13/04/2012
Renaud Camus dans la Zone

18/10/2010
L'âme charnelle. Journal 1953-1978 de Guy Dupré

18/06/2007
Le journal de Marie Lenéru

«Nous ne connaissons les choses, c’est-à-dire leur être comme étranger à nous, que par le danger. – Dans la grande fatigue d’une trop longue route, rappelez-vous ce que devient la campage. C’est le passant qui nous précède au loin, depuis longtemps nous le suivons pour l’atteindre, car, de dos, nous le reconnaissons, et quand, une fois rejoint, il a tourné la tête, l’inconnu de son visage est si grand, si soudain et si calme, qu’un regard de démon nous serait moins hostile et le port d’un masque moins inquiétant.», Marie Lenéru, Journal (Bartillat, 2007), p. 164.
Parfois, un livre tout entier est sauvé de l'insignifiance par un seul passage qui creuse la platitude sulpicienne dans laquelle une jeune fille pourtant diablement intelligente (écrivain et auteur de pièces de théâtre aujourd'hui totalement oublié) se complaît d'une profondeur insoupçonnée, ou l'élève au contraire vers quelque hauteur d'où contempler le grand large. Le journal de Marie Lenéru (1) n'est pas, sans doute, dépourvu de qualités : belle écriture, évocation d'une époque disparue, fidélité à l'amitié, introspection que l'on aurait toutefois aimée plus impavide. Ces dernières pourtant paraissent comme assourdies, ne parvenant presque jamais à s'échapper de l'enveloppe de silence qui entourait Marie.Parfois cependant un éclair sonore semble déchirer l'épaisse mélasse du silence.
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01/04/2007
Le Grand Large du soir de Julien Green

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17/09/2006
Le Passé défini de Jean Cocteau est notre présent

«L'empereur expose ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles il est absurde de diffuser la foi par la violence. Une telle violence est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme. "Dieu n'aime pas le sang – dit-il –, ne pas agir selon la raison […] est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme et non du corps. Celui qui veut conduire quelqu'un vers la foi, doit être capable de bien parler et de raisonner correctement et non d'user de la violence et de la menace… Pour convaincre une âme raisonnable on n'a besoin ni bras, ni d'armes, ni non plus d'un quelconque moyen par lequel on peut menacer quelqu'un de mort…".»
Extrait du discours de Benoît XVI à l'Université de Ratisbonne (traduction de Sophie Gherardi).
Illustrant l'idée selon laquelle quelques lignes peuvent sauver un livre de la banalité (doublée, dans le cas de l'auteur qui nous occupe, d'une extraordinaire prétention, distillée dans chaque ligne ou presque de ce tome V, à paraître, de son Journal, et d'une très comique croyance aux petits hommes verts...), j'ai noté ce passage (pp. 251-2) que Cocteau écrivit durant les tout derniers mois de l'année 1956 et qui me semble merveilleusement pouvoir s'appliquer à notre époque. Époque du triomphe de l'almanachvermotisme (la trouvaille est de Cocteau) où un pape est contraint de présenter ses regrets et sans doute, d'ici peu, ses plus plates excuses parce qu'il a établi un lien, pourtant évident, que chaque incendie d'église, chaque meurtre d'innocent (bien souvent, les premières victimes sont elles-mêmes musulmanes), chaque insulte jetée à l'un de ces croisés détestés, chaque torture de juif, chaque suicide meurtrier d'un barbu répandant ses tripes dans les airs où les recueilleront avec ravissement les houris promises, chaque assassinat, d'une lâcheté inouië, de moine ou de religieuse, consacre un peu plus, comme s'ii s'agissait d'un sacrement à rebours, entre la haine, la violence et l'islam. Je dis bien : l'islam, et non l'islamisme puisque l'un et l'autre, à mes yeux, ne sont in fine qu'une seule et même réalité; l'islam, s'il veut se débarrasser de son jumeau d'ombre, devra exercer, sur tous ses territoires, y compris les moins explorés, l'empire d'une raison qui ne tolérera aucune borne à son pouvoir. La belle tradition de la lectio divina chrétienne, elle, a déjà, depuis des siècles et continue de le faire, mené à bien cette patiente exploration. Cocteau donc, écrivant ces quelques lignes troublantes : «On se demande quelle religion profonde, quelle idéologie l’Europe peut opposer à la guerre sainte de la Ligue arabe ? Le voilà bien le crime bourgeois, le règne du médiocre, du veau d’or, lequel après avoir guillotiné les aristocrates, fit du peuple sa dupe. Le XIXe siècle a cru que la rue Laffitte et les banques représentaient le pouvoir suprême. L’Amérique sera la première à se mordre les pouces, à se rendre compte que l’argent ne peut rien contre la passion religieuse et l’idéologie, fût-elle communiste (je souligne)»
Un seul passage, vraiment ? Non, il me faut tout de même, à l'égard de Cocteau comme, récemment, pour les lettres érotiques d'Apollinaire à Madeleine, tenter d'être juste. Je reproduis ainsi cet autre extrait (p. 321), datant du 11 novembre 1956, où l'auteur de L'Aigle à deux têtes écrit : «Si nous sommes un jour occupés par les Russes, les communistes français extermineront leurs compatriotes. Ensuite les Russes extermineront les communistes français. En fin de compte si l’Amérique délivre la France, les survivants seront jugés et condamnés comme collaborateurs.»
La plus exquise légèreté littéraire, compliquée par les inutiles tourments de la difficulté d'être, témoigne plus souvent qu'on ne le croit de telles fulgurances.
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12/07/2006
Sur une île, stalker, quels livres emporteriez-vous ?, 5
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01/07/2006
Sur une île, stalker, quels livres emporteriez-vous ?, 4

28/06/2006
Rannoch Moor de Renaud Camus

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28/01/2006
Pas à pas dans Outrepas de Renaud Camus

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12/08/2004
Sur une île, stalker, quels livres emporteriez-vous ?, 3
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