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24/03/2019

Le temps des livres est passé

Première de couverture réalisée à partir d'une photographie de Juan Asensio.

IMG_3797.JPGAcheter Le temps des livres est passé chez l'éditeur.


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Voici un livre qui, comme me l'a dit un ami, a été écrit du temps des livres.
Si je ne suis pas certain, contre tant de preuves d'une évidence contraire, que le temps des livres soit définitivement passé, je suis en revanche pratiquement sûr que celui des livres consacrés à d'autres livres est plus mort et révolu que l'époque des grands sauriens.
Ce livre est donc peut-être le dernier spécimen d'un travail de critique littéraire qui, sans jamais se départir d'une certaine rigueur toute universitaire, n'a jamais cru devoir décortiquer jusqu'à la nausée la plus insignifiante ligne d'un auteur, au prétexte idiot qu'elle serait riche de sens et d'ouvertures infinies stockables dans vingt bibliothèques. Tout grand livre est de toute façon un livre infini mais, s'il est vraiment un grand livre, cela signifie que nous pouvons surtout y retrouver la vie de celle ou de celui qui l'a écrit, et non seulement l'image de sa vie, mais celle de toutes les vies possibles, et l'image même d'une vie impossible, rêvée, où la parole serait sœur de l'action. Ce livre est une déambulation toute personnelle dans la Zone, où il faut marcher pour découvrir, et ne pas se contenter d'écouter les paroles rapportées, les langages seconds qui désormais pullulent, où il faut aussi savoir détourner son regard des miroirs tentateurs où les journalistes contemplent leurs petites grimages, et la jolie figure qu'ils font lorsqu'ils rendent service à un confrère. Finalement, ce fort volume de près de 700 pages cristallise un paradoxe inavouable puisqu'il cherche la réelle présence dans et au travers des grands textes, dans et au travers une démarche critique qui, en France, n'existe plus que sous sa défroque journalistique, ou bien, sèche et stérile, dans les tubes à essai universitaires, où l'on cherche à percer le secret de la vie.
Voici le sommaire de cet ouvrage, très gros recueil regroupant celles des études parues sur ce blog que je considère comme les plus intéressantes. Ce livre a été préfacé par Pierre Mari, lecteur de Stalker devenu contributeur de la Zone et ami. Il a été organisé en quatre parties que sont La parole viciée, Monstres, Cratères et Célébrations. Je n'ai retenu aucun de mes articles polémiques qui pourront ainsi faire l'objet d'un autre beau recueil auquel je donnerai peut-être le titre de Mes poisons qui fut celui d'un texte méchamment critique de Sainte-Beuve; avis aux éditeurs courageux s'il en reste dans ce pays !
Les différents articles composant ce volumineux ouvrage ont bien sûr été relus et, quand il le fallait, amendés. Nul ne m'en voudra de ne plus les laisser en libre consultation, à deux ou trois exceptions je pense, puisque, après tout, toutes les notes de Stalker, fruit d'un travail colossal mais surtout jamais abandonné, sont restées publiques depuis la création, désormais lointaine, de ce blog.
N'ayant guère envie d'avoir à me justifier, je rappelle que le prix de cet ouvrage, 35 euros, a été fixé par mon éditeur. Certes élevé, je ne pense vraiment pas qu'il soit indécent au regard de la masse colossale de travail qu'il a représentée au long de ces années de riche labeur et de remarquables découvertes, que j'ai voulu partager avec le plus grand nombre, dans l'espoir, sans doute vain et même sot, que le temps des livres ne soit pas complètement passé. Par ailleurs, il peut même être considéré comme une source conséquente d'économies, puisqu'il évoque de grands romans, obéissant à l'impératif voulant que les grands livres convoquent toujours d'autres grands livres, qu'ils s'en réclament ou bien les fassent naître, dans une chaîne aussi complexe que remarquable de cousinages éloignés ou filiations directes plus ou moins flagrantes.
J'aimerais adresser mes remerciements à mon éditeur et, singulièrement, à Baptiste Rappin, directeur de la collection dans laquelle mon livre a paru, Les carrefours de l'être. Il serait à ce titre assez amusant, mais surtout édifiant, que j'évoque la longue errance de ce manuscrit monstrueux, refusé par plusieurs éditeurs qui lui ont reproché son sujet, la critique littéraire point pulvérulente dont tout le monde ou presque, et d'abord les éditeurs, se fout, sa longueur, sa complexité, que sais-je encore. Il est ma foi assez piquant d'observer que, l'un de ces éditeurs, en l'occurrence une éditrice, Caroline Noirot patronne des Belles Lettres, leva les yeux au ciel à la simple évocation de ce travail considérable, mais n'a apparemment pas hésité à publier le volume, équivalent par son sujet, la critique littéraire si je ne m'abuse, et sa taille, d'un Maxence Caron, génie universel dispensateur prodigue d'une bonne centaine de titres point tous encore écrits mais néanmoins tous pensés et, surtout, infiniment plus introduit que moi dans le petit milieu consanguin et bien plus timoré qu'on ne le pense de l'édition française. Ne soyons point envieux, Les Belles Lettres ayant fait, comme on fait d'autres choses à l'abri des regards en règle générale, beaucoup de livres infâmes comme celui-ci, sans parler des volumes laids, sortes de photocopies tout juste améliorées mais cependant truffées de fautes, produits dans l'une des collections de Jean-Claude Zylberstein, Domaine étranger.
Mon livre sera disponible d'ici quelques jours sur les principaux sites de vente en ligne et chez l'éditeur, et je pense même qu'il doit tout pouvoir être commandé auprès des libraires traditionnels, s'il en reste qui n'ont pas encore définitivement baissé les bras devant les quintaux de courges et de navets pas même bios produits par Angot, Sollers, Moix, Haenel et tant d'autres pseudo-gloires de ce qui passe, dans notre pays, pour de la littérature.

Première de couverture.jpg



Voici les toutes premières lignes de la préface de Pierre Mari.

En un sens, il est presque curieux que me reviennent le soin et l’honneur d’écrire une préface à ce beau recueil. Les textes qui le composent ne sont pas, en effet, ceux par les-quels je suis entré en contact, il y aura bientôt huit ans, avec le vaste travail critique de Juan Asensio. C’est d’abord à ses colères que j’ai eu affaire, à ses humeurs punitives et à ses élans vengeurs. Je n’oublierai pas ce moment de l’année 2010 où, à force de chercher un site littéraire digne de ce nom, j’avais fini par tomber sur Stalker, heureux de découvrir que je n’étais pas seul à déplorer un double effondrement : celui de la littérature française actuelle, dont l’aptitude à toucher le fond s’enrichit sans cesse de nouvelles performances, et celui de la « critique » si mal nommée, qui n’en finit plus d’esquiver sa mission, entre œillades promotionnelles d’un côté et frigidité universitaire de l’autre. Deux phénomènes d’ailleurs liés : là où il n’y a plus d’instances de jugement, la création ou ce qui passe pour tel peut déployer sans vergogne son néant vaniteux. D’autres avaient naturellement précédé Juan Asensio dans cette voie, au cours du dernier quart de siècle : Jean-Philippe Domecq, Pierre Jourde, pour ne citer que les noms les plus connus. Mais lui seul me paraissait avoir trouvé le bon registre, à la fois aigu et colérique, érudit et emporté, pour dénoncer un champ de ruines habile à se faire passer pour un paysage vivant.
Les nécessités du combat et la joie de trouver un allié m’ont quelque peu dissimulé, au début, l’envergure du travail qu’il accomplissait. Je n’ai pas tardé à en prendre la mesure impressionnante. Sans doute aurais-je été déçu, en tout cas frustré, si les colères ne s’étaient doublées de ferveurs, si le plaisir de châtier les fausses gloires, histrions et imposteurs n’avait eu pour prolongement les exercices d’admiration des grands maîtres. Les éreintements n’ont de sens, à mes yeux, que si la faculté de s’incliner reste intacte.
Les éléments du Panthéon étaient disséminés au fil de chroniques s’étendant sur dix années : il était nécessaire de les rassembler pour que le lecteur pût apprécier, sinon l’édifice complet, du moins une construction capable d’en refléter l’idéalité. C’est chose faite aujourd’hui.

Plus de renseignements sur le site de l'éditeur, Ovadia.

Voici la table des matières de mon livre, pourvu d'un index des principaux noms.


La parole viciée.

Le Langage de Fritz Mauthner.

La persuasion et la rhétorique de Carlo Michelstaedter.

1316722035.jpgLa littérature n'est plus ad-verbe de Dieu. Les premières lignes de ce texte ici.




2745653356.jpgTristesse et joie de la parole. Les premières lignes de ce texte ici.





L'Homme du néant de Max Picard.

Défense et illustration de la novlangue française de Jaime Semprun.

La fausse parole d’Armand Robin.

Troisième nuit de Walpurgis de Karl Kraus.

Sur les falaises de marbre d’Ernst Jünger.

T. S. Eliot lecteur de Cœur des ténèbres ou l’expérience du gouffre.

2952047537.jpgRelecture de La Route de Cormac McCarthy. Les premières lignes de ce texte ici.





Monstres.

Les aventures d'Arthur Gordon Pym d'Edgar Allan Poe.

La Terreur d'Arthur Machen.

L'horrible lisibilité du monde selon H. P. Lovecraft : Les Montagnes hallucinées.

2292279194.jpgLe Christ nain et le Christ bourreau de Pär Lagerkvist. Les premières lignes de ce texte ici.




2131880710.jpgLe Tunnel d'Ernesto Sabato. Les premières lignes de ce texte ici.





940122674.jpgHéros et Tombes d'Ernesto Sabato. Les premières lignes de ce texte ici.




3403585767.jpgL'Ange des ténèbres d'Ernesto Sabato. Les premières lignes de ce texte ici.




3451579639.jpgApprendre à prier à l'ère de la technique de Gonçalo M. Tavares. Les premières lignes de ce texte ici.




L'Homme qui marchait sur la lune d'Howard McCord.

La Chute d’Albert Camus.

La Symphonie des spectres de John Gardner.

Absalon, Absalon ! de William Faulkner.

C’est à la nuit de briser la nuit. Lettres à Didier de Vincent La Soudière.

Brutus de Roger Breuil.

Moravagine de Blaise Cendrars.

La venue d'Isaïe de László Krasznahorkai.

Guerre et Guerre de László Krasznahorkai.

Les Réprouvés d'Ernst von Salomon.

La peau et les os de Georges Hyvernaud.

La Belle France de Georges Darien.

La Connaissance de la douleur de Carlo Emilio Gadda.


Cratères.

Le Centre perdu de Zissimos Lorentzatos.

Dostoïevski lit Hegel en Sibérie et fond en larmes de László F. Földényi.

Orages d’acier d'Ernst Jünger.

Sous le volcan de Malcolm Lowry : les livres sous le livre, le Livre sous les livres.

Missa sine nomine d'Ernst Wiechert.

4210579709.2.jpgNostromo de Joseph Conrad. Les premières lignes de ce texte ici.





Diadorim de João Guimarães Rosa.

Le Siècle des Lumières d'Alejo Carpentier.

2666 de Roberto Bolaño.

Des os dans le désert de Sergio González Rodríguez.

Billy Budd, marin d'Herman Melville.

Les Carnets du sous-sol de Dostoïevski.

Lefeu ou la démolition de Jean Améry.

Agonie d'agapè de William Gaddis.

Surface de la planète de Daniel Drode.

La Répétition de Sören Kierkegaard.

La mort d'Artemio Cruz de Carlos Fuentes.


Célébrations.

La parole donnée de Louis Massignon.

Le Salut par les Juifs de Léon Bloy.

Les fiancées sont froides de Guy Dupré.

Lord Jim de Joseph Conrad.

Un endroit où aller de Robert Penn Warren.

«De nouveau l’âme vacille». Sur Océan et Brésil d’Abel Bonnard.

Notre avant-guerre de Robert Brasillach.

1174931409.jpgLes Impardonnables de Cristina Campo. Les premières lignes de ce texte ici.




La Plage de Scheveningen de Paul Gadenne.

Trois piétés en époques troubles : Virgile, Tarkovski et McCarthy.

Le mythe d'Arthur de David Jones.

9930530744_36414cf692_o.jpgAusterlitz de W. G. Sebald. Les premières lignes de ce texte ici.





36106772050_7022e2e725_k.jpgUn été à Baden-Baden de Leonid Tsypkin. Les premières lignes de ce texte ici.




Le Verbe nu. Méditation pour la fin des temps d'Armel Guerne.

Des cités détruites au monde inaltérable de Max Picard.

Au nom du père de Christian Guillet.