21/07/2009
Au-delà de l'effondrement, 7 : L'Holocauste comme culture d'Imre Kertész

Crédits photographiques : Kim Kyung-Hoon (Reuters).
08/03/2009
Futurologie de la mémoire

Crédits photographiques : Martin Bernetti (AFP/Getty Images).
10/08/2008
François Rastier ou Toto à Auschwitz

Crédits photographiques : Richard Vogel (AP Photo).
06/06/2008
La littérature sous le soleil noir de la violence, 4

Rappel
La littérature..., 1.
La littérature..., 2.
La littérature..., 3.
Le cœur des ténèbres : la violence est le langage
Le cœur des ténèbres pourrait être celui dont parle le grand Joseph Conrad (cette nouvelle splendide de l'auteur de Lord Jim a inspiré Apocalypse Now de Francis Ford Coppola), dans lequel un aventurier du nom de Kurtz s'égare dans les profondeurs de la jungle africaine où il commande une poignée de sauvages qui lui sont fanatiquement soumis, le prenant pour quelque démiurge dont les agissements leur demeurent impénétrables.
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07/09/2007
All sparks will burn out... in the end

«Mais ce qu’ils savaient nous l’ignorons, et tous nos désirs, tous nos efforts ne peuvent l’atteindre jusqu’au sens de l’apôtre, d’autant plus que le verset suivant augmente l’obscurité. Car que signifie : «Déjà le mystère d’iniquité s’accomplit. Seulement qui tient, tienne toujours, jusqu’à ce qu’il se retire; et alors l’impie se découvrira». Ici, je l’avoue, le sens m’échappe entièrement. Toutefois, je ne tairai point certaines conjectures que j’ai pu recueillir par lecture ou par entretien», Saint Augustin, La cité de Dieu (Seuil, coll. Points Sagesse, 1994, t. III), Livre 20, XIX, pp. 188-9.
«Peut-être le temps des choses absolument dicibles, dont nous éprouvons aujourd'hui la fureur, que le temps où toutes les figures de l'Indicible et tous les masques de l'onto-théologie ont été liquidés, c'est-à-dire dissous et payés en des mots qui montrent désormais simplement le néant sur lequel ils se fondent; le temps où toute l'expérience humaine du langage a été ramenée à l'ultime réalité négative d'un vouloir qui ne veut rien dire, peut-être ce temps est-il aussi celui où peut redevenir visible la demeure in-fantile (in-fantile, c'est-à-dire sans volonté ni voix, et pourtant, éthique, habituelle) de l'homme dans le langage», Giorgio Agamben, Le langage et la mort (Christian Bourgois, coll. Détroits, 1997), huitième journée, p. 162.
Je rentrai d'une soirée durant laquelle j'avais bu de façon inconsidérée, échangé quelques vues anodines avec des hommes, quelques regards et sourires réglés avec des femmes, toutes amies de F., la maîtresse des lieux que je n'avais pas revue depuis mes années d'études à Lyon. Par miracle, je trouvai au retour un taxi après quelques minutes seulement de marche dans le froid mordant du petit matin. Par un miracle encore plus grand, le chauffeur du taxi ne m'adressa pas un seul mot durant près d'un quart d'heure, un vieux titre des Editors égrenant son refrain facile mais pas moins suggestif.
Confortablement installé, traversant Paris encore endormi d'est en ouest, je songeai à la beauté de cette ville la nuit (encore une image résolument gâchée par un imbécile). Mes mains sentaient le parfum que portait F. et l'une et l'autre, la ville et la jeune femme extraordinairement réelles, retourneraient pourtant à la poussière d'où une impérieuse volonté les avait tirées. Il suffisait d'attendre. Un jour ou mille ans, exactement la même chose, à ce moment-là, dans mon esprit.
Et nous sommes heureux, monstrueusement heureux d’être dehors, seuls, intacts et violents, le ventre presque vide.
Et j'étais heureux, monstrueusement heureux d'être dans une voiture dont la vitesse étirait les arcs de lumière, seul, intact et violent, le ventre brûlant les alcools troubles d'une nuit sans lendemain.
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