12/05/2007
Joris-Karl Huysmans, le forçat de l'écriture

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09/05/2007
La littérature, pour quoi faire ? d'Antoine Compagnon

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03/05/2007
Nicolas Sarkozy : un choix d’adhésion et de bon sens, par Germain Souchet

Ailleurs
Ségolène Royal, la victime consentante, par Pierre Cormary.
Nicolas Sarkozy, le fist-fucking de masse considéré comme l'un des beaux-arts, par Olivier Noël.
Pas de deux sur France moins J (Serge Rivron et Jean-Laurent Poli).
Ici
Le crétinisme, stade suprême du socialisme français ?, par Germain Souchet.
Ségolène Royal ou la Chevalière de la mort.
Mercredi soir 2 mai a eu lieu le traditionnel débat de l’entre-deux tours entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, premier exercice du genre depuis douze ans, Jaques Chirac ayant estimé en 2002 qu’il ne devait pas débattre avec Jean-Marie Le Pen. Plus de vingt millions de téléspectateurs ont suivi un événement dont la portée et l’intérêt ont été largement exagérés par les médias au cours des quarante-huit heures l’ayant précédé, sans doute parce qu’ils y voyaient la dernière occasion pour la candidate du parti socialiste de refaire son retard sur celui de l’UMP, donné vainqueur par tous les instituts de sondages depuis des semaines et sorti largement en tête du premier tour (31,1% contre 25,7% des suffrages exprimés).
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Léon Bloy et l'attente de l'Apocalypse

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17/04/2007
Charles Péguy selon Jean-Noël Dumont : l'axe de détresse

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13/04/2007
Georges Bernanos selon Monique Gosselin-Noat : devenir «militant de l'éternel» en quatre leçons

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11/04/2007
Berserker, 2

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09/04/2007
Berserker (fantaisie nocturne)

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08/04/2007
Infréquentable Renaud Camus

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07/04/2007
Le chrétien et l'histoire de Theodor Haecker

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01/04/2007
Le Grand Large du soir de Julien Green

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30/03/2007
Entretien avec Éric Bénier-Bürckel, deuxième partie

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29/03/2007
La Critique meurt jeune : premières critiques et non-critiques

«La critique littéraire au Nouvel Obs aurait pu retrouver sa crédibilité... si elle s'était débarrassée d'un Jean-Louis Ezine, entre autres...»
Propos apocryphe attribué à Jérôme Garcin.
[Ce texte a paru sur ce blog le 30 mai 2006. Profitant de l'entretien réalisé avec Jérôme Garcin dans le n°3 du Magazine des livres dirigé par Joseph Vebret, j'ai estimé que cette note, à la fois par son évocation de Renaud Camus et du lamentable travail de gredin réalisé sur mon livre par Jean-Louis Ezine qui, paraît-il, est un critique littéraire, avait quelque actualité.]
Je puis m'estimer heureux. Lisant le superbe Journal de l'année 2003 de Renaud Camus, Rannoch Moor, je note ces lignes (p. 325), moins accablantes par leur évocation du sentiment de solitude étreignant l'auteur qui vient de publier, comme il le rappelle, quatre livres tout de même, qu'en raison de l'ignominie intellectuelle qu'elles révèlent chez celles et ceux qui, laissant cet écrivain dans un silence qu'il juge scandaleux (et qui l'est, effectivement), ont failli à leur mission qui me semble être cet office de la vigie dont parlait Sainte-Beuve ou, pour le dire plus clairement : l'évocation, même et surtout critique, le coup de chapeau, la salutation adressée aux livres de quelque grandeur : «Lundi 23 juin, neuf heures du soir. Je me serai rarement senti aussi seul, seul... comment dirais-je, non pas intellectuellement, ou littérairement, ou socialement, encore que chacun de ces adverbes renferme en l'occurrence un peu de vérité; non, seul en tant qu'écrivain, si un pareil mot a encore un sens quelconque, à ce degré de solitude et de silence.»
Plusieurs textes ont déjà évoqué mon livre paru récemment aux éditions du Rocher, La Critique meurt jeune. Le premier, comme d'ailleurs dans le cas de La Littérature à contre-nuit : rédigé par Dominique Autié, toujours soucieux des détails et d'une impeccable mise en page, suivi de Raphaël Dargent et de Sarah Vajda sur le site gaulliste, Jeune France, qu'anime mon ami. Je reproduirai dans quelques jours cette fort belle critique de Sarah dans la Zone. D'autres textes, je l'espère [comme ceux de Bruno Gaultier sur son blog ou encore de Christopher Gérard dans un numéro récent de La presse Littéraire], seront mis en ligne sur différents blogs et sites, alors que je ne me fais plus guère d'illusions quant à la publication de critiques sous la plume de journalistes dits professionnels.
Justement, approchons-nous du vaste et bruyant cirque où combattent quelques trop rares rétiaires auxquels le public jette toutes sortes de déchets et où détalent, pour se réfugier dans leur clapier sombre et puant, de très nombreux bouffons. Signalons, pour l'instant, parus dans la presse professionnelle, la recension de Paul-François Paoli pour Le Figaro littéraire et, pitoyable éreintement puant la pauvaise foi et l'inculture journalistique la plus crasse, ces lignes minables signées (sans la moindre honte dirait-on) pour Le Nouvel Observateur par un certain Jean-Louis Ezine, le même qui, il y a quelques jours, sur les ondes de France Culture où il officie, nous a donné, comme un de mes amis, consterné, me l'a malicieusement signalé, une magistrale preuve de son encyclopédique savoir en affirmant que La Soirée avec Monsieur Teste (de Paul Valéry : précision peut-être utile, je vous rappelle que je m'adresse à Ezine) avait paru en 1919. Faisons remarquer à ce cancre insigne que cet ouvrage a été publié quelques années plus tôt, en 1896 tout de même.
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26/03/2007
Babel ou l'oubli des langues

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24/03/2007
Spengler l'infréquenté, par Jean-Luc Evard (Infréquentables, 5)

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20/03/2007
Le roman frigorifié de William T. Vollmann : Les Fusils

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16/03/2007
Au «flambeau de l’analogie». L’œuvre de Maistre éclairant notre époque, par Olivier Bruley (Infréquentables, 4)

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11/03/2007
L'imposture chiraquienne : entretien entre Jean Charbonnel et Raphaël Dargent

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08/03/2007
Éloge du voyage de l'âme : L'Inspiration continue de María Zambrano

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06/03/2007
Procrastination, par Slobodan Despot

Slobodan Despot dirige les éditions Xenia. Il est également l'auteur d'un blog.
Le mot inscrit en objet [d'un courriel envoyé par S. Despot], cher Juan Asensio, pourrait être la traduction moderne, banalisée et anglosaxonne du nom d'un démon que les Pères de l'Église redoutaient particulièrement : le démon de l'acédie, ou encore démon de midi.
Si je ne vous ai pas répondu depuis deux mois, c'est — l'analyse vous intéressera peut-être — que nos relations étaient bloquées par une écharde minime. Je vous avais promis un texte et ne pouvais ou ne voulais le faire. La Foire du livre de Belgrade comme thermomètre du monde, tout le monde s'en fout. J'avais commencé par évoquer les années où cette foire rassemblait un demi-million de visiteurs (sur un pays de dix millions soumis au blocus), dans une kermesse joyeuse sentant la grillade de porc, la bière et la fumée. Les années Ognjen, ainsi nommées à cause du colossal directeur de l'Association des éditeurs — et donc de la foire —, et dont le prénom signifie «homme de feu». Poète, apparatchik, coureur, noceur, plaisantin... la dolce vita de l'ex-Yougoslavie lui avait valu ses problèmes vasculaires, le délire haineux des années 90 son apoplexie, et la chute de Milosevic, la malemort.
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04/03/2007
Le Communisme du XXIe siècle de Renaud Camus

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27/02/2007
Hermann Broch dans la Zone

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26/02/2007
La vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck, par Germain Souchet

Afin d'introduire ce beau texte de Germain Souchet, je ne puis résister au plaisir de citer Alain de Chalvron, envoyé spécial permanent de France 2 aux États-Unis et probable gauchiste patenté qui, terminant son reportage sur les Oscars, a cru évidemment malin de déclarer, je cite de mémoire mais je ne pense pas trahir l'esprit de pareille ineptie : «la récompense décernée à La vie des autres arrive à point nommé au moment où les Américains ont découvert qu'ils étaient eux-même mis sur écoute par les grandes oreilles du gouvernement». En arriver à proférer, sur le ton satisfait du petit pion se grisant d'un haut fait de résistance de salon, une telle stupidité au JT de 20 heures sans être licencié dès le lendemain pour faute professionnelle grave par France 2 montre à quel degré de pourrissement idéologique nos médias sont parvenus. Sans compter que comparer l'administration Bush avec le régime d'Honecker... voilà qui tout simplement signifie : mentir. Alerté par mes soins, et je l'espère par ceux de beaucoup d'autres personnes ayant été affligées par un commentaire aussi ridicule, stupide et, je l'ai dit, faux de surcroît, Christian-Marie Monnot, le médiateur de France 2, ne m'a pour l'instant pas donné d'explication.
«Je crois qu’une fois les faits connus – la torture psychologique des dissidents, le massacre impitoyable de ceux qui tentèrent de passer la frontière et le fait que la prétendue «stabilité économique» reposait en grande partie sur l’échange de prisonniers politiques avec l’Occident –, il est bien difficile de rester ostalgique.»
Florian Henckel von Donnersmarck.
Après La Chute et Sophie Scholl les derniers jours, films étudiant sous deux angles différents et relativement nouveaux le nazisme, le cinéma allemand vient de produire un troisième chef-d’œuvre, cette fois consacré à la RDA communiste. Jusqu’à présent, à l’instar de Goodbye Lenine, au demeurant fort bien réussi, le second totalitarisme s’étant abattu comme une griffe d’acier sur l’Allemagne du XXe siècle n’avait été abordé que de manière tragi-comique, voire tout simplement comique. Peinant à surmonter, depuis la réunification de 1991, les effets parfois néfastes de la libéralisation soudaine d’une société jusqu’alors totalement administrée – chômage persistant, niveau de vie inférieur à celui des Allemands de l’ex-RFA, développement de réseaux mafieux –, une partie de la population anciennement est-allemande semblait tentée de s’abandonner à «l’Ostalgie», néologisme désignant la nostalgie pour l’Est (qui se dit Ost, en allemand). Avec La Vie des autres, la vie en République Démocratique d’Allemagne, sous le règne impitoyable d’Erich Honecker, est enfin abordée telle qu’elle était : terrible, oppressante et soumise à la surveillance permanente et redoutée de la Stasi (abréviation de Ministerium für Staatssicherheit, en français ministère pour la sécurité d’État).
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24/02/2007
La France n'est pas un pays fatigué

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21/02/2007
Héritiers de Boutang, réveillez-vous !, par Gabriel Matzneff

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19/02/2007
Tango de Satan de László Krasznahorkai

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18/02/2007
Technikart, du goût de la médiocrité à celui du crime, par Jean-Christophe Moreau

J'ai écrit, concernant ce qui, mystérieusement, n'est pas encore une affaire (alors, je le rappelle, que j'y pointais l'irresponsabilité scandaleuse dont les rédacteurs de ce qui est, sans doute, l'une des plus lamentables revues françaises, ont fait preuve), un texte que l'on dira d'humeur concernant l'immonde papier de Technikart. Jean-Christophe Moreau, fort utilement, nous apporte un regard de juriste sur cet article (le mot est bien sûr inapproprié voire comique lorsqu'il s'agit de quelques lignes agrémentées d'une photographie détournée du romancier) d'une stupidité accablante.
«Votre destruction n’est qu’une question de temps, et le temps dont a besoin la destruction pour vous atteindre est exactement le temps de votre distraction. Car la destruction à venir suppose votre distraction, et que vous ne soyez pas résolus à vivre»
Critique de la raison cynique, Peter Sloterdijk.
L’idiotie est l’alibi le mieux partagé au monde. Certains êtres néanmoins en sont mieux pourvus, ou du moins plus conscients que d’autres des indulgences qu’elle procure. Ainsi est-elle pour les journalistes ce qu’est la folie passagère au criminel : un gage d’irresponsabilité.
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17/02/2007
Jdanov exhumé en guimauve : sur Jacquou le Croquant, par Jean-Gérard Lapacherie

On sait en quoi consistent les injonctions dites réalistes socialistes en matière de musique, de peinture, d’arts visuels, de littérature : toute œuvre, même la plus insignifiante, telle une photo ou une carte routière, doit être conforme à la ligne, celle du Parti ou de l’État ou du Parti État ou de l’État Parti. L’art n’est qu’un appendice de l’idéologie en place. Il y donne un coup de vernis, il la farde, il la maquille. Ainsi dorée, la pilule est avalée sans dégoût. Des décennies durant, dans tout le Kommunistan, la réalité représentée était socialiste, c’est-à-dire conforme au iota près à ce que l’idéologie affirmait de la réalité ou à l’image de ce que le Parti avait décidé qu’elle serait. Elle était aux autorités ce que la beauté était aux surréalistes : socialiste ou rien. Si ne l’était pas, l’œuvre était interdite et à son auteur était offert un long séjour, tous frais payés, dans une villégiature du Goulag. Le résultat a été à la hauteur de l’idée. Toute forme d’expression en URSS et ailleurs a été fossilisée pendant près de trois quarts de siècle.
Il y a, depuis la seconde guerre mondiale, des esclaves qui, par veulerie ou stupidité, appliquent à eux-mêmes et aux autres les injonctions de ce si mal nommé réalisme : Stil, Garaudy, Wurmser, Vailland, Aragon, Daenincks, Chabrol. En France, le réalisme socialiste survit à tout, même à la chute du Mur de Berlin. La réalité n’étant pas socialiste, ni près de le devenir, c’est dans le passé que le réalisme a ressuscité un socialisme de fantaisie, pittoresque et exotique. Il en est ainsi dans Jacquou le Croquant (1969), téléfilm que Lorenzi, le brave soldat du communisme, a adapté d’un roman de même titre (1899), qui tient de la variante française fin de siècle du réalisme socialiste : le réalisme radical socialiste. L’auteur, Eugène Le Roy (1836-1907), après avoir combattu dans les colonies les «races inférieures», se mue en notable local du département de la Dordogne en devenant fonctionnaire des contributions et, bien sûr, franc-maçon. La République l’a honoré. Dans le Périgord, sous Henri IV et Louis XIII, des paysans se sont révoltés contre les taxes de plus en plus lourdes que l’État centralisé prélevait sur leurs récoltes. Par mépris, ils étaient nommés croquants. Or, dans le roman, ces révoltes ne se passent pas dans la France d’Henri IV, ce qui aurait écorné l’icône nationale que le bon roi Henri est devenu sous la IIIe République; elles ont été déplacées de deux siècles et elles se produisent entre 1815 et 1830, lors de la tentative faite de restaurer l’ancien régime.
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15/02/2007
W. G. Sebald dans la Zone

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14/02/2007
L'irresponsable crétinisme de Technikart

Voici la lettre envoyée, il y a quelques jours, à la rédaction du torcheculatif magazine pour pré-adolescents lobotomisés Technikart, qui ose se demander, dans son dernier numéro, si Maurice G. Dantec mérite une fatwa. Je pose à mes lecteurs la même question : les sous-pigistes de Technikart méritent-ils une fatwa pour insulte à la déesse Raison ? Il est vrai que la conditon sine qua non pour que nos gentils égorgeurs à la barbe fleurie daignent pratiquer une roborative décapitation est le fait de posséder une tête ou, comme on le disait, un chef. Je ne suis absolument pas certain que l'équipe de Technikart, ni même que chacun des sous-nasiques à clavier qui la composent, puissent se vanter de posséder un tel membre, voire, un chef qui leur aurait permis de prendre la mesure de leur irresponsable crétinisme, alors même que n'importe quel imbécile, lisant leur lamentable article du reste parfaitement mensonger, pourrait se croire investi d'une sainte mission et décider, pour l'exemple, de passer à l'acte sur la personne du romancier (ou, le disais-je, sur toute autre personne dont les idées auraient le malheur de ne point plaire à nos si pitoyables rédacteurs), alors même que la récente affaire Redeker nous rappelle, si besoin en était, la réalité de telles menaces.
Il appartiendra à d'autres, plus experts que je ne le suis en matière juridique, de décider si un tel torchon avançant des mensonges manifestes qu'il ne prend la peine d'étayer d'aucune preuve, tombe sous le coup de l'accusation de diffamation (et du droit de réponse qui peut logiquement lui être opposé) et si, sous couvert fallacieux d'exposer les arguments appuyant ou pas ladite fatwa, il n'est pas ce qu'il est convenu d'appeler une incitation au meurtre. Il appartiendra à d'autres que moi d'établir s'il y a là un cas manifeste (et donc grossièrement déguisé, car, ne l'oublions pas, nous nous trouvons face à des paltoquets de la rhétorique) d'apologie d'un acte qui serait (il faut du moins l'espérer car, de nos jours...) condamné par la loi.
J'indique enfin, pour que mes lecteurs prennent bien la mesure phénoménale de la stupidité de ces branques au cervelet atrophié (probablement desséché après avoir été, durant de longues années, selon un procédé gardé jalousement secret, fumé au chanvre indien), comme tend à le prouver quelque cliché ayant fait la stupéfaction des plus hautes sommités médicales, la seule réponse qui m'a été faite, par un certain Olivier Malnuit qui tient en deux mots, probablement les seuls que cette forme prébiotique d'intelligence connaisse : «Très drôle !».
Non monsieur Malnuit, non messieurs les maljournalistes : votre irresponsabilité n'a vraiment rien de drôle et finira bien, ce sera là votre juste punition, par se retourner contre vos petites faces crayeuses de moqueurs couards.
«Bonjour.
Décidément, la prose technikartienne est toujours aussi lamentablement minable, puante de démagogie et d'un style qui parviendrait même à faire rire Arnaud Viviant, c'est dire le niveau d'anorexie mentale auquel vous semblez, réjouissez-vous en, être désormais parvenus, certes après des années d'entraînement : l'apnée du bidet n'a plus de secrets pour vous paraît-il...
Tout aussi minable, à vrai dire profondément irresponsable, l'appel déguisé au meurtre émis par le pigiste acéphalique Braunstein qui devrait, utilement, méditer l'adage selon lequel l'arroseur est toujours arrosé.
Il est vrai que ce probable phocomèle ne possède guère de lettres pour connaître ni même se souvenir du sens métaphorique de la maxime qui, encore une fois toujours, se vérifie...
Soyons sérieux à présent.
Si cet appel irresponsable devait se traduire par quelque forme de vexation, d'insulte ou de menace à l'égard de Maurice G. Dantec (ou de n'importe quel autre écrivain qui aurait l'heur de vous déplaire), je puis vous assurer que vous aurez des comptes à rendre, pas seulement devant la justice de ce pays : probablement aussi devant quelques citoyens qui ne peuvent, comme moi, tolérer que d'aussi piètres journalistes que vous bafouent non seulement les plus élémentaires règles de politesse, mais, sous couvert d'accroche d'un improbable lectorat de protozoaires, appellent à l'élimination physique d'un homme. Vous évoquerez, pour votre défense, le droit d'user de métaphores : non, ce que vous avez écrit vous engage et, désormais, vous êtes liés par ces mots dont la portée vous dépasse.
C'est tout simplement choquant, inadmissible, révoltant, absolument scandaleux, surtout lorsque votre pseudo-article mais bien réel torchon se permet d'insinuer des faits que vous êtes bien incapables de prouver : pour votre gouverne, j'ai lu le manuscrit de ce tome 3 du journal de Dantec, bien avant qu'il ne soit publié, et je ne pense pas avoir jamais lu l'épithète infamante de bougnoule, comme vous osez l'affirmer.
Un seul adjectif caractérise votre revue vous le savez, puisque j'ai déjà longuement écrit sur la rinçure (un papier intitulé Technikart, la bouche pleine de détritus) qui vous sert de gagne-pain malodorant. Cet unique adjectif, aussi profilé et expéditif que semble phacochérienne votre façon de non-penser (vous apprécierez désormais l'économie de mots à votre égard : que voulez-vous, je suis moi aussi un fervent soutien des forces du progrès...), le voici, ici, accompagnant l'évocation d'une personnalité aussi génialement productive que vous l'êtes dans l'invention d'un langage infra-verbal.
Bien évidemment, je n'ai absolument pas le plaisir ni l'envie de vous saluer.»
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