien public pardi, du tissu social, du débat participatif, du match de foot inter-culturel, des séances de slam inter-communuataires, quelques bibliothèques proposant le dernier François Meyronnis que ces imbéciles s'empresseront de brûler.
François Meyronnis ? Ma foi, cher monsieur, je suis un peu d'accord en ce qui concerne les bons goûts littéraires de cette jeunesse stigmatisée par l'impérialiste ancien colonis... Taisez-vous, vous dérapez ! Je dérape ? Mais alors que dire des propos complaisamment étalés par des élus qui, à force de démagogie, sont devenus de parfaits lâches, d'irresponsables hommes que je n'ose plus même appeler politiques ?
Qui a signé ces lignes honteuses, oui, d'une accablante stupidité, d'une trouille insurmontable, d'une fausseté consacrée, gentiment troussées pour être reprises par les ânes de l'AFP, puis par tous les ânes (et ils sont nombreux : toute la profession journalistique) qui les recopieront sans y changer une seule virgule ? Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, Stéphane Gatignon, maire de Sevran, François Puponni, maire de Sarcelles. Honte sur ces pleutres, désireux d'acheter la paix sociale comme ils disent sur les cadavres de quelques honnêtes citoyens amateurs de photographie urbaine ou, cela ne saurait tarder, sur ceux de policiers aux méthodes d'une telle douceur qu'eux seuls semblent recevoir des coups.
Il est enfin du plus haut comique que notre ministre de l'Intérieur en appelle à la population des banlieues, pour, dit-elle, isoler les délinquants : à sa place, j'ordonnerai le tir à vue, avec sommation préalable (histoire de rassurer les belles âmes), sur ceux qui se contrefoutent des lois que je respecte, des lois que tout habitant de ce pays devrait respecter, puisqu'elles constituent le ciment multi-séculaire qui tient droite une nation. Il est vrai que la France n'en est plus une, puisqu'elle n'est plus, en fait, qu'un morcellement d'intérêts contraires : les grévistes contre ceux qui travaillent sans forcément faire tous les matins une prière à l'icône de saint Nicolas, les abrutis professionnels sous-diplômés de l'Unef, de l'Unef-ID et de tous les groupuscules théoriciens du blocage bien sûr démocratiquement décidé, à coups de barre à mine sur ta gueule, petit bourgeois, nanti du savoir, contre ceux qui veulent obtenir un minable diplôme qui de toute façon ne vaut rien, tant le délabrement de l'Université française est criant, etc.
N'avons-nous pas déjà entendu les habituels imbéciles, comme Pierre Haski ce matin sur Europe 1, nous affirmer qu'il fallait tenter de comprendre ces pauvres jeunes qui, ce serait tout de même un scandale de discrimination, voire, carrément, du pur et simple racisme, jamais ne seront traités par le seul mot qui convient à leur inqualifiable stupidité, à leur sordide absence de tout débat moral, à leur évidente volonté de tuer : des voyous, des meurtriers par intention sinon par actes (ceux-ci, à vrai dire, ne sauraient être indéfiniment retardés vu la gravité des blessures infligées aux représentants des forces de l'ordre).Bien sûr, nous avons déjà vu ces images, entendu ces décomptes de blessés, parfois graves c'est l'AFP qui nous le certifie en copiant Reuters, à moins que ce ne soit l'inverse, de magasins pillés puis saccagés, de services de l'État mis à sac, de poubelles incendiées, de voitures incendiées, de bibliothèques incendiées, de salles de sports incendiées, de bus caillassés puis eux-même incendiés : voyez tout de même comme ces jeunes sont aimables et qu'ils ont bien appris la leçon républicaine, puisqu'ils invitent poliment le chauffeur à sauter de son bus, s'il ne veut pas griller vite fait dedans... M'sieur, on a bô aitre des sauvajons, on est pas des bèttes...
Oui, nous avons connu cette situation et nous connaissons par avance celle qui en germera (suis-je bête, le germe a déjà délivré sa belle fleur noire et carnassière) et qui, une fois de plus, ne reçoit pas, de la part des idiots, des trouillards, des menteurs du journalisme, l'unique nom qui est le sien : un état perpétuel, plus ou moins avancé et important, de guerre civile entre une partie des Français et une autre partie des Français qui, sur la France et les rares symboles qui ont survécu à la honte déclarée, proclamée, bientôt inscrite dans notre Constitution, de sa propre histoire, à son cancer incurable de repentance, chient copieusement.
Ma foi, je ne peux que les encourager à lui chier dessus davantage, je ferais exactement la même chose si, en face de moi, j'avais des lâches qui n'osent même pas donner à la réalité son vrai nom. Je crois même que je m'offrirai le luxe de mépriser ces moutons qu'un usage criminel de notre langue, d'une langue perpétuellement tordue jusqu'à ce qu'elle masque la réalité et lui donne l'allure rassurante que ces ruminants veulent paître, devrait condamner, à vie, à des travaux forcés de grammaire : ils y apprendraient, entre autres utiles leçons, qu'une langue bafouée se venge toujours.À sa façon.
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01/04/2006
L'enterrement d'Ilan Halimi, par Frédéric Gandus

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